1939-1943 (Chronique)

CHRONIQUE HISTORIQUE DU DEPARTEMENT DU RHONE

1939 - 1943

 

1939

 

 

1940

 

10 mai 1940. Bron. La base aérienne subit deux attaques de la part de l'aviation allemande.

 

17-18 juin 1940. A Bordeaux dans la nuit, le maire de Lyon Edouard HERRIOT fait déclarer Lyon ville ouverte pour éviter qu'elle ne soit bombardée par les Allemands.

 

19 juin 1940.

Lyon. Occupation de la ville par les Allemands à partir de 16h. A 16h10, dans la préfecture un colonel allemand prend acte de la reddition de la ville et exige 6 otages pour garantir l'ordre. Il précise qu'il ne veut que des personnalités. Sont donc arrêtés : le préfet BOLLAERT, VIVIER-MERLE secrétaire général de la CGT (départemental), le cardinal GERLIER, COHENDY premier adjoint, CHARBIN président de la Chambre de Commerce et VICAIRE secrétaire du cartel des Anciens combattants.

 

Neuville sur Saône. Entrée des Allemands dans la ville.

 

26 juin 1940. Lyon. Reprise des transports publics.

 

1er juillet 1940. Lyon. Réouverture des écoles.

 

7 juillet 1940. Lyon. L'armée allemande achève l'évacuation de la ville.

 

10 juillet 1940. Vichy. Vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain.

Votent contre :

Emile BENDER, Justin GODART et Camille ROLAND sénateurs Radicaux-socialistes.

Joseph DEPIERRE sénateur socialiste.

Laurent BONNEVAY député Républicain.

A ELINGER député Républicain indépendant.

Claude JORDERY et André PHILIP députés Socialistes.

Votent pour :

J M FROYET sénateur Radical-socialiste.

P BURGEOT et F PEISSEL députés de la Fédération républicaine.

P RICHARD député Radical-socialiste.

S'abstiennent :

Antoine SALLES député de la Fédération républicaine, malade.

Félix BRUN et Georges LEVY députés communistes frappés par les mesures d'interdiction touchant le Parti communiste depuis septembre 1939.

 

11 juillet 1940. Lyon. Arrivée des troupes françaises de l'armée d'armistice.

 

10 août 1940. Lyon. Les présidents des loges maçonniques de la ville réunis au temple de la rue Garibaldi décident leur dissolution. Les bâtiments réquisitionnés par les autorités de Vichy sont en partie saccagés et affectés à d'autres usages.

 

31 août 1940. Lyon. Rue de l'Hôtel de ville, inauguration du siège lyonnais de la Légion française des Combattants créée par le maréchal PETAIN le 29 août. Elle rassemblera rapidement 45.000 adhérents sur 80.000 anciens combattants officiellement recensés dans le département du Rhône.

 

Septembre 1940. Rhône. Arrivée à Lyon du préfet Alexandre ANGELI, remplaçant d'Emile BOLLAERT radié pour avoir refusé de prêter serment au maréchal PETAIN.

 

20 septembre 1940. Lyon. Un décret parut au Journal Officiel suspend Edouard HERRIOT de ses fonctions de maire de Lyon.

 

4 octobre 1940. Lyon. La police spéciale découvre un tract anti gouvernement apposé sur les murs de l'usine Seguin, cours Albert Thomas.

 

18-19 novembre 1940. Lyon. Visite du maréchal PETAIN à Lyon.

« Pétain c'est la France et la France aujourd'hui c'est Pétain. » (Déclaration de l'Archevêque Pierre GERLIER Primat des Gaules)

 

Décembre 1940. Lyon. Edouard HERRIOT apprend par la presse qu'il n'est plus maire de Lyon.

 

1941

 

22 janvier 1941. Création du Conseil National qui remplace le Parlement et doit réfléchir à une nouvelle Constitution. Il est composé de 213 membre dont les représentants pour le Rhône sont :

Le général TOUCHON, deux fois gouverneur militaire de Lyon.

François PEISSEL, commissaire en soierie, il a été président de la Fédération républicaine et maire de Caluire.

Félix GARCIN, président de l'Union du Sud-Est des syndicats agricoles, président de la Chambre d'agriculture de la Loire, président du Conseil d'Administration du Nouvelliste.

Paul CHARBIN, président du syndicat des fabricants de soierie, président de la chambre de commerce de Lyon depuis 1938.

Louis LUMIERE.

PAVIN de LAFARGE, sénateur de l'Ardèche mais demeurant à Lyon.

Lucien ROMIER, originaire du Bois d'Oingt et président de l'Union des syndicats agricoles du Beaujolais.

Louis BUYAT avocat à la Cour d'appel de Lyon député de la Vienne depuis 1936.

 

1942

 

26 juin 1942. Lyon. Départ de 523 ouvriers et ouvrières pour l'Allemagne au titre de la « Relève » lancée par le gouvernement de Vichy.

 

3 juillet 1942. Lyon. Départ de 710 ouvriers et ouvrières pour l'Allemagne au titre de la « Relève » lancée par le gouvernement de Vichy.

