Coutau-Bégarie. Traité de stratégie. VII. La stratégie maritime théorique. (NDL)

Chapitre VII. La stratégie maritime théorique.

 

252. Portée de la stratégie maritime théorique.

 

La conduite de la guerre sur mer pose d’abord le problème des moyens et de leur mise en œuvre.

 

L’affrontement mer contre terre est, sinon une constante, du moins une régularité dans la réflexion politico stratégique voire philosophico-stratégique.

 

Section I. Histoire de la stratégie maritime théorique.

 

Sous section I. La pensée navale ancienne.

 

253. La pensée navale athénienne.

 

C’est à Athènes que l’on trouve la première stratégie navale globale et durable, résultat d’un effort de réflexion et de théorisation.

 

254. La pensée navale hellénistique.

 

La fréquence des batailles navales atteste de la permanence des flottes, et donc de la conscience de la dimension maritime de la stratégie.

 

255. La pensée navale romaine.

 

Les romains représentent un exemple particulièrement significatif, dans le temps et dans l’espace, de stratégie impériale. L’expansion, à partir d’un foyer originel les a nécessairement conduits à entrer en contact avec l’élément maritime qu’ils ne connaissaient pas au départ et envers lequel ils n’éprouvaient pas une attirance spontanée. Tout cela les a amené à développer une pensée navale relativement évoluée.

 

256. La pensée navale byzantine.

 

Byzance est à la fois l’héritière de Rome et du savoir grec.

 

Sous section II. La pensée navale en Extrême Orient.

 

257. La pensée navale chinoise.

 

La pensée navale chinoise ne doit pas être considérée comme inférieure à son homologue terrestre.

 

Les débats sur l’alternative continentaliste/maritime a été très vif au XIXe siècle. Cette interrogation culmine en 1874 avec un grand débat sur l’attitude à adopter face aux européens.

 

258. La pensée côtière japonaise.

 

Le Japon n’a jamais été la thalassocratie de l’Extrême Orient avant l’époque contemporaine. Mais il existe peu d’études sur la pensée navale japonaise.

 

259. La pensée navale vietnamienne.

 

Elle est à peu près inconnue. Le genre dominant est celui de la chronique ou des annales.

 

Sous section III. La pensée navale moderne.

 

260. La constitution d’une pensée navale aux XVIe et XVIIe siècle.

 

Le développement de l’Etat moderne et les grandes découvertes donnent une nouvelle dimension à la politique maritime des grandes puissances européennes avec la constitution de flottes de guerre qui vont devenir permanentes.

 

Espagne.

Alonso de Chaves, « Espejo de navegantes » (1530).

Bernardino de Mendoza, «Teorica y pratica de la guerra » (1577)

Au XVIIe siècle, plusieurs auteurs se font remarquer : Andres Garcia Cespedes, Francisco Feijoo, Antonio Pinelo, Père Jose Zaragoza, Antonio de Najeras.

 

Portugal.

Le moine aventurier, le Père Oliveira rédige un « arte da guerra do mar » (1555) qui s’inspire largement de Végèce.  

 

France.

Claude de Seyssel, évêque de Marseille dans sa monarchie de France (v 1515) plaide pour l’entretien d’une marine de guerre.

D’autres auteurs : Antoine de Conflens, Lazare de Baïf, Jean de Fumée, cardinal amiral Henri de Sourdis.

Père Fournier, « hydrographie » (1643)

 

Angleterre.

Matthew Sutcliffe, Walter Raleigh, William Monson.

 

Au XVIe siècle cette pensée est fondamentalement technique et organique (apprendre à utiliser des navires qui désormais se distinguent des navires de commerce, régler les problèmes de coût de telles flottes..). Ce n’est que lorsque ces données de base sont réglées que l’on s’élève au niveau tactique en essayant de formuler quelques règles, d’abord générales, pour la conduite du combat.

