Histoire et mémoire militaire française : 2021 - 2025

2021 - 2025

 

2021

 

20 janvier 2021

 

Mémoire. Guerre d’Algérie. Remise du rapport Stora au Président de la République (rapport commandé le 24 juillet 2020)

Dans son rapport l’historien souhaite la mise en place d’une commission « Mémoire et vérité » chargée d’impulser des initiatives mémorielles communes entre les deux pays. Il propose que cette commission soit composée de « différentes personnalités engagées dans le dialogue franco-algérien », comme Fadila Khattabi, présidente du groupe d’amitié France-Algérie de l’Assemblée nationale, Karim Amellal, ambassadeur, délégué interministériel à la Méditerranée, des intellectuels, médecins, chercheurs, chefs d’entreprise, animateurs d’associations…

Cette commission pourrait formuler des recommandations sur 22 questions 

  • 1 Commémorations. Poursuivre les commémorations, comme celle du 19 mars 1962 demandée par plusieurs associations d’anciens combattants à propos des accords d’Evian, premier pas vers la fin de la guerre d’Algérie. D’autres initiatives de commémorations importantes pourraient être organisées autour de la participation des Européens d’Algérie à la seconde guerre mondiale ; du 25 septembre, journée d’hommage aux harkis et autres membres de formations supplétives dans la guerre d’Algérie ; du 17 octobre 1961, à propos de la répression des travailleurs algériens en France. A tous ces moments de commémoration pourraient être invités les représentants des groupes de mémoires concernés par cette histoire.

  • 2 Témoignages. Organiser le recueil par cette commission de la parole des témoins frappés douloureusement par cette guerre pour établir plus de vérités et parvenir à la réconciliation des mémoires.

  • 3 Emir Abdelkader. Construire une stèle à l’effigie de l’émir Abdelkader, qui lutta contre la conquête de l’Algérie par la France au milieu du XIXe siècle, à Amboise (Indre-et-Loire), où il vécut en exil entre 1848 et 1852. Le monument pourrait être érigé à l’occasion du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, en 2022.

  • 4 Ali Boumendjel. Reconnaissance par la France de l’assassinat de l’avocat Ali Boumendjel, ami de René Capitant et dirigeant politique du nationalisme algérien, tué pendant la bataille d’Alger, en 1957. Ce geste ferait suite à la déclaration du président Emmanuel Macron concernant Maurice Audin en septembre 2018.

  • 5 Disparus. Œuvrer à la publication d’un « guide des disparus » (algériens et européens) de la guerre d’Algérie, sur la base des recherches du « groupe de travail » créé à la suite de la déclaration d’amitié signée lors de la visite du président François Hollande à Alger en 2012. Ce groupe avait été mis en place pour permettre la localisation des sépultures des disparus algériens et français de la guerre d’indépendance. Il devra poursuivre son travail.

  • 6 Essais nucléaires et mines. Poursuivre le travail conjoint concernant les lieux des essais nucléaires français en Algérie, réalisés entre 1960 et 1966, et leurs conséquences, ainsi que la pose des mines aux frontières.

  • 7 Restes humains. Poursuivre l’activité du comité mixte d’experts scientifiques algériens et français chargés d’étudier les restes humains de combattants algériens du XIXe siècle conservés au Muséum national d’histoire naturelle.

  • 8 Harkis. Voir avec les autorités algériennes la possibilité de faciliter les déplacements des harkis et de leurs enfants entre la France et l’Algérie.

  • 9 Oran, juillet 1962. Mettre en place une commission mixte d’historiens français et algériens pour faire la lumière sur les enlèvements et assassinats d’Européens à Oran en juillet 1962 ; entendre la parole des témoins de cette tragédie.

  • 10 Cimetières européens et juifs. Encourager la préservation des cimetières européens en Algérie (travaux, entretiens, réhabilitations des tombes), ainsi que des cimetières juifs (comme ceux de Constantine et de Tlemcen).

  • 11 Noms de rues. A l’instar de la mesure instaurée par le président de la République visant à donner à des rues de communes françaises des noms de personnes issues de l’immigration et de l’outre-mer, inscrire des noms de Français d’origine européenne particulièrement méritants, en particulier médecins, artistes, enseignants, issus de territoires antérieurement placés sous la souveraineté de la France.

  • 12 Archives. Activer le groupe de travail conjoint sur les archives, constitué en 2013 à la suite de la visite du président Hollande en 2012. Le groupe s’est réuni à six reprises, jusqu’au 31 mars 2016. Ce groupe de travail sur les archives devra faire le point sur l’inventaire des archives emmenées par la France et laissées par la France en Algérie. Sur la base de ce travail d’inventaire, certaines archives (originaux) seraient récupérées par l’Algérie. Celles laissées en Algérie pourront être consultées par les chercheurs français et algériens. Le « comité de pilotage » pourrait proposer la constitution d’un premier fond d’archives commun aux deux pays, librement accessible.

  • 13 Visas de chercheurs. La coopération universitaire pourrait, avant le règlement de la domiciliation des archives, trouver un moyen pour chacune des parties de montrer la volonté de transparence du passé commun. La France proposerait ainsi de donner chaque année à dix chercheurs, inscrits en thèse sur l’histoire de l’Algérie coloniale et la guerre d’indépendance dans un établissement universitaire algérien, la possibilité d’effectuer des recherches dans les fonds d’archive en France. Le visa de chercheur à entrées multiples serait d’une durée de six mois, pouvant être prolongé de trois mois, ce qui correspond à une année universitaire. Le chercheur pourrait ainsi effectuer des allers-retours en fonction des besoins de sa recherche. Ce visa pourrait être renouvelable. Afin que ces recherches puissent effectuées dans de bonnes conditions matérielles, un accord serait passé avec le Centre national des œuvres universitaires (Cnous) pour mettre à disposition une chambre au sein d’une cité universitaire proche des lieux d’archive dans des modalités pratiques à approfondir. Enfin, ces étudiants pourraient bénéficier pendant leur séjour en France de la même bourse d’étude que les étudiants français inscrits en thèse, au prorata de la durée de séjour. En parallèle, des étudiants français, dans un nombre qui reste à discuter avec les autorités algériennes, devraient pouvoir bénéficier d’un visa à entrées multiples et d’un accès facilité aux archives algériennes concernant la même période.

  • 14 Edition. Favoriser la diffusion des travaux des historiens par la création d’une collection « franco-algérienne » dans une grande maison d’édition. L’objectif serait de poser des bases communes aux mémoires particulières, de définir un cadre acceptable par tous, des deux côtés de la Méditerranée.

  • 15 Traductions. Créer un fonds permettant la traduction du français vers l’arabe et de l’arabe vers le français d’œuvres littéraires et à caractère historique. Ce fonds pourra également prendre en charge les écrits de langue berbère.

  • 16 Programmes scolaires. Accorder dans les programmes scolaires plus de place à l’histoire de la France en Algérie. A côté d’une avancée récente – ne plus traiter de la guerre sans parler de la colonisation –, il convient de généraliser cet enseignement à l’ensemble des élèves (y compris dans les lycées professionnels).

