Messenger (Charles). Atlasde la 2e Guerre mondiale : Europe

ATLAS DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE EN EUROPE.

 

 

Charles Messenger, Autrement Atlas des guerres, 1999, 222 pages

 

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Chapitre 1. La marche vers la guerre (1919-1939).

 

Les doctrines militaires.

 

            France. Supériorité de la valeur défensive du poilu qui débouche sur une politique militaire de défense statique (la ligne Maginot).

 

            Grande-Bretagne. Définition d'une politique de contrôle des territoires par les forces aériennes (R.A.F).

 

            Allemagne. Dès la République de Weimar, tout est mis en œuvre pour contourner le traité de Versailles (accords d'entraînement en Russie, réarmement secret). Le ministère de la guerre prévoit une guerre plus mobile qu'en 1914 et s'intéresse aux théories sur l'emploi des blindés. Enfin développement du concept de la fuhrerarmée selon lequel les soldats sont entraînés à remplir des fonctions hiérarchiques supérieurs à leur grade, en cas de besoin.

 

            Russie. Après d'intenses débats sur la forme de l'armée rouge, c'est le concept de la puissance et de la mobilité qui l'emporte (Mikhail Erounze et Mikhail Toukhatchevski). L'idéal était l'encerclement de l'ennemi par des attaques de blindés et de cavalerie. Si les flancs de l'adversaire étaient trop solides, des opérations de percée seraient menées. Elles auraient l'appui de l'artillerie et de l'aviation. Mais la ressource principale restait le fantassin. 

 

Mais développement de conceptions plus novatrices.

 

            Dans l'aviation, le général italien Gulio Douhet voit en l'aviation un moyen de frapper au cœur du territoire ennemi, détruire son industrie, menacer son gouvernement et même atteindre le moral de sa population. 

 

            Dans l'arme blindée, le colonel JFC Fuller et Basil Liddell Hart prévoient une révolution de la guerre terrestre grâce à la mobilité et à l'accélération du rythme des opérations. Mais la plupart des stratèges de l'époque considèrent le char comme une composante d'appui de l'infanterie (USA).

 

La guerre d'Espagne apporta aux Etats-majors des conclusions trompeuses. Les tentatives d'utilisation massive des chars sans appui ayant été décevantes, ils furent confirmés dans leur rôle de soutien de l'infanterie. Le canon antichar privait le char de ses avantages et la défensive semblait supérieure à l'offensive. Le bombardement de Guernica sembla confirmer la domination du bombardier comme instrument de guerre totale.

            Seuls les Allemands ne se fièrent pas à ces premières impressions et poursuivirent tout en les améliorant leurs manœuvres avec l'aviation et les blindés.

  

 Chapitre 2. Le triomphe de la Blitzkrieg (1939-1940).

 

            Pologne.

 

            Lors de l'attaque de la Pologne, les Allemands alignent 2 groupes d'armées rassemblant 40 DI, 6 DB, 2 divisions légères, 4 divisions motorisées. La Luftwaffe aligne environ 1700 appareils avec pour mission de détruire l'aviation polonaise puis d'apporter un appui direct aux forces terrestres sur le champ de bataille, mais aussi en coupant les lignes de communication et d'approvisionnement pour empêcher le déploiement des réserves. L'industrie polonaise était un objectif secondaire. 

 

            Les Polonais alignent 30 DI, 1 brigade blindée, 2 brigades motorisées, 11 brigades de cavalerie. L'aviation dispose de 450 avions de combat. Mais l'armée polonaise souffre de plusieurs handicaps :

                        - L'annexion de la Tchécoslovaquie a allongé la longueur de la frontière obligeant à une défense linéaire.

                        - L'armement et l'équipement sont partout dépassés face aux Allemands (en particulier leurs chars et leurs avions).

 

            15 septembre 1939. Encerclement de Varsovie.

 

            17 septembre 1939. Invasion de la Pologne par l'URSS.

 

            27 septembre 1939. Reddition de Varsovie.

