1914-1918 La classe.com. Projet 2014-2015

1914-1918. La classe.com

 

Durant l'année scolaire 2014-2015, la classe de 3e4, sous la direction de Mme Herinckx Mme Cassu et moi même, a travaillé sur le projet 1914-1918 piloté par la classe.com.

 

Voici le résultat de leur travail.

 

Le contexte urbain en 1914

 

Avant les vacances de Toussaint le projet a été présenté aux élèves de 3e4. 4 lieux ont été montré aux élèves qui devaient en choisir un en expliquant en quelques lignes leur choix. Le séminaire saint-Irénée a obtenu plus de 55% des voix et a donc été retenu.

 

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"Le grand séminaire de Sainte-Foy est intéressant, car il a servi d’hôpital de guerre, donc il regroupait les soldats venant du front, et les personnes de l’arrière. ce serait intéressant de voir comment les soldats racontaient ce qu’il se passait au front, ce qu’ils avaient vécu aux personnes qui les soignaient et de voir comment ces personnes les accueillaient." (Lou)

"Je trouve que ce lieu est très beau et il n’a pas changé et j’aimerais que le personnage principal soit une infirmière pour montrer que les femmes aussi étaient importantes pendant la guerre. Et en plus je le vois de ma chambre." (Claire)

"Je trouve que ce serait un bon endroit pour raconter l’histoire de la guerre, car il s’est passé beaucoup de choses dans ce bâtiment durant la guerre et il serait plus intéressant pour la classe de choisir un bâtiment de Sainte-Foy où il se serait passé quelque chose. Si l’on choisit ce bâtiment, le choix des personnages sera plus vaste." (Sophie-Anne)

"Je pense que c’est ce lieu qui va le mieux avec la guerre. De plus je pense que l’un des personnages les plus importants de la guerre est ’infirmière ce qui correspond le mieux avec le séminaire." (Salomé)

"J’ai choisi le grand séminaire de Sainte-Foy car je pense que l’on aura plus de choix pour les personnages et que ce serait bien d’avoir un personnage féminin comme une infirmière. De plus c’est le lieu qui est le plus relié à la guerre." (Sarah)

 

L'année 1915 : Quel est votre héros ?

 

Et notre héros est …...une héroïne : Esther jeune infirmière.

Le 14 février 1915, une dizaine de soldats sont rapatriés au Grand Séminaire de Sainte-Foy-lès-Lyon les Lyon. Venant de différents fronts, tous gravement blessés et ramenant avec eux une odeur de mort. Esther les attendait. Infirmière depuis peu de temps, elle avait apprit en quelques mois comment alléger les souffrances des mourants. Son père était parti à la guerre, il ne reviendrait pas. Elle voyait à travers ses patients ce qu’il avait dû subir durant ses derniers instants. Les gens qui mourraient dans ses bras revenaient dans son sommeil et la réveillaient en sursaut. Depuis la mort de son père, la vie pour elle était une longue suite de malheurs. Le salaire misérable qu’elle gagnait ne lui permettait plus de payer la mansarde où elle vivait.

 

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L'année 1916 : Action.

 

Avril 1916, Esther découvre l'horreur de Verdun.

 

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Par un matin printanier d'avril 1916, notre jeune Esther se dirigeait vers le séminaire de Sainte-Foy-lès-Lyon pour prendre son service. Depuis le début de la bataille de Verdun, le 21 février, les blessés affluaient à l'arrière pour libérer des places dans les hôpitaux du front. Si elle aimait s'occuper et essayer de soulager les souffrances de ces êtres meurtris, elle souffrait du manque de reconnaissance des médecins, méprisants et incapables de reconnaître la valeur d'une femme.