  • 17 Jeunes créateurs. Aller vers la mise en place d’un office franco-algérien de la jeunesse, chargé principalement d’impulser les œuvres de jeunes créateurs (œuvres d’animation, courts-métrages de fiction, création de plate-forme numérique pour le son et l’image).

  • 18 Musée. Réactiver le projet de musée de l’histoire de la France et de l’Algérie, prévu à Montpellier et abandonné en 2014.

  • 19 Colloque. Organiser en 2021 un colloque international dédié au refus de la guerre d’Algérie par certaines grandes personnalités comme François Mauriac, Raymond Aron, Jean-Paul Sartre, André Mandouze et Paul Ricœur.

  • 20 Exposition. Organiser en 2021 au Musée national de l’histoire de l’immigration une exposition ou un colloque sur les indépendances africaines.

  • 21 Gisèle Halimi. Entrée au Panthéon de Gisèle Halimi, grande figure de l’opposition à la guerre d’Algérie.

  • 22 Canon Baba Merzoug. Créer une commission franco-algérienne d’historiens chargée d’établir l’historique du canon « Baba Merzoug » ou « La Consulaire », ravi lors de la conquête d’Alger en 1830 et installé à l’arsenal de Brest, et de formuler des propositions partagées quant à son avenir, respectueuses de la charge mémorielle qu’il porte des deux côtés de la Méditerranée.

 

2 mars 2021

 

Mémoire. Guerre d’Algérie.

Le Président de la République reconnaît l’assassinat de maitre Ali Boumendjel avocat et dirigeant politique du nationalisme algérien. A cette occasion, il reçoit 4 des petits enfants de l’avocat. 

 

11 avril 2021

 

Polémique politique. « La lettre des généraux »

À l'initiative de Jean-Pierre Fabre-Bernadac, officier de carrière et responsable du site Place d’Armes, une vingtaine de généraux, une centaine de hauts-gradés et plus d'un millier d'autres militaires signent un appel pour un retour de l'honneur et du devoir au sein de la classe politique. 

« Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs du gouvernement,
Mesdames, Messieurs les parlementaires,

L’heure est grave, la France est en péril, plusieurs dangers mortels la menacent. Nous qui, même à la retraite, restons des soldats de France, ne pouvons, dans les circonstances actuelles, demeurer indifférents au sort de notre beau pays.

Nos drapeaux tricolores ne sont pas simplement un morceau d’étoffe, ils symbolisent la tradition, à travers les âges, de ceux qui, quelles que soient leurs couleurs de peau ou leurs confessions, ont servi la France et ont donné leur vie pour elle. Sur ces drapeaux, nous trouvons en lettres d’or les mots « Honneur et Patrie ». Or, notre honneur aujourd’hui tient dans la dénonciation du délitement qui frappe notre patrie.

– Délitement qui, à travers un certain antiracisme, s’affiche dans un seul but : créer sur notre sol un mal-être, voire une haine entre les communautés. Aujourd’hui, certains parlent de racialisme, d’indigénisme et de théories décoloniales, mais à travers ces termes c’est la guerre raciale que veulent ces partisans haineux et fanatiques. Ils méprisent notre pays, ses traditions, sa culture, et veulent le voir se dissoudre en lui arrachant son passé et son histoire. Ainsi s’en prennent-ils, par le biais de statues, à d’anciennes gloires militaires et civiles en analysant des propos vieux de plusieurs siècles.

– Délitement qui, avec l’islamisme et les hordes de banlieue, entraîne le détachement de multiples parcelles de la nation pour les transformer en territoires soumis à des dogmes contraires à notre constitution. Or, chaque Français, quelle que soit sa croyance ou sa non-croyance, est partout chez lui dans l’Hexagone ; il ne peut et ne doit exister aucune ville, aucun quartier où les lois de la République ne s’appliquent pas.

– Délitement, car la haine prend le pas sur la fraternité lors de manifestations où le pouvoir utilise les forces de l’ordre comme agents supplétifs et boucs émissaires face à des Français en gilets jaunes exprimant leurs désespoirs. Ceci alors que des individus infiltrés et encagoulés saccagent des commerces et menacent ces mêmes forces de l’ordre. Pourtant, ces dernières ne font qu’appliquer les directives, parfois contradictoires, données par vous, gouvernants.

Les périls montent, la violence s’accroît de jour en jour. Qui aurait prédit il y a dix ans qu’un professeur serait un jour décapité à la sortie de son collège ? Or, nous, serviteurs de la Nation, qui avons toujours été prêts à mettre notre peau au bout de notre engagement – comme l’exigeait notre état militaire, ne pouvons être devant de tels agissements des spectateurs passifs.

Aussi, ceux qui dirigent notre pays doivent impérativement trouver le courage nécessaire à l’éradication de ces dangers. Pour cela, il suffit souvent d’appliquer sans faiblesse des lois qui existent déjà. N’oubliez pas que, comme nous, une grande majorité de nos concitoyens est excédée par vos louvoiements et vos silences coupables.

Comme le disait le cardinal Mercier, primat de Belgique : « Quand la prudence est partout, le courage n’est nulle part. » Alors, Mesdames, Messieurs, assez d’atermoiements, l’heure est grave, le travail est colossal ; ne perdez pas de temps et sachez que nous sommes disposés à soutenir les politiques qui prendront en considération la sauvegarde de la nation.

Par contre, si rien n’est entrepris, le laxisme continuera à se répandre inexorablement dans la société, provoquant au final une explosion et l’intervention de nos camarades d’active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles et de sauvegarde de nos compatriotes sur le territoire national.

On le voit, il n’est plus temps de tergiverser, sinon, demain la guerre civile mettra un terme à ce chaos croissant, et les morts, dont vous porterez la responsabilité, se compteront par milliers.

Les généraux signataires :

Général de Corps d’Armée (ER) Christian PIQUEMAL (Légion Étrangère), général de Corps d’Armée (2S) Gilles BARRIE (Infanterie), général de Division (2S) François GAUBERT ancien Gouverneur militaire de Lille, général de Division (2S) Emmanuel de RICHOUFFTZ (Infanterie), général de Division (2S) Michel JOSLIN DE NORAY (Troupes de Marine), général de Brigade (2S) André COUSTOU (Infanterie), général de Brigade (2S) Philippe DESROUSSEAUX de MEDRANO (Train), général de Brigade Aérienne (2S) Antoine MARTINEZ (Armée de l’air), général de Brigade Aérienne (2S) Daniel GROSMAIRE (Armée de l’air), général de Brigade (2S) Robert JEANNEROD (Cavalerie), général de Brigade (2S) Pierre Dominique AIGUEPERSE (Infanterie), général de Brigade (2S) Roland DUBOIS (Transmissions), général de Brigade (2S) Dominique DELAWARDE (Infanterie), général de Brigade (2S) Jean Claude GROLIER (Artillerie), général de Brigade (2S) Norbert de CACQUERAY (Direction Générale de l’Armement), général de Brigade (2S) Roger PRIGENT (ALAT),  général de Brigade (2S) Alfred LEBRETON (CAT), médecin Général (2S) Guy DURAND (Service de Santé des Armées), contre-amiral (2S) Gérard BALASTRE (Marine Nationale) »

 

21 avril 2021

 

Polémique politique. « La lettre des généraux »

La revue Valeurs actuelles diffuse avec l’autorisation des auteurs la lettre du 11 avril. 