 

            28 septembre 1939. Reddition de 10 divisions polonaises encerclées dans la région de Modlin.

 

            1er octobre 1939. Fin des combats en Pologne.

 

            Finlande.

 

            Le rejet des revendications soviétiques pousse Staline à attaquer la Finlande le 20 novembre 1939. Mais l'armée rouge affaiblie par les purges ne parvient pas à vaincre. Staline nomme le général Semen Timochenko qui réorganise les troupes et entreprend une nouvelle offensive en février 1940. L'aide française et anglaise décidée tardivement arrive trop tard. Les Finlandais sont obligés de traiter avec les soviétiques.

 

            A l'ouest, la rigueur de l'hiver repousse l'offensive de printemps.

 

            Norvège.

 

            La reddition des Finlandais ôte tout motif d'intervention aux alliés qui décident de miner les côtes norvégiennes alors qu'Hitler déclenche l'invasion le 9 avril. En réaction les Anglais préparent une force d'intervention qui  intervient dans une certaine confusion en raison du manque de directives claires et d'un flottement du haut commandement. Bénéficiant d'une supériorité aérienne presque totale, les Allemands forcent les contingents alliés à réembarquer les uns après les autres.  

 

            France.

 

            10 mai 1940, début de l'offensive allemande sur le front ouest. Elle aligne 135 divisions face à :

                        10 divisions hollandaises mal équipées, parcourues de tendances pacifiques.

                        22 divisions belges, manquant d'armes modernes en particulier anti-aériennes.

                        10 divisions britanniques, entièrement motorisées, mais certaines étant partiellement équipées et peu entraînées.

                        104 divisions françaises globalement de bonne qualité.

 

            Les Allemands alignaient 2445 chars et 4000 avions contre 3370 chars français et anglais et 3000 avions. Mais les chars français étaient dispersés dans les unités d'infanterie (sauf 3e DB) et dépourvues de liaisons radio. Les avions alliés étaient surclassés par les appareils allemands.

 

            La plus grande faiblesse des alliés résidait  dans un dispositif préparé à une campagne statique et défensive. Cela se traduisait par une chaine de commandement rigide.

 

            Malgré les succès le haut commandement allemand manifesta de la réticence à laisser les blindés trop s'enfoncer dans les lignes françaises. De plus il fallut les stopper pour laisser reposer les équipages, les ravitailler, les entretenir. La Manche est atteinte le 22 mai encerclant ainsi les armées alliées au Nord.

 

            25 mai 1940. Le gouvernement belge annonce la capitulation, le pays étant presqu'entièrement occupé (occupation totale le 27 mai).

 

            26 mai 1940. Le B.E.F commence à évacuer par Dunkerque : 220.000 Anglais, 120.000 Français et Belges peuvent rejoindre l'Angleterre.

 

            22 juin 1940. La France signe l'armistice avec l'Allemagne. Ceux ci ont gagné au prix de 40.000 hommes. Le secret de cette victoire reposait sur la vitesse et le rythme avec lesquels les opérations avaient été menées, sur la prise et la conservation de l'initiative. Les alliés avaient été incapables d'adapter leurs systèmes de commandement et de communication à la situation. Ils n'avaient ensuite pas su réagir en temps réel, ce qui les avait conduits à une désorganisation complète.

 

            Après cette première phase, l'Angleterre lance une mobilisation générale pour poursuivre la guerre alors que l'Allemagne fonctionne encore presque selon les normes de temps de paix (Hitler ordonne même la dissolution de 17 divisions).

 

            Angleterre.

 

            Après le refus de l'Angleterre de négocier, Hitler lance la bataille d'Angleterre vers le 15 juillet dans le but de s'assurer de la maitrise aérienne pour couvrir un débarquement terrestre. Mais devant l'échec de cette campagne, le projet est abandonné définitivement le 17 septembre 1940.

 

            Pour résister plus efficacement l'Angleterre prend des mesures :

 

                        - Rapprochement avec les USA (principe du prêt bail), rencontre avec les USA et le Canada pour définir une stratégie commune en cas d'entrée en guerre des USA. 