 

Après quelques minutes de marche, elle arriva au séminaire, grand bâtiment, sinistre, froid, rempli des cris des blessés qui s'y trouvaient. En entrant dans le bâtiment, elle remarqua une grande agitation. Les infirmières courraient de droite à gauche pour s'occuper d'un arrivage de blessés. Immédiatement elle reçut l'ordre de s'occuper du blessé qui occupait le lit 13. En arrivant près du lit, elle reconnut immédiatement Georges, un soldat de 30 ans qui avait été envoyé à la guerre après un séjour en prison à la suite d'une erreur de jeunesse. Blessé au front et à l'oreille gauche, il avait le visage entouré de bandages, mais elle avait tout de suite vu qu'il s'agissait de ce jeune homme reconnaissable à ses cheveux roux dont quelques mèches dépassaient des bandages, ses yeux profonds, son tic inoubliable et cet accent anglais lorsqu'il essayait de parler français. Ils s'étaient rencontrés au front à la fin de l'année 1914, lors d'un séjour qu'elle avait effectué pour renforcer des hôpitaux en manque d'effectifs. C'était le début de sa carrière. Le voir dans cet état lui causa un choc, mais l'encouragea aussi à faire tout son possible pour améliorer sont état. Pour l'instant il était inconscient. Elle se mit rapidement à changer ses bandages qui étaient très boueux et tachés de sang. Ce n'est seulement qu'après qu'elle lui administra quelques médicaments pour atténuer sa douleur et lui procurer un sommeil plus serein. Une fois ces premiers soins prodigués, ne pouvant plus rien faire, elle poursuivit son chemin dans la grande salle à la recherche d'autres blessés qui nécessiteraient son aide.

 

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Un peu plus loin, elle fut appelée par un autre jeune homme qui venait de perdre sa main droite. Ne pouvant plus écrire, mais voulant donner de ses nouvelles à sa famille, il cherchait une main secourable pour écrire à sa place. Se rappelant l'importance des nouvelles pour les familles, elle avait elle même souffert du manque de nouvelles de son père lorsqu'il était au front, elle accepta immédiatement de lui venir en aide.

 

Après s'être munie de papier, elle écrivit sous la dictée.

 

« Ma chère épouse et mes chers enfants.

 

Je vous écris d'un hôpital situé à Sainte-Foy-lès-Lyon près de Lyon. J'ai été évacué après une blessure par balle qui m'a emporté la main droite. Je ne peux plus écrire mais une infirmière très gentille s'est proposée pour que vous receviez tout de même de mes nouvelles. Vous me manquez beaucoup et je pense à vous tout le temps. J'espère que vous allez bien et que la vie quotidienne n'est pas trop difficile. Ma blessure a été suffisamment grave pour nécessiter une amputation. Je resterai handicapé toute ma vie et après la guerre il faudra que je pense à changer de métier. Mais cette blessure va me sauver la vie, car lorsque je serai guéri je pourrai rentrer auprès de vous et pour moi la guerre est finie. Les blessés dans mon état ne retournent pas au front. Malgré sa gravité beaucoup de camarades sont jaloux de mon état et aimeraient être à ma place.

Je vous embrasse et vous dit à bientôt. »

 

Elle resta encore de longues minutes avec ce soldat pour lui tenir compagnie et tenter de lui apporter un peu de la chaleur humaine que sa famille éloignée ne pouvait lui apporter.

 

Mais elle ne pouvait trop s'attarder, de nombreux blessés ayant encore besoin de son aide. Une fois de plus depuis ce 21 février la journée allait être longue.

 

L'année 1917 : Autorisation de circuler

 

Ce jour là, Esther se rend au marché pour acheter de la toile cirée pour l’hôpital. Elle a la surprise de rencontrer un vieux couple d’ami de ses parents, Mr et Mme BADOL. Mr BADOL réformé a repris son métier de représentant de commerce. Il vend désormais des toiles cirées. Dans la conversation qui suit Esther apprend qu’ils vont partir pour la Normandie où justement sa mère s’est retirée depuis la mort de son mari. Elle leur confie donc une lettre.