 

27 avril 2021

 

Polémique politique. « La lettre des généraux »

La ministre des armées Florence Parly annonce des sanctions disciplinaires à l’encontre de cette lettre.

 

28 avril 2021

 

Polémique politique. « La lettre des généraux »

Le Premier ministre Jean Castex fustige un texte « contraire à tous nos principes républicains, à l’honneur, au devoir de l’armée » dénonçant des généraux qui ne « représentent qu’eux mêmes » et une récupération politique tout à fait inacceptable de la part de Marine Le Pen. 

 

29 avril 2021

 

CEMA. « La lettre des généraux. 

Le CEMA François Lecointre détaille les sanctions qui vont être prises contre les signataires de la « lettre des généraux ». 

« Je souhaite questeur mise en retraite d’office soit décidée. C’est une procédure exceptionnelle, que nous lançons immédiatement à la demande de la ministre des Armées. »

Pour sa part le sénateur PS Jean-Marie Bockel, ancien secrétaire d’Etat aux Anciens combattants déclare « que si le chef d’état-major parle, c’est avec l’accord de la ministre et du chef de l’Etat. La radiation des cadres, c’est-à-dire la mise à la retraite d’office est une sanction très dure pour un officier. Elle a de plus des conséquences financières. J’approuve les déclarations de la ministre et du chef d’état-major. Il faut régler le problème très vite pour ne pas jeter l’opprobre sur notre armée, qui est loin de ces préoccupations. » 

De leur côté la France insoumise et les Ecologistes ont saisi le procureur de la République,, exigeant des sanctions pénales. 

 

COMEDEF.

Le Comité d’éthique de la Défense rend son deuxième avis portant sur le thème de « l’intégration de l’autonomie dans les systèmes d’armes létaux » 

 

Polémique politique. « La lettre des généraux »

A la demande de LCI, Harris Interactive a interrogé les Français sur leurs réactions suite à la publication de la tribune des militaires sur le site de Valeurs Actuelles (1613 personnes représentatives de la population). Les principaux enseignements de cette enquête sont les suivants :

  • La France au bord de la guerre civile ? Non, répondent – mollement – les Français. Mais il s’agit là d’un des seuls points sur lesquels les personnes interrogées par Harris Interactive se montrent en désaccord avec les propos tenus par des militaires dans la tribune relayée par Valeurs Actuelles.

  • En effet, le constat posé est partagé par une majorité de nos compatriotes, qu’il s’agisse du fait que les lois de la République ne s’appliquent pas sur la totalité du territoire (86%), l’accroissement de la violence (84%), un antiracisme provoquant l’effet contraire de celui escompté (74%), le délitement de la société française (73%) voire les effets délétères de l’intervention des forces de l’ordre au moment du mouvement des gilets jaunes (62%). Dans ce contexte, près d’un Français sur deux se déclare favorable à l’intervention de l’armée sans qu’on ne lui en donne l’ordre afin de garantir l’ordre et la sécurité en France (49%).

  • D’une manière globale, les Français portent les mêmes jugements que ceux qui ont été partagés par les généraux. Et même si des nuances politique se font sentir, on ne relève (hormis sur l’intervention « autonome » de l’armée) pas de clivage net d’opinion. Même si l’intensité des réponses varie. Comme on pouvait s’y attendre, les proches du RN sont très nettement en accord avec les propos tenus par les militaires. D’une manière générale, les sympathisants LR se déclarent – indépendamment de la qualité des signataires – très nettement en accord avec les constats posés.

  • Au final, ce ne sont pas moins de près de 6 Français sur 10 qui indiquent soutenir les militaires ayant signé la tribune (58%). C’est sur ce point que les nuances politiques se font le plus sentir : les proches de la gauche comme du centre expriment une distance à la différence des sympathisants LR et encore plus RN. Preuve, ici, que l’on peut être d’accord avec des propos sans pour autant systématiquement soutenir une démarche ou une posture.

 

5 mai 2021

 

Polémique politique. « La lettre des généraux »

A la suite du dépôt de plainte de la France insoumise et des écologistes, le procureur de la République estime que le « texte ne recèle en effet pas en lui-même de provocations à commettre des infractions pas plus qu’il ne contient d’appel à la haine, à la discrimination ou à la violence. [..] Le crime de provocation à des rassemblements d’insurgés et le délit de provocation à la désobéissance des militaires ou des assujettis à toute forme du service national, prévus par le code pénal, ne paraissent pas davantage pouvoir trouver à s’appliquer aux développements figurant dans cette tribune ». Aussi, poursuit-il, « si l’appréciation d’une éventuelle qualification disciplinaire des propos concernés, au regard du Code de la défense, relève des autorités compétentes, il doit être constaté qu’aucune suite judiciaire ou pénale ne peut en l’état être réservée à ceux-ci »

 

9 mai 2021

 

Polémique politique. « La lettre des généraux »

Le magazine « Valeurs actuelles publie une deuxième lettre de militaires en activité mais anonymes. 

Cette fois ceux qui se présentent comme des militaires « récemment entrés dans la carrière » et dont certains ont « connu le feu ennemi » au Mali, en Afghanistan ou en Centrafrique, dénoncent ce qu’ils perçoivent comme « la guerre civile qui couve. » 

 

31 mai 2021

 

Mémoire. Unité

Le 35e RI, est autorisé à ajouter la mention « Belfort 1870-1871 » sur son drapeau 

 

18 juin 2021

 

Polémique politique. « La lettre des généraux »

Après la publication de la lettre ouverte des généraux en avril, six généraux convoqués pour comparaître devant un conseil supérieur des Forces armées sous l’accusation d’avoir brisé leur devoir de réserve et dénoncé « le délitement » de la France, publient une nouvelle lettre sur le site « Place d’armes ».

 

22 juillet 2021

 

C.E.MA.

Le général d’armée Thierry Burkhard est nommé Chef d’Etat-major de l’armée. Il remplace le général François Lecointre.

 

C.E.M.A.T.

Le général d’armée Pierre Schill (St Cyr promotion Tom Morel (1987)) est nommé chef d’Etat-major de l’armée de terre. Le général Schill a effectué une grande partie de sa carrière dans les troupes de marine. 

Il remplace le général d’armée Thierry Burkhard.

 

16 septembre 2021

 

France / Australie. Contrat d’armement. 

“C’est un coup dans le dos”, enrage Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères, le 16 septembre 2021. La France vient d’apprendre que le contrat qu’elle a passé avec l’Australie en 2016 pour la commande de 12 sous-marins, est rompu dans le cadre d'un nouveau pacte baptisé Aukus, réunissant Canberra, Washington et Londres. La perte de ce marché estimé à 56 milliards d'euros fait l'effet d'une bombe. Le gouvernement français et l'industriel Naval Group spécialisé dans la défense maritime dénoncent une trahison.