 

                        - Création du SOE chargé de créer des réseaux de résistance dans les pays occupés.

 

                        - Emission d'informations en direction des pays occupés.

 

Chapitre 3. Le rêve de Mussolini : Le théâtre méditerranéen (1940-1941).

 

            Le dessein de Mussolini était de fonder un empire colonial en Afrique du Nord Est. Mais pour cela il lui fallait contrôler l'Egypte, le Soudan et la Somalie britannique. 

 

            Les Anglais ne disposent que de 63.000 hommes pour l'Egypte, la Palestine et l'Irak, 370 avions souvent anciens, plus 10.000 hommes au Soudan et en Somalie.

 

            L'Italie aligne 250.000 hommes en Lybie, 3000.000 dans la corne de l'Afrique, 500 avions plus 1200 autres pouvant arriver rapidement d'Italie. 

 

            Egypte.

 

            15 septembre 1940, offensive italienne sur l'Egypte. Le plan anglais est d'éviter le contact et de reculer jusqu'à Mersa Matrouch où des défenses ont été préparées (elles ont l'avantage de s'appuyer sur la dépression de kattara pratiquement infranchissable). Après 3 jours d'offensive et une progression de 100 km, les Italiens s'arrêtent et se fortifient.  

 

            Les Anglais préparent une contre-offensive qui débute le 9 décembre 1940. C'est un succès qui permet aux  Australiens d s'emparer du port libyen de Bardaia le 4 janvier 1941. La campagne s'achève par la prise de Benghazi par les Anglais le 8 février 1941.  Les Italiens ont perdu 150.000 tués, blessés ou prisonniers, 400 chars, 800 canons. Les Anglais ont perdu 2000 hommes.

 

            La signature d'un accord avec la Grèce oblige les Anglais à dégarnir le front égyptien alors qu'au même moment les Italiens reçoivent le renfort de Rommel et de l'Afrika Korps (12 février 1941). Ce dernier attaque le 24 mars et progresse si rapidement qu'il atteint la frontière égyptienne fin avril 1941.  

 

            A la demande de Churchill, le général Wavell doit à la fois attaquer la Syrie pour la prendre à Vichy, mais aussi attaquer en Lybie pour secourir Tobrouk. L'opération sur Tobrouk échoue principalement à cause de la puissance du canon de 88 allemand (le premier jour de combat, les Anglais perdent 92 chars contre 12 chars allemands). Wavell est remplacé par Sir Auchinlek.  

 

            Une nouvelle offensive pour délivrer Tobrouk débute le 18 novembre 1941. Les Allemands furent surpris mais surtout par la suite, des problèmes logistiques et le renforcement de Tobrouk forcent les Anglais à abandonner la Cyrénaïque et à revenir à leur point de départ du mois de février.

 

            Mais pour les Allemands depuis l'attaque de l'URSS, l'Afrique était devenue un front secondaire alors que pour les Anglais c'était le front prioritaire. 

 

            Grèce.

 

            28 octobre 1940, offensive italienne sur la Grèce à partir de l'Albanie. Mais cette offensive rencontre des difficultés et les Italiens sont rejetés en Albanie. 

 

            Yougoslavie.

 

            Le refus de collaboration de la Yougoslavie avec l'Allemagne provoque le déclenchement de l'opération Marita le 6 avril 1941. En un mois la Yougoslavie et la Grèce sont conquises par les Allemands.

 

            Crète.

 

            20 mai 1941, un assaut aéroporté et 3 jours de combat permettent aux Allemands de s'emparer de la Crête. Les Anglais laissent 10.000 prisonniers et de nombreux navires coulés par la Luftwaffe.  

 

Chapitre 4. Hitler se tourne vers l'Est. La campagne de Russie (1941-1943).

 

            L'Est a toujours été le but ultime d'Hitler :

 

                        - Par profond dégout pour le bolchevisme russe.

           

                        - Pour donner à l'Allemagne son « espace vital ».