 

1918. Fin de votre histoire.

 

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11 novembre 1918, à 11 heures toutes les cloches des églises de Sainte-Foy-Les-Lyon et des environs se mettent à sonner. Elles annoncent l'armistice et la victoire. L'Allemagne, après plus de 4 ans de guerre, vient de capituler. Mais pour Esther, le moment n'est pas à la réjouissance. Les Badol sont revenus de Normandie pour lui annoncer le décès de sa mère. La perte de son époux avait été trop dure à supporter. Au séminaire, la situation s'est très nettement dégradée. Depuis quelques semaines une épidémie de grippe particulièrement violente fait des ravages parmi les blessés, mais aussi parmi des soldats pourtant en bonne santé. Les décès sont quasi quotidiens, et c'est Esther qui est chargée de rassembler leurs pauvres affaires pour les transmettre à leur famille. Justement aujourd'hui un jeune soldat de 20 ans, blessé et affaibli, vient d'être la nouvelle victime de cette grippe que certains nomment « espagnole ». Esther ouvre son armoire, commence à trier ses affaires. Tout à coup, un feuillet glisse d'un livre et tombe par terre. Esther se baisse, le ramasse, le déplie et commence à lire. Il s'agit visiblement d'une chanson écrite il y a déjà quelques mois.

 

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« Morts les soldats de Verdun

Ils n'auront pas de lendemains

Partis la fleur au fusil

Pour servir leur patrie.

 

Tous les hommes étaient partis fiers

Après cet appel à la guerre

Morts les soldats, mortes leurs âmes,

Ils ont déposés les armes.

 

Alors qu'au chemin des Dames

Des maréchaux infâmes

Au lieu de tourner la page

commanditent le carnage

Morts les enfants du 3 août

Il n'y a plus aucun doute

De cette guerre dévastatrice

Ils attendent l'armistice

 

Morts les enfants des tranchées

Alors qu'ils étaient désarmés

Dans la fournaise de Verdun

Ils sont tombés comme des chiens

 

Alors qu'au chemin des Dames

Des maréchaux infâmes

Au lieu de tourner la page

commanditent le carnage.

 

Morts les soldats des armées

Alignés, brûlés et gazés

Traqué ; visés par les Allemands

Massacrés dans les champs.

 

Morts les fermiers partis en guerre

Rêvant de retrouver leurs terres

Mais ils ne reviendront pas

Adieu les vaillants soldats.

 

Alors qu'au chemin des Dames

Des maréchaux infâmes

Au lieu de tourner la page

commanditent le carnage.

 

Mort le médecin de guerre

Aujourd'hui c'est lui qu'on enterre

Et toutes ces « gueules cassées »

Qui viendra les soigner ?

 

Quelque part au cœur de la haine

Dans la souffrance et dans la peine

Se trouvait une lueur d'espoir

Morts les enfants de la victoire.

 

Alors qu'au chemin des Dames

Des maréchaux infâmes

Au lieu de tourner la page

commanditent le carnage. »

(Création à partir d'une chanson de Renaud)

 

« Le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants. » (Renaud)

  

Elle trouve le texte très beau, très poétique, elle voudrait le partager avec d'autres personnes, mais aujourd'hui tout le monde pense à fêter la victoire et veut oublier ces quatre longues années. Esther le range puis le glisse dans le paquet qui partira dans la famille avant de tomber dans l'oubli.

 

Quelques élèves ont réalisé des dessins pour illustrer ce travail. Merci à eux.

 

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Salomé. 

Le langage des fleurs.

Aubépine = espoir ;

Olivier = paix, sagesse ;

Coquelicot = apaisement ;

Phlox violet = rêve.

 

Les soldats sont entourés de l'aura de la mort mais dans leur cœur réside l'espoir, la sagesse, l'apaisement d'un lendemain meilleur . Mais bien sûr tout cela pendant 4 ans ne sera qu'un rêve.

  

Ilys

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 Margot. 

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Dessin 4.JPG

 

Le panneau final réalisé par un graphiste pour l'exposition

 

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29/04/2015
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