Au départ : une lune de miel, avec la bénédiction des Américains. 

Entre la France et l'Australie, l'histoire avait pourtant bien commencé. En 2015, Canberra lance un appel d'offres pour renouveler sa flotte de sous-marins à propulsion diesel-électrique vieillissants. Paris est en concurrence avec le Japon et l'Allemagne pour remporter le fameux "contrat du siècle". L'entreprise française Naval Group (qui s'appellera DCNS jusqu'en 2017) décroche finalement la commande de 12 sous-marins. “L'offre française était basée sur le tout dernier sous-marin nucléaire, le Shortfin Barracuda”, explique à la Cellule investigation de Radio France le Premier ministre australien d’alors, Malcolm Turnbull. Mais “avec une propulsion hybride diesel-électrique, à la demande du gouvernement australien”, précise-t-il.

À ce moment-là, il n'est pas question de propulsion nucléaire, pour plusieurs raisons. Certes, la France est réticente à exporter son savoir-faire, mais surtout, l'Australie n'est pas demandeuse. “L'Australie n'avait pas la maturité pour lancer un programme de sous-marins nucléaires tout de suite”, affirme Hervé Guillou, l'ex-PDG de Naval Group. Canberra n'avait ni les infrastructures de maintenance, ni les spécialistes nécessaires pour manipuler l'uranium des sous-marins. À l’époque, Naval group propose donc un modèle qui présente un intérêt majeur pour l'Australie, se souvient l'ancien premier ministre Malcolm Turnbull : “C'était la possibilité de pouvoir passer d'une propulsion classique à une propulsion nucléaire en gardant essentiellement la même conception”. 

Comble de l’histoire : lorsque le groupe français signe le contrat avec l'Australie, il marche alors main dans la main avec les États-Unis. On parle même d'un sous-marin franco-américain. La France devait construire les sous-marins, et l'entreprise américaine Lockheed Martin équiper leur système d'armement. “Si Naval Group a gagné, explique Michel Cabirol, rédacteur en chef à la Tribune, c'est parce qu'il y avait un accord tacite entre la France et les États-Unis précisant qu'ils avaient le droit de candidater. Et que s'ils gagnaient, Washington n'aurait pas d'objection.”

La menace chinoise. 

Le contrat franco-australien va cependant vaciller, d’abord pour des raisons géopolitiques, et notamment un climat de tension grandissant entre l'Australie et la Chine. “Depuis vingt ans, il existait une entente manifeste entre Pékin et Canberra, notamment autour des ressources naturelles, explique Emmanuel Veron, enseignant-chercheur à l'Inalco et à l'École Navale. Jusqu'à la compromission avérée d'un certain nombre de parlementaires australiens dans des affaires de corruption impliquant la Chine.” Pékin est perçue de plus en plus comme une menace. “Le président Xi Jinping avait promis à Barack Obama qu'il ne construirait pas d'îlots artificiels en mer de Chine. Cela faisait partie d'un deal”, rappelle par ailleurs Philippe Le Corre, enseignant à l’école d’administration publique de Harvard et membre de la Fondation Carnegie pour la paix internationale. Pékin renforce pourtant sa présence dans la région, et construit bel et bien des îlots qui lui servent de bases militaires et de renseignement. Un sentiment antichinois enfle donc à Canberra, mais aussi à Washington où les tensions se doublent d'un face-à-face économique. L'idée de s'implanter militairement chez son allié australien fait son chemin. “Les États-Unis souhaitent développer une base de sous-marins nucléaires d'attaque sur le flanc ouest de l'Australie, explique le spécialiste de l'indopacifique Emmanuel Veron. Ce serait une sorte de porte-avions, comme la Grande-Bretagne l'avait été pendant la Seconde Guerre mondiale, dans la perspective d'un conflit potentiel avec la Chine dans les 10, 15 ou 20 prochaines années.”

Des « pions » de Washington dans l’administration australienne. 

Ce qui va précipiter la chute du contrat français, c’est la présence d’anciens hauts gradés américains à Canberra. Dès 2016, l'implication des États-Unis dans la politique militaire de l'administration australienne est perceptible. L'État-major de la Marine australienne a pour conseiller Donald Winte, l’ancien secrétaire à la Marine américaine sous Barack Obama. Le comité consultatif de construction navale australien compte également parmi ses membres un certain nombre d'anciens amiraux de la marine américaine qui sont autant de relais pour Washington. Tandis que de l'autre côté de l'Atlantique, un autre homme clé œuvre en sous-main. Il s'agit de Kurt Campbell, l'ancien chef des Opérations navales au Pentagone sous les administrations Bush père et Clinton. Il est aujourd'hui Conseiller à la sécurité nationale du Président, mais il est surtout considéré comme le principal stratège de la politique américaine en Asie depuis près d'une décennie. Il a déjà réussi à convaincre le Président Biden d'intensifier sa présence militaire dans le Pacifique, et plus particulièrement en Australie pour endiguer la Chine. Ce sont ces hommes clés qui vont travailler en sous-main pour écarter la France. Leur travail sera facilité en 2018 par la nomination d’un nouveau Premier ministre Australien, Scott Morrison, qui ne se sent plus engagé par les promesses de son prédécesseur.

Le piège se referme. 

En mars 2021 une réunion secrète a lieu dans les locaux du Haut-commissariat d’Australie à Londres, entre les autorités australiennes et le patron de la marine anglaise. “Tony Radakin, le chef de la Marine royale britannique, a été invité à l'improviste, relate Larissa Brown, spécialiste des questions de défense au Times. Il n'avait aucune idée de ce qu’on voulait lui dire. Il a alors rencontré Michael Noonan, le vice-amiral de la Marine royale australienne.” C'est là que, pour la première fois, Canberra aurait évoqué la possibilité d’évincer la France pour développer une flotte de sous-marins à propulsion nucléaire. Aux yeux des Australiens, le Royaume-Uni semble être un interlocuteur intéressant à double titre :  il se sent redevable vis-à-vis des États-Unis, qui l'avait aidé à terminer la construction de ses propres sous-marins nucléaires. Et Boris Johnson, empêtré dans le Brexit et dans la pandémie du Covid, rêve de renforcer une alliance avec ses alliés américains qui avait perdu de son lustre sous les présidences Obama et Trump.

Dans cette nouvelle alliance qui se dessine, chacun pense s’y retrouver. Les Australiens seront mieux protégés face à la Chine, les Américains renforceront leur position dans la région indopacifique, et le Premier ministre anglais espère alors redorer son blason en remportant une victoire diplomatique. “Boris Johnson était extrêmement satisfait de ce qu'il a présenté comme la plus grande avancée dans les relations stratégiques pour la Grande-Bretagne depuis des décennies, analyse Larissa Brown. Il a pu renforcer ses relations avec les États-Unis après avoir quitté l'Union européenne.” Mais dans cette alliance baptisée “Aukus” Londres espère faire plus que de la figuration. À peine 48 heures après l’annonce de l’abandon du contrat français, les groupes anglais BAE system et Rolls Royce se sont positionnés pour équiper les futurs sous-marins.