 

            L'invasion est prévue pour le mois de mai 1941, mais deux éléments vont la retarder.

 

                        - L'invasion de la Yougoslavie et de la Grèce (qui détourne une partie du ravitaillement nécessaire à Barbarossa).

 

                        - L'arrivée tardive du printemps russe.

 

            En face, malgré des indices indiquant les volontés allemandes, il semble que les soviétiques n'étaient pas prêts à une ouverture des hostilités. Les premières semaines ne sont qu'une suite d'éblouissants succès, surtout dans la steppe où les blindés allemands ne rencontrent aucun obstacle. Ils ont parfois 10 jours d' »avance sur l'infanterie allemande encore peu motorisée.   

 

            Lorsque Staline s'adresse pour la première fois au peuple russe le 3 juillet, les forces soviétiques ont perdu la presque totalité de leur aviation et plus de 600.000 hommes soit le tiers de l'effectif du théâtre d'opération.  

 

            L'implication d'Hitler dans les opérations entraîne une certaine confusion dans le haut commandement allemand. Le 19 juillet, l'objectif de la campagne change. Leningrad et l'Ukraine deviennent prioritaires à la place de Moscou.

 

            De son côté Staline prend lui aussi en main la direction des opérations en créant un Etat major directement  sous ses ordres, la stavka. Il était composé d'officiers aguerris qui étaient délégués là ou cela était nécessaire.

 

            Leningrad est atteinte par l'armée allemande, début septembre 1941, alors que les Finlandais déclarent la guerre à l'URSS et lancent une offensive pour récupérer les territoires perdus en 1940. Le 22 juillet 1941, Moscou avait subi sa première attaque aérienne menée par 127 appareils.    

 

            5 septembre 1941, Hitler change de nouveau d'avis et redonne la priorité à la prise de Moscou. L'offensive est lancée le 30 septembre avec des conditions météo dégradées qui vont ralentir la progression. Des retards vont permettre aux soviétiques de renforcer leurs défenses. Dans la nuit du 4 au 5 décembre la température chute à – 35° gelant les moteurs et les armes. Cela oblige Hitler à ordonner des  replis sur des positions plus faciles à défendre.

 

            Toutes les ressources soviétiques sont mises à contribution. Des femmes servent au front comme servant de mitrailleuses, équipage de char, pilote de bombardier.

 

            Au début de l'année 1942 les soviétiques lancent des contre offensives pour maintenir l'armée allemande sous pression. En février, 90.000 Allemands sont encerclés autour de Demiansk. Mais ils peuvent être soutenus, jusqu'à leur libération,  par la Luftwaffe.

 

            Au printemps 1942, Hitler prépare une nouvelle offensive avec pour objectif prioritaire le contrôle des champs pétrolifères du Caucase (opération bleue). Le groupe d'armées sud devait être divisé en deux groupes d'armées A et B.

                        Le groupe A attaquerait au nord de Kharkov puis interviendrait au sud est entre le Donets et le Don.

                        Le groupe B frapperait à la jonction de ces deux fleuves pour rejoindre le groupe A, après quoi l'axe de progression se tournerait au sud vers le Caucase. Une action secondaire dirigée contre la ville de Stalingrad (Volga) assurerait la protection des flancs de l'avancée principale.

            L'offensive est déclenchée le 30 juin 1942.

 

            Stalingrad. Les faubourgs de la ville sont atteints le 10 août. Mais la ville devient vite un symbole et les combats sont d'autant plus acharnés.

                        19 novembre 1942, contre attaque russe.

                        23 novembre 1942, encerclement de la 6e armée allemande de Von Paulus. Hitler interdit toute retraite.

                        Début février 1943, capitulation des Allemands de Stalingrad. 

            La bataille a couté aux Allemands 110.000 morts et 90.000 prisonniers, aux Russes 500.000 hommes. Mais l'Allemagne avait subi une défaite décisive. Dès ce moment les armées allemandes sur le front de l'Est se trouveraient en permanence en situation défensive.