 

Au début du XVIIe siècle, l’apparition du vaisseau modifie fondamentalement les données du combat et provoque une évolution militaire sur mer. La ligne de bataille signalée durant le siège de la Rochelle se généralise durant la guerre anglo-hollandaise.

 

On trouve aussi chez des esprits plus élevés, l’amorce d’une réflexion stratégique et même géopolitique « celui qui contrôle la mer, contrôle le commerce. Celui qui contrôle le commerce, contrôle la richesse du monde. » (Walter Raleigh).

 

261. Les tacticiens du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle.

 

La ligne débouche très vite sur un blocage tactique. Toute une lignée de tacticiens va essayer de définir les règles du combat naval et de surmonter ce blocage.

 

Le Père jésuite Paul Hoste, chapelain de Tourville écrit « l’art des armées navales » (1697) qui aura un immense et durable succès (traduction grecque de 1823). Il propose une gamme de possibilités dont il faut savoir user selon les circonstances.

 

On trouve d’autres théoriciens français.

 

Bigot de Morogues (1763).

Bourdé de la Villehuet (1765) sur l’abordage.

Vicomte de Grenier (1787) sur la formation en losange pour remplacer la ligne.

Marquis d’Amblimont (1788) qui propose une formation en colonnes (Nelson à Trafalgar).

 

Les Anglais et les Italiens fournissent peu de penseurs.

 

En hollande, un grand penseur Jan Hendrik van Kinsbergen (1782) prône une tactique plus offensive.

 

Tous ces auteurs cherchent à améliorer la manœuvre, non à la transformer. Ce n’est qu’avec le négociant écossais John Clerk of Eldin (1790) que la recherche de la rupture de ligne devient plus affirmée. Mais il ne suscite pas de débats théoriques.

 

La production livresque durant la période révolutionnaire est presque insignifiante. L’ouvrage de Robert Fulton « Torpedo war and submarine Explosion » (1810) passe pratiquement inaperçu. Pourtant il ne se limite pas à la description technique de son invention mais en tire aussi des conséquences tactiques.

 

262. Esquisses stratégiques au XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle.

 

Au XVIIIe siècle dissociation entre la pensée stratégique et la pensée tactique surtout sur terre.

 

Une vision stratégique globale apparaît chez les dirigeants comme le duc de Choiseul (France), le marquis de la Ensenada (Espagne), Montesquieu, l’abbé Raynal, Gaetano Filangieri développent des réflexions sur les empires maritimes.

 

Le publiciste anglais John Sinclair consacre un libelle sur la domination des mers par l’Angleterre (1782)

 

Durant les guerres de la Révolution et de l’Empire, la décadence de la France dans le domaine maritime inspire plusieurs réflexions :

C A Pinière « les principes organiques de la marine militaire et causes de sa décadence dans la dernière guerre » (1802)

Monbrion « De la supériorité maritime de l’Angleterre sur la France » (1810)

 

En Espagne Zeferino Ferret insiste sur la complémentarité entre marine marchande et marine de guerre.

 

Dans le royaume de Naples Giulio Rocco esquisse la première théorie globale de la puissance maritime qui passe inaperçue (1814)

 

« La place de la mer dans la stratégie générale est parfaitement comprise. Mais sa théorisation n’est faîte que par fragments qu’une recherche systématique devrait s’attacher à réunir. »

 

263. La pensée navale au XIXe siècle.

 

« Avec l’avènement de la vapeur, le problème fondamental devient celui du maniement de cet instrument radicalement nouveau qui affranchit de l’immémoriale contrainte des vents. »

 

Développement d’une école cinématique (Castex) qui ne s’intéresse qu’aux mouvements : Cordes, Gueydon, Page, Lewal, commandant Ross, Pellew.

 

D’autres auteurs essaient à la fois des ordres de marche et de combat selon les dispositifs les plus variés : ligne, triangle, cercle, carré, losange, quinconce : Touchard, Bouet-Villaumez, Jurien de la Gravière, Penhoat, George Biddle Combe, Howard Douglas.

 

 

A suivre



04/07/2014
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