Les signes avant-coureurs. 

Avant d’en arriver là, un certain nombre d’alertes ont eu lieu. Juste après la signature du “contrat du siècle” une fuite de 22 000 documents détaillant les plans des systèmes de torpilles et de communications d'un autre modèle de sous-marins français vendu à l'Inde, le Scorpène, atterrissent dans la presse australienne. Une tentative de déstabilisation qui résonne, avec le recul, comme une première mise en garde. Début 2020, nouvelle alerte. Le gouvernement australien s'inquiète de ce que le programme français a pris neuf mois de retard. En pleine pandémie, du 6 février au 6 mars 2021, le nouveau PDG de Naval Group, Pierre Éric Pommellet, se rend en Australie. Après 3 semaines de quarantaine, il rencontre ses interlocuteurs australiens et repart rassuré. Mais les négociations secrètes entre Londres, Canberra et Washington vont toujours bon train. En juin 2021, alors qu’Emmanuel Macron participe au G7 en Cornouailles, ni Boris Johnson, ni Joe Biden ne l'informent de ce qui est en train de se tramer. Une réunion secrète a lieu entre les Américains, les Anglais et les Australiens pour sceller le sort du contrat français, alors même que le président de la République française se trouve à deux pas de là.

Les masques tombent finalement le 15 septembre 2021, date à laquelle la Maison Blanche annonce son nouveau pacte avec les Australiens et les Britanniques. “Il est normal qu'ils aient gardé le secret très longtemps, explique Larissa Brown. Les Australiens ne voulaient rien révéler tant qu'ils ne seraient pas certains du résultat. Or ils n'étaient pas sûrs à 100% que les Américains les suivraient jusqu’au bout.” Une fois l’affaire rendue publique, à Washington, l’adjoint de Kurt Campbell, Rush Doshi, poste un tweet que le grand public n’aura pas repéré mais qui en dit long, avec ces simples mots : “Six mois de travail acharné !”. Tweet qu’il supprimera par la suite. Six mois, c’est donc le temps qu’il aura fallu pour torpiller le contrat français.

Une impression de déjà-vu. 

Ce n’est cependant pas la première fois que la France est écartée par les États-Unis d’un contrat de ce type. Dans les années 80, Paris espérait vendre ses sous-marins nucléaires d'attaque au Canada. Les négociations semblaient en bonne voie. “La marine canadienne, comme le pouvoir politique, étaient tout à fait convaincus de l'intérêt de cette solution”, se souvient Max Moulin, ingénieur en génie atomique et Capitaine de Vaisseau. “Jusqu'au moment où les Américains sont intervenus en faisant une contreproposition de prêt ou de mise à disposition de sous-marins nucléaires américains. Les Canadiens ont alors laissé tomber le contrat français. Sauf qu’“ils n'ont jamais eu de retour de la part des Américains, et ils ont finalement dû acheter des sous-marins classiques d'occasion britanniques qui n'étaient pas en bon état.”  L’histoire se répètera-t-elle ? Rien n’est moins sûr. (franceinfo)

 

20 septembre 2021

 

Mémoire. Guerre d’Algérie. 

Le Président de la République reçoit à l’Elysée des personnalités porteuses de la mémoire des Harkis et autres membres des formations supplétives en reconnaissance des sacrifices qu’ils ont consentis.

Il demande pardon et annonce un « chantier de réparation ».

 

21 septembre 2021

 

DRM (Direction des Renseignements Militaires)

Le général Eric Vidaud est nommé directeur de la DRM. 

 

17 octobre 2021

 

Mémoire. Guerre d’Algérie. 

Le Président de la République se rend au pont de Bezons, près de Nanterre pour commémorer la manifestation du 17 octobre 1961. 

 

9 novembre 2021

 

COMEDEF.

Organisation par le Comité d’éthique de la Défense d’un colloque sur « Les enjeux de l’autonomie des systèmes d’armes létaux ». Il est organisé avec le centre de recherche de l’académie militaire de Saint- Cyr Coëtquidan en partenariat avec la Croix-Rouge française.

 

10 décembre 2021

 

Mémoire. Guerre d’Algérie.

La ministre de la Culture, Roselyne Bachelot annonce l’Ouverture des archives relatives aux enquêtes judiciaires de gendarmerie et de police en rapport avec la guerre d’Algérie. 

L’arrêté est publié le 22 décembre 2021. 

 

2022

 

19 janvier 2022

 

Contrat d’armement Grèce. La Grèce réceptionne ses 6 premiers avions Rafale au standard F3R

 

Mémoire. Guerre d’Algérie. 

Dans ses vœux prononcés aux armées à Haguenau sur le camp d’Oberhoffen, le Président de la République annonce qu’un hommage sera rendu aux appelés d’Algérie le 18 octobre 2022 date anniversaire de la loi reconnaissant officiellement la « guerre d’Algérie. » (18 octobre 1999)

 

20 - 21 janvier 2022

 

Mémoire. Guerre d’Algérie. 

Tenue d’un colloque international sur la guerre d’Algérie à la Bibliothèque nationale et à l’Institut du Monde arabe. 

 

25 janvier 2022

 

Mémoire. Guerre d’Algérie. 

Après l’Assemblé Nationale, le Sénat adopte un projet de loi de reconnaissance et de réparation pour les Harkis. 

La loi est promulguée le 23 février 2022. 

 

26 janvier 2022

 

Mémoire. Guerre d’Algérie.

Le Président de la République reçoit à l’Elysée les représentants des rapatriés d’Algérie, ainsi que d’autres personnes concernées par les mémoires de la colonisation et de la guerre d’Algérie.

A cette occasion, il tient à reconnaître le caractère impardonnable pour la République du drame de la rue d’Isly à Alger le 26 mars 1962. 

 

6 février 2022

 

OPEX. Opération Takuba. 

L’Etat-major français annonce qu’une opération conjointe entre la force Takuba et l’armée malienne, en cours depuis le 1er février, dans la zone des trois frontières (Mali, Niger, Burkina-Faso) a permis de neutraliser une trentaine de djihadistes. 

L’Etat-major a indiqué que c’est la première fois qu’une unité malienne engagée auprès de Takuba obtenait un tel bilan. 

 

5 février 2022.

 

Mémoire. Guerre d’Algérie.

Inauguration d’une stèle à Amboise (lieu d’internement) en hommage à l’émir Abd-el-Kader. D’autres lieux de mémoire devraient suivre afin de constituer un réseau des lieux de mémoire de l’histoire de la France et de l’Algérie. 

 

8 février 2022

 

Mémoire. Guerre d’Algérie.

Le préfet de police de Paris, dépose, au nom du Président de la République, une gerbe sur la tombe des 9 victimes de la répression de la manifestation pour la paix et l’indépendance en Algérie (manifestation au métro Charonne le 8 février 1962)

 

10 février 2022

 

OPEX. Opération Barkhane.