 

Chapitre 5. Le second front : L'Europe de l'Ouest et la Méditerranée (1942-1943).

 

            A partir de décembre 1941, une série de conférences à lieu entre Anglais et Américains (Arcadie) pour déterminer la stratégie à suivre. Finalement contre l'avis de ses amiraux, Roosevelt décide de donner la priorité à la défaite de l'Allemagne. Pour cela il est décidé :

 

                        - Une invasion de l'Europe à partir de la Grande-Bretagne.

 

                        - La poursuite du blocus naval et des bombardements stratégiques de l'Allemagne.

 

                        - La livraison d'armes à l'URSS pour la maintenir en guerre (par l'Iran, la Sibérie et les ports d'Arkhangelsk et Mourmansk).

 

            En Afrique à partir du 26 mai 1942, Rommel reprend l'avantage, s'empare de Tobrouk et pousse jusqu'à El Alamein. La tactique allemande est supérieure grâce à l'utilisation de kampfgruppe (groupe de combat), formations ad hoc de chars, d'infanterie et d'artillerie mécanisée qui peuvent être reconfigurées selon les situations tactiques spécifiques.

 

            Durant cette période les alliés envisagent diverses opérations : 

 

                        - Round up, invasion des côtes de la Manche.

                        - Gymnast, débarquement en Afrique du Nord.

                        - Sledgehammer, établissement d'une redoute en France avec 6 divisions pour soutenir l'URSS en cas de difficultés.

                        - Jupiter, débarquement en Norvège.

 

            Finalement pour la fin de l'année 1942, c'est le projet Gymnast rebaptisé Torch qui est retenu.

 

            2 novembre 1942. Défaite de Rommel à El Alamein.

 

            8 novembre 1942. Début de l'opération Torch.

 

            9 novembre 1942. Début des combats pour le contrôle de la Tunisien.

 

            Mi janvier 1943, conférence de Casablanca entre Churchill et Roosevelt. Il est décidé que la victoire ne pourra être acquise que par la reddition inconditionnelle de l'Italie, de l'Allemagne et du Japon. Il est décidé d'accentuer la chasse aux U-Boat dans l'Atlantique et de lancer les bombardiers stratégiques américains contre l'Allemagne (industries de guerre, mais aussi pour saper le moral de la population). Le prochain objectif est l'Italie via la Sicile. 

 

            11 mai 1943. Reddition des forces de l'Axe en Tunisie. Les Alliés capturent 240.000 prisonniers.   « Si Stalingrad fut la clef de voute de la guerre sur le front de l'Est, on peut dire que la Tunisie joua ce rôle sur le front Ouest. Car, avec une Afrique du Nord débarrassée des forces de l'Axe, l'assaut sur l'Europe occidentale pouvait désormais être envisagé. La campagne de Tunisie fut aussi la première de la IIe Guerre mondiale où Anglais et Américains combattirent côte à côte. Enfin elle fut l'occasion de tirer des leçons enrichissantes pour la suite, notamment concernant l'usage des chars. »

 

            10 juillet 1943. Débarquement allié en Sicile.

 

            8 septembre 1943. Armistice avec l'Italie (Mussolini a été arrêté le 25 juillet par le Grand Conseil fasciste).

 

Chapitre 6. La libération de la Russie (1943-1944).

 

            Après Stalingrad et 20 mois de combats, l'armée soviétique a été entièrement réorganisée. Désormais l'accent est mis sur une concentration maximale des blindés et de l'artillerie. De plus des armées de 200 à 300 avions sont allouées aux fronts. Désormais tous les efforts se tournent vers la percée :

                        - Pilonnage d'artillerie durant lequel de petites attaques recherchent le point faible de l'ennemi.

                        - Percée assurée par l'infanterie appuyée par les chars.

                        - Une fois la percée obtenue les chars foncent le plus rapidement possible pour aller le plus loin possible.

            Les percées étaient effectuées autant que possible en plusieurs endroits pour déstabiliser les réserves allemandes. Les soviétiques utilisaient aussi la technique des offensives tournantes. Dès qu'une offensive perdait de son impulsion, une autre était lancée ailleurs. Des diversions étaient effectuées et les actions de partisans à l'arrière du front allemand étaient coordonnées.