Mais dans les deux cas (26 juin et 3 juillet), la police note que 80% de ces volontaires sont en fait des Nord-africains volontaires pour fuir la misère qui les menace.

 

13 octobre 1942. Oullins. Mouvement de grève face aux réquisitions de personnels.

A 8h du matin la direction des ateliers de la SNCF à Oullins affiche une liste de 30 membres du personnel réquisitionnés pour aller travailler en Allemagne. Durant toute la matinée, les responsables syndicaux se concertent pour mettre au point une réaction commune.

A 10h20 un militant communiste Jean ENJOLVY décide de déclencher la sirène appelant à la grève.

A 11h, ce sont 3000 ouvriers et ouvrières qui se rassemblent dans les allées centrales des ateliers, prêts à se mettre en grève (malgré la loi du 4 octobre 1941 qui interdit toute cessation du travail concertée. Certains syndicalistes vont aux dépôts de Vaise, de La Mouche (Lyon) et de Grenoble pour les faire débrayer à leur tour.

A 12h le personnel rentre chez lui mais revient aussi nombreux en début d'après midi provoquant l'arrivée de la police et des GMR. Alors que la foule se masse à l'extérieur pour essayer de suivre les événements, des discussions s'engagent entre l'ingénieur en chef et les responsables syndicaux légaux. Les dépôts de Perrache et de Vénissieux débrayent à leur tour.

A 18h, l'occupation de l'usine est décidée. Mais la présence d'une foule toujours plus nombreuse incite la police à retarder son intervention.

Vers 20h, afin d'éviter des incidents qui pourraient dégénérer, les syndicalistes lèvent l'occupation de l'usine et vont manifester jusqu'à la mairie.

Mais dans la nuit 27 cheminots sont arrêtés. Ceux qui ont échappé à l'arrestation en ne rentrant pas chez eux ce soir là passent dans la clandestinité.

 

14 octobre 1942. Oullins.

A 6h30, les ouvriers qui arrivent pour prendre leur travail, se trouvent confrontés à un barrage filtrant. Ils sont tous interrogés par le directeur de la région Sud Est de la SNCF qui veut connaître le nom des meneurs. Le travail ne reprend qu'en début d'après midi.

Mais le mouvement à fait tache d'huile et la SIGMA, Berliet, Calor, Câbles de Lyon ainsi que les dépôts SNCF de Saint-Etienne, Chambéry, Roanne, Clermont-Ferrand et Marseille connaissent à leur tour des débrayages.

Les renseignements généraux recenseront 12.000 grévistes dans 22 usines alors que la CGT clandestine en recensera 30.000 dans 30 usines.

 

15 octobre 1942. Oullins. Une manifestation de femmes qui réclament « du beurre et des denrées » est violemment dispersée par la police.

 

16 octobre 1942. Résistance. Publication d'un tract unitaire de la Résistance appelant à soutenir les grèves de la région lyonnaise. Ce tract intitulé « Pas un homme en Allemagne » est signé par les mouvements Combat, Franc Tireur, Front National, Libération et du Parti Communiste. Il s'agit à la fois du premier tract unitaire et du premier tract ou le PC apparaît nommément.

 

Oullins. Dans la nuit du 16 au 17, 146 grévistes de l'agglomération dont 94 cheminots sont arrêtés.

 

20 octobre 1942. Oullins. Arrestations de 343 personnes liées aux grèves du 13 octobre.

 

27 novembre 1942. Bron. Des soldats allemands blessent Marcel ABRARD et Louis THIEBAUD et assassinent DEFRANCE.

 

31 décembre 1942. Réquisitions. Fin de la date limite pour l'envoie, exigé par le ministre allemand Sauckel, d'un contingent de 13.000 hommes de Rhône-Alpes pour travailler en Allemagne.

 

1943

 

28 février 1943. Réquisitions. Fin de la date limite pour l'envoie, exigé par le ministre allemand Sauckel, d'un contingent de 24.000 hommes de Rhône-Alpes pour travailler en Allemagne.

A cette date, sur les 37.000 hommes exigés, seulement 4050 hommes (dont 2800 rhodaniens) soit 11% des effectifs sont effectivement partis pour l'Allemagne.

 

 

Mai 1943. Oullins. Un groupe FTPF commence à organiser des sabotages à l'intérieur des ateliers de la SNCF à Oullins.

 

Juin 1943. STO. Robert LADEL directeur départemental du STO dans le Rhône s'emploie à saboter le fichier permettant d'appeler les jeunes hommes pour le STO. Pour cela, il détruit des fiches, orthographie mal certains noms, inscrit de fausses ou d'incomplètes adresses, création de fiches fictives de réfractaires. Tout ce travail a pour but de rendre le fichier inutilisable.

 

30 novembre 1943. Bron. Arrestation par la Gestapo de Joseph ROLLAND.

 

6 décembre 1943. Belleville. Arrestation et déportation par des soldats allemands de Olivier DANJEAN.

 

 

Date de création : 14 février 2015

2e modification : 26 novembre 2015



28/11/2015
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