Après des attaques terroristes, la veille, dans le parc naturel W au Bénin (9 morts dont un ancien militaire français et 12 blessés), les militaires de Barkhane ont intercepté le groupe terroriste auteur des attaques au Burkina Faso, neutralisent 40 djihadistes. 

Cette opération s’est effectuée en deux temps :

  • Dans un premier temps, une première colonne a été repérée et traitée par un drone Reaper, neutralisent une dizaine de terroristes. 

  • Dans un deuxième temps, l’engagement d’une patrouille de Mirage 2000 a permis de réduire trois autres groupes terroristes. Un pick-up et une dizaine de motos ont été détruits. 

 

23 février 2022

 

Mémoire. Guerre d’Algérie. Législation. 

Loi portant reconnaissance de la Nation envers les harkis et les autres personnes rapatriées d'Algérie anciennement de statut civil de droit local et réparation des préjudices subis par ceux-ci et leurs familles du fait de l'indignité de leurs conditions d'accueil et de vie dans certaines structures sur le territoire français

Elle a été publiée au Journal officiel du 25 février 2022

Le projet de loi avait été présenté au Conseil des ministres du 3 novembre 2021 par Florence Parly, ministre des armées, et par Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée chargée de la mémoire et des anciens combattants. Il avait été adopté en première lecture, avec modifications, par l'Assemblée nationale le 18 novembre 2021, puis par le Sénat le 25 janvier 2022. Le 9 février 2022, l'Assemblée nationale avait adopté le projet de loi, dans sa version élaborée par la commission mixte paritaire le 1er février. Le 15 février 2022, le Sénat l'avait définitivement voté.
 Le gouvernement avait engagé la procédure accélérée sur ce texte.

La loi a été annoncée par le chef de l’Etat le 20 septembre 2021 lors d’une rencontre à l’Elysee avec des représentants des harkis. Elle s'inscrit dans le prolongement du processus de reconnaissance et de réparation de la communauté harkie, engagé par le président Jacques Chirac il y a plus de vingt ans.

La reconnaissance de la Nation envers les harkis.

La loi exprime la reconnaissance de la Nation envers les harkis, les moghaznis et les personnels des diverses formations supplétives et assimilés de statut civil de droit local qui ont servi la France en Algérie et qu’elle a "abandonnés" lors du processus d’indépendance de l'Algérie.

Elle reconnait également la responsabilité de l'État dans les conditions indignes de leur rapatriement et de leur accueil dans des "structures de toute nature" en France, après les accords d’Évian du 19 mars 1962.

90 000 harkis et leurs familles ont fui l’Algérie après l’indépendance.

Un droit à réparation pour certains harkis et leurs familles. 

La loi ouvre un droit à réparation pour les seuls harkis et leurs familles qui ont séjourné dans des camps de transit et des hameaux de forestage entre le 20 mars 1962 et le 31 décembre 1975.

Cette réparation prendra la forme d'une indemnité forfaitaire tenant compte de la durée du séjour dans ces structures. La liste des structures et le barème seront fixés par décret. Selon l'étude d'impact du projet de loi, ce barème serait fixé à 2 000 euros pour un séjour de moins de trois mois, à  3 000 euros pour un séjour entre trois mois et un an, augmentés de 1 000 euros par année supplémentaire en camp ou en hameau. Les demandeurs n'auront pas à prouver un préjudice particulier.

Selon le gouvernement, 50 000 personnes pourraient bénéficier de cette indemnisation, pour un montant d'environ 310 millions d’euros sur six ans.

Une nouvelle commission nationale de reconnaissance et de réparation. 

Une commission nationale de reconnaissance et de réparation des préjudices subis par les harkis et leur famille est instituée auprès du Premier ministre (le texte initial prévoyait son rattachement à l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre - ONACVG).

Cette commission, dont les missions ont été étendues par les parlementaires et le gouvernement au cours de l'examen du texte, sera chargée :

  • de statuer sur les demandes de réparation des harkis et de leur famille qui ont séjourné dans des camps de transit et des hameaux de forestage ;

  • de proposer d'étendre la liste des structures de séjour ouvrant droit à la réparation (il s'agissait d'une demande forte des parlementaires. Certaines familles rapatriées en effet ont été logées en milieu ouvert, au sein de bidonvilles ou de cités urbaines) ;

  • d'entendre à leur demande les anciens combattants harkis, d'examiner leur situation et de leur proposer toute mesure de reconnaissance appropriée ;

  • de contribuer au recueil et à la transmission de la mémoire de l'engagement envers la Nation des harkis et de leurs conditions de rapatriement et d'accueil en France ;

  • de signaler à l'ONACVG  toute situation individuelle particulière, nécessitant un accompagnement social adapté ;

  • de proposer de faire évoluer les mesures de reconnaissance et de réparation existantes envers la communauté harkie ;

  • de publier un rapport annuel d’activité, qui rendra notamment compte des témoignages recueillis.

L' ONACVG assistera la commission de reconnaissance et de réparation dans ses missions et instruira les demandes de réparation.

La journée nationale d’hommage aux harkis consacrée.

À l'initiative des parlementaires, la loi consacre la "journée nationale d’hommage aux harkis, aux moghaznis et aux personnels des diverses formations supplétives et assimilés en reconnaissance des sacrifices qu’ils ont consentis et des sévices qu’ils ont subis du fait de leur engagement au service de la France lors de la guerre d’Algérie".

Cette journée célébrée le 25 septembre de chaque année était déjà prévue par un décret du 31 mars 2003. Cette journée rendra également "hommage aux personnes qui ont porté secours et assistance" aux harkis à l’occasion de leur rapatriement et de leur accueil en France.

La situation des veuves de harkis. 

Des dispositions sur les veuves de harkis complètent le texte. Les conditions de délai pour demander l'allocation viagère sont modifiées et le bénéfice de cette allocation est étendu aux veuves dont le conjoint s'était installé dans un pays de l'Union européenne autre que la France

 

26 février 2022

 

OPEX. Mali. 

Dans la nuit du 25 au 26, les forces françaises neutralisent un chef djihadiste de haut rang, Abou Ammar al Jazairi. D’origine algérienne, Abou Ammar Al Jazairi était un cadre important d’’AQMI. Coordonnateur financier du groupe, il avait commencé sa carrière djihadiste en 1994 en s’engageant dans les rangs du Groupe islmaniste armé (GIA), avant de poursuivre une carrière dans de nombreux groupes. 

Après avoir été formellement identifié dans un petit campement à 100 km au nord de Tombouctou, il a été neutralisé par une opération engageant des troupes au sol appuyées par un hélicoptère Tigre et deux drones français. 

Au niveau militaire cette neutralisation a au moins deux conséquences :

  • Un affaiblissement de l’Etat-major d’AQMI qui perd un cadre expérimenté. 

  • Un isolement encore plus important du chef du JNIM Iyad ag Ghali dont dépend AQMI. 

 

14 mars 2022

 

Mémoire. Unité

Le 1er RCP reçoit la croix de la Valeur militaire avec étoile de vermeil pour son action lors de l’opération Sangaris en Centrafrique entre 2013 et 2016. Il s’agit de sa 15e citation. 