 

            Au début de l'année 1943, Hitler ayant remarqué l'énorme saillant de Koursk décide de le réduire en espérant infliger de lourdes pertes aux soviétiques (opération Citadelle). Mais les Russes eurent connaissance de l'opération et Staline décida de renforcer les défenses derrière lesquelles seraient concentrés des blindés en vue d'une contre attaque. 

 

            La bataille de Koursk débute le 4 juillet 1943. Elle engage 900.000 Allemands et 2.500 chars et canons d'assaut face à 1.300.000 soviétiques et 3000 chars.

 

            Le 13 juillet, devant la lourdeur des pertes et le peu de résultats obtenus, Hitler est obligé de mettre fin à l'op&ration citadelle. La victoire de Koursk marque pour les soviétiques le début d'une série d'attaques tournantes sur tout le front de l'Est qui ne laissèrent aucun répit aux Allemands.

 

            26 janvier 1944. Fin du siège de Leningrad après 900 jours.

 

            Fin janvier 1944. Les Russes atteignent la frontière russo-polonaise de 1939.

 

            21 juin 1944. Début de l'opération russe Bagration visant la destruction du groupe d'armée Centre qui formait un saillant important adossé au sud aux marais du Pripet. En cas de succès, elle permettait de libérer la Pologne. Les Russes alignent 1.254.000 hommes, 2715 chars, 1355 canons d'assaut et plus de 24.000 pièces d'artillerie diverses face à 500.000 hommes et 630 chars répartis sur un front de 1000 km. Le front fut rapidement rompu et 3 semaines plus tard, l'équivalent de 28 divisions allemandes était détruit.

 

            1er août 1944. A l'approche du 1er front biélorusse du général Rokossovki, insurrection  de l'armée secrète polonaise du général Bor-Komorowski dans le ghetto de Varsovie. Mais la progression russe s'arrête et les Polonais devront se battre seuls jusqu'au 1er octobre date de leur reddition. 

            « Cette incapacité des Russes à apporter en temps voulu une aide à l'armée de l'intérieur doit, en dépit des dénégations d'historiens soviétiques, être mise au crédit de Staline. Il est raisonnable de penser que Rokossovki aurait pu forcer le passage de la Vistule, mais que Staline lui a interdit, voyant dans la présence d'une force clandestine organisée ne répondant qu'aux Polonais de Londres un obstacle à l'instauration d'un Etat de type communiste en Pologne. »

 

            23 août 1944. Capitulation de la Roumanie.

 

            9 septembre 1944. Capitulation de la Bulgarie.

 

            19 septembre 1944. Armistice entre la Finlande et l'URSS.

 

            Octobre 1944. Entrée des soviétiques dans Belgrade.

 

Chapitre 7. Le Nord Ouest de l'Europe et l'Italie (1944).

 

            A la fin de l'année 1943, le front italien devient secondaire par rapport à la Normandie qui devient prioritaire. Le général Eisenhower est nommé commandant suprême des alliés, l'amiral Bertram Ramsay commandant des forces navales, Sir Trafford Leigh Mallory commandant des forces aériennes, le général Montgomery commandant des forces terrestres et Sir Arthur Tedder est adjoint au commandant suprême.

 

            Italie.

 

            La tentative de débarquement à Anzio pour contourner la ligne Gustav est un échec. Celle-ci doit donc être attaquée de front. Les combats se concentrèrent autour du mont Cassin, mais les pertes alliées furent très lourdes.

 

            12 mai 1944, opération Diadème permet enfin de forcer la ligne Gustav. Rome est libérée le 5 juin 1944.

 

            A partir de septembre, des opérations pour tenter de forcer la ligne gothique échouent et doivent s'arrêter fin décembre 1944.

 

            France.

 

            Après le débarquement en Normandie, les alliés sont longtemps retardés par les défenses allemandes dans le