Thème 7. 1961 : Le franchissement du mur de Berlin (Article)

1961 : Le franchissement du mur de Berlin.

 

 

 

 

Identifier l'oeuvre :  Sa nature : Photographie en noir et blanc prise au téléobjectif de 200 mm.

 

                                  Son auteur :  Peter Leibnig. A l'époque de la prise de cette photo, Peter Leibnig est un jeune photographe stagiaire à l'agence Conti Press, petite agence de Hambourg. C'est son premier reportage d'actualité.

 

Situer l'oeuvre :  Dans le temps : Ce cliché a été pris le 15 août 19161 à Berlin  rue Bernauerstrasse.  Alors qu'il est à Berlin, l'auteur se rend dans cette rue où est en train de s'ériger le mur de Berlin. Il y a beaucoup de monde du côté ouest, alors qu'à l'Est, des soldats montent la garde et éloignent les passants. Plusieurs témoins lui désignent un garde qui a l'air nerveux et lui disent qu'il va sauter. Peter prépare son appareil, fait le point sur le réseau de barbelés et attend. La scène ne va durer que quelques secondes et il n'aura que le temps de prendre une seule photo.

 

                          Dans le contexte historique : Depuis le 13 août 1961,  les autorités Est allemandes ont décidé d'ériger un mur pour empêcher la fuite des allemands de l'Est vers l'Ouest. En effet ces départs sont de plus en plus nombreux et remettent en cause la vision du paradis communiste que veut développer le pouvoir.

            Le 15 août 1961, Konrad Schuman, jeune communiste convaincu de 19 ans est affecté à la garde du mur qui est en train de s'ériger. Un incident va lui ouvrir les yeux et lui faire prendre conscience de la vraie nature du régime qu'il défend.

            Une petite fille en vacances chez ses grands parents à Berlin Est demande à rejoindre ses parents de l'autre côté des barbelés, c'est-à-dire à l'Ouest. « Je l'ai empêchée de traverser la mort dans l'âme. J'ai compris qu'un régime qui en arrivait là pouvait être capable du pire. » Il décide alors de tenter sa chance et de fuir à son tour  « J'étais dans un état d'extrême nervosité. Je n'arrivais pas à me décider à sauter car j'avais peur de m'accrocher aux barbelés et d'être abattu par mes collègues. Jusqu'à ce que j'aperçoive un fourgon de police, toutes portes ouvertes. Ca m'a donné du courage au ventre. J'ai foncé droit sur le fourgon.

            Konrad Schuman réussira et vivra en Allemagne de l'Ouest

 

Décrire l'oeuvre : Il s'agit d'une photo prise de face, très bien cadrée dans un rectangle en longueur. L'auteur a eu le temps de préparer sa mise au point. Par contre sur le côté gauche, on distingue la silhouette d'une personne qui a du bouger au moment où le soldat sautait les barbelés.

 

            Le personnage central et presque unique de cette photo est ce jeune soldat en uniforme et armé en train de sauter au dessus d'un réseau de barbelés. Au second plan, on distingue un groupe de personnages flous dont on ignore le rôle et la fonction. L'arrière plan est constitué d'une ligne de façades, ce qui situe la photo dans un milieu urbain. 

 

            Le sujet est un jeune soldat, en uniforme, casqué et armé. Il représente donc le pouvoir Est allemand et pourtant il est en train d'accomplir une action qu'il était lui-même chargé d'empêcher. Cette action représente donc un désaveu pour le pouvoir.

 

            La position des jambes montre qu'il a pris son élan pour franchir ce réseau qui apparaît assez élevé.  La position des mains, en particulier de la main droite montre qu'il cherche en même temps à se débarrasser de son arme. Sa tête est légèrement penchée vers le bas, le casque masquant le haut. Mais on peut tout de même  discerner une expression qui semble indiquer une grande détermination. Si ce jeune garde a pu hésiter un moment, au moment où il saute pour passer à l'0uest, il n'y a plus d'hésitation.   

 

Distinguer : Les dimensions historiques : Cette photo est devenue mondialement célèbre, symbolisant l'érection de ce que l'on appellera plus tard « le mur de la honte ».

            Deux éléments ont contribué à en faire un symbole.

                        Elle est unique.

                        Elle présente un soldat censé défendre le régime. Cela lui donne une plus grande force symbolique que s'il s'agissait d'un simple civil. 

 

                     Les dimensions artistiques : Le cadrage presque parfait, la netteté mais surtout le mouvement qui se dégage de ce cliché contribuent à faire de cette photo une oeuvre de grande qualité.                     

 

 

 

 

 

 



09/12/2009
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