  • Croix de guerre 39/45 : 2 citations

  • Croix de guerre des TOE (Indochine) : 8 citations. 

  • Croix de la Valeur militaire : 5 citations. 

 

15 mars 2022

 

Mémoire. Guerre d’Algérie.

Le Président de la République, fait déposer en son nom par l’ambassadeur de France en Algérie, une gerbe sur la stèle érigée à Alger en l’honneur de l’écrivain algérien Mouloud Ferraoun. Il avait été assassiné par l’OAS le 15 mars 1962.

 

22 mars 2022

 

Mémoire. Guerre d’Algérie.

Une commission nationale indépendante va recueillir la parole des Harkis, leur manifester la reconnaissance de la République et leur accorder les réparations prévues par la loi.

Comme le Président de la République en avait exprimé le souhait le 20 septembre 2021, la loi de reconnaissance et de réparation envers les Harkis, adoptée par le Parlement, a été promulguée le 23 février 2022. Cette loi installe auprès du Premier ministre une commission nationale indépendante qui a pour mission de recueillir la parole des Harkis, leur manifester la reconnaissance de la République, et leur accorder les réparations prévues par la loi.

Ainsi se concrétise l’engagement pris par le Président de la République, après la demande de pardon au nom de la République formulée envers ces soldats qui ont combattu au sein de l'armée française et qui furent presque tous abandonnés par la France après la fin de la guerre d’Algérie.

Indépendante, cette commission nationale pourra aussi proposer au gouvernement une évolution des dispositifs de soutien, de reconnaissance et de réparation en vigueur, en vue de les ajuster autant que nécessaire à la singularité de destin des Harkis. Elle aura aussi pour objet de contribuer au travail de mémoire, afin de reconnaître à ces combattants et à leurs familles toute la place qu’ils méritent dans notre récit national. 
  Cette commission, dont l’ambition est de contribuer à la constitution d’une mémoire commune et apaisée, se doit d'être placée sous l’autorité d’une personnalité éminente. Le Président de la République a donc demandé à Monsieur Jean-Marie BOCKEL d’en assurer la présidence. Son expérience personnelle et professionnelle au service du bien commun, comme officier, comme élu et comme ministre de la République, lui confèrent l’autorité et la légitimité pour assumer la mission qu’il a bien voulu accepter.

Le Président de la République l’assure de sa reconnaissance, de sa confiance et exprime sa détermination à agir sans relâche pour que les Français puissent regarder ensemble leur histoire et faire vivre la Nation qu’ils transmettront à leurs enfants.

(Communiqué de presse de l’Elysée)

 

3O mars 2022

 

DRM (Direction des Renseignements Militaires)

Le général Eric Vidaud (nommé le 21 septembre 2021), directeur de la DRM, va quitter ses fonctions à la suite de ce qui a été jugé comme une insuffisance de ses services sur l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Il lui est reproché, au contraire des Américains, de ne pas avoir pressenti l’invasion. 

Mais une source militaire précise, à sa décharge, que la DRM « fait du renseignement militaire sur les opérations, pas sur l’intentionnalité. » 

Une gestion de la crise ukrainienne contestée.

Selon une source militaire contactée par l'AFP, la direction du renseignement militaire français était dans le viseur de l'état-major des armées depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Et pour cause, la France n'avait pas vu venir l’attaque du 24 février.

"Les Américains disaient que les Russes allaient attaquer, ils avaient raison. Nos services pensaient plutôt que la conquête de l’Ukraine aurait un coût monstrueux et que les Russes avaient d’autres options" pour faire tomber le président Volodymyr Zelensky, déclarait publiquement le général Thierry Burkhard, chef d’état-major des Armées, dans Le Monde le 6 mars. Directeur du renseignement militaire, le général Eric Vidaud était à la tête de l'un des services pointés du doigt par le militaire le plus gradé de l'armée française, aux côtés de la DGSE.

Le renseignement américain, lui, avait tiré la sonnette d'alarme dès le début du mois de février, en estimant par exemple que le Kremlin devrait disposer des forces suffisantes pour une invasion à grande échelle à la mi-février. "Si nous voyons les mêmes choses que nos partenaires, nous n’en tirons pas nécessairement les mêmes conclusions", avait répondu la ministre des Armées, Florence Parly, lors de son audition par la commission de la Défense de l’Assemblée nationale le 15 février. Une erreur d'interprétation pourtant pas vraiment imputable à la DRM. "Le général a assuré la partie technique de son renseignement. Ce qu'on lui reproche, c'est peut-être de ne pas avoir dit qu'au vu de ces informations, la Russie allait attaquer, mais ce n'est pas forcément son rôle", analyse une source militaire pour franceinfo.

Avec ce départ, la France "dit en interne, au sein de la communauté et au reste du monde, qu'elle a été défaillante", analyse Alexandre Papaemmanuel, enseignant à Sciences Po Paris et spécialiste du renseignement, auprès de l'AFP. Mais l'expert estime que la DRM ne saurait être la seule à blâmer et qu'elle souffre en particulier de moyens insuffisants, d'un problème d'image et d'une organisation des services en silos qui entrave la communication.

Des critiques plus anciennes. 

Les reproches faits à Eric Vidaud datent d'avant le conflit en Ukraine. En septembre 2021, la France apprend que le contrat passé avec l’Australie en 2016 pour la commande de 12 sous-marins est rompue . Or la DRM a la haute main sur des satellites, des avions et navires espions, des soldats spécialistes de l'infiltration et du renseignement humain. Cet échec dans les renseignements a-t-il pu jouer dans le départ du général Vidaud ? "Si vous voulez tuer un chien, vous dites qu'il a la rage. C'est assez facile d'accuser la DRM, mais elle n'avait rien à faire à Washington" dans l'affaire des sous-marins, répond une source militaire à franceinfo.

Par ailleurs, le manque de clairvoyance de la DRM lors du coup d’Etat au Mali à l'été 2020 a été un autre grand échec du renseignement français. "Mais là, le général Vidaud n'y est pour rien puisqu'il n'était pas en poste à ce moment-là", commente Gérald Arboit, responsable de l'étude du renseignement au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), pour Franceinfo. En effet, Eric Vidaud a été nommé à la DRM l'été dernier, en provenance du Commandement des opérations spéciales (COS).

Des reproches plus personnels. 

Au-delà du conflit ukrainien, la qualité du travail du général Vidaud est mise en cause, a appris franceinfo, confirmant une information de L’Opinion. L'état-major des armées lui reproche un "manque de maîtrise des sujets" et des "briefings insuffisants". Pour Le Point , un officier explique également que le général paie sa "cool attitude". Ce dernier n'accompagnait pas toujours le représentant de la DRM à certaines réunions en haut lieu, par exemple.

Selon une source militaire interrogée par l'AFP, son départ faisait l'objet de rumeurs depuis quelques jours. C'est dans un e-mail que le général, qui allait avoir 56 ans le 3 avril, a finalement appris ne pas être reconduit dans ses fonctions à l'été 2022, révèle L’Opinion. Il a alors décidé de claquer la porte immédiatement, affirme le journal. "Partir avant son 56e anniversaire, c'était garantir une sortie avec divers avantages sociaux", détaille Le Point. 

La piste d’une décision politique. 

La nomination du général Vidaud en septembre 2021 n'est pas intervenue sous les meilleurs auspices. "Le général n'était pas attendu sur ce poste, c'est une décision extérieure aux armées", confie à franceinfo une source militaire, confirmant une information de L'Opinion. Le directeur du renseignement militaire est subordonné à l'état-major des armées, mais aussi à la ministre des Armées.

Son passage dans le cabinet de Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense sous François Hollande (2012-2017), a-t-il pu jouer ? C'est ce que suppose Gérald Arboit, responsable de l'étude du renseignement au Cnam. "Ça peut être un coup d'Etat dans la majorité gouvernementale, puisque c'était un ancien du cabinet de Jean-Yves Le Drian (…) ou simplement [une décision] politique parce qu'on a voulu mettre quelqu'un d'autre à la place."

La piste d'un départ pour désamorcer la crise, après le manque de clairvoyance de la France en Ukraine, est aussi avancée. "Le président a entériné une position française avec le quai d'Orsay et on a trouvé quelqu'un pour lui faire porter le chapeau. Il a payé parce qu'il faut bien que quelqu'un paye", analyse une source militaire à franceinfo. » (Franceinfo)

 

10 avril 2022

 

Elections présidentielles (1er tour)

  • Inscrits : 48.747.876

  • Votants : 35.923.707 (73,79%)

  • Emmanuel Macron (En Marche) : 27,85%

  • Marine Le Pen (Rassemblement National) : 23,15%

  • Jean-Luc Mélenchon (France Insoumise) : 21,95%

  • Eric Zemmour (Reconquête) : 7,07%

  • Valérie Pécresse (Les Républicains) : 4,78%

  • Yannick Jadot (EELV) : 4,63%

  • Jean Lassalle (Résistons) : 3,13%

  • Fabien Roussel (PCF) : 2,28%

  • Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) : 2,06%

  • Anne Hidalgo (PS) : 1,75% 

  • Philippe Poutou (Nouveau Parti anticapitaliste) : 0,77%

  • Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) : 0,56%

 

13 avril 2022

 

Position politique. 

Marine Le Pen, la candidate du Rassemblement national présentait son programme électoral dans le domaine diplomatique et militaire. 

« A l'heure où la guerre revient sur le territoire européen, la candidate RN promet un budget militaire conséquent pour reconstruire une « France-puissance ». Sortie du commandement intégré de l'Otan, modernisation de la force de dissuasion nucléaire, hausse spectaculaire du budget des Armées, Marine Le Pen détaillait, le 11 février dernier lors d'un déplacement à Toulon, un programme de « réarmement assumé ».

La prétendante à l'Elysée promet ainsi d'« aller au-delà de l'actuelle trajectoire financière », en fixant le budget de la Défense à 55 milliards d'euros par an en 2027, contre 40,9 milliards de budget en 2022. La loi de programmation militaire actuelle couvrant la période 2019-2025, qui vise à remonter progressivement jusqu'à 50 milliards de budget en 2025, est qualifiée au Rassemblement national de « pansement ».

Le mythe des « mains libres »

Pour le RN, il faut restituer « à la France son statut de puissance ». Marine Le Pen promet de redonner à la France « les mains libres » et joue sur la fibre de la filiation gaulliste sur le thème de la défense de la France aux Français. Non seulement la candidate ne croit pas à la construction d'une défense européenne, mais elle se targue d'imposer une « diplomatie de la défense » autonome.

Ainsi propose-t-elle la sortie du commandement intégré de l'Otan, jugé trop dominé par les Etats-Unis, tout en promettant la recherche d'une alliance avec la Russie sur la sécurité européenne, la lutte contre le terrorisme et le traitement des grands dossiers régionaux. L'ensemble du programme baigne dans un antiaméricanisme assez partagé dans certains milieux militaires.

Au nom de cette politique des « mains libres », la candidate dénonce le concept d’autonomie stratégique défendu par son adversaire Emmanuel Macron. Elle déclare qu'elle mettra fin aux programmes d'armement engagés en coopération avec l'Allemagne en 2017, notamment sur l'avion et le char du futur, qui « ne correspondent pas à sa vision d'une défense souveraine ». La candidate juge ainsi irréversibles les divergences de vues doctrinale et industrielle entre Paris et Berlin, alors qu'elle se montre plus ouverte à la reprise de coopérations avec le Royaume-Uni.

Ni Europe, ni OTAN. 

Elle propose aussi non pas de quitter l'Otan, mais de quitter son commandement intégré, soit la structure de commandement militaire de l'organisation, qui s'occupe de planification opérationnelle, des normes d'interopérabilité et de stratégie industrielle. Il ne s'agit donc pas de quitter l'organisme politique de l'Otan, le conseil de l'Atlantique Nord.

Pour les experts, cette proposition n'a cependant guère de sens. En 2022, mieux vaut être dans le commandement intégré pour savoir ce qui s'y passe et pouvoir influencer les décisions, que d'être à l'extérieur. Certes, le général de Gaulle l'avait boudé, mais c'était en 1966… Et lorsque Nicolas Sarkozy a décidé de la réintégration de la France dans cette structure, il s'agissait bien de pouvoir observer, participer, comprendre et influencer cette bureaucratie otanienne, afin de vérifier qu'elle ne joue pas des cartes antieuropéennes ou anti-françaises.

Le départ promis dès cette année ne paraît d'ailleurs plus très réaliste. Il serait vécu comme très hostile par tous nos voisins européens, tout en nous privant de tout moyen d'influence. « La vraie évolution est de construire des positions européennes fortes à l'intérieur de l'Otan ou alors il nous faudrait assumer notre solitude », rappelle Jean-Pierre Maulny, directeur adjoint de l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Avec le retour de la guerre en Europe, tourner le dos à l'Otan et à nos voisins européens ne paraît guère être une option très prudente. » (Anne Baue)

 

19 avril 2022

 

OPEX. Mali. 

L’armée française évacue la base de Gossi qu’elle remet aux autorités maliennes. 

 

22 avril 2022

 

OPEX. Mali. 

L’armée française accuse le groupe de mercenaires Wagner d’une tentative de « décrédibilisation ». Elle publie une vidéo prise à l’aide d’un drone où l’on voit des soldats de type caucasien s’affairer autour de cadavres qu’ils recouvrent de sable près de la base de Gossi rendue 3 jours plus tôt. Le but de cette manipulation serait d’accuser la France de laisser des charniers derrière elle. 

 

24 avril 2022

 

Elections présidentielles (1er tour)

  • Inscrits : 48.752.339

  • Votants : 35.096.478 (71,99%)

  • Emmanuel Macron (En Marche) : 58,55%

  • Marine Le Pen (Rassemblement National) : 41,45%

 

Date de création : 1er avril 2022

9e modification : 9 mai 2022



03/04/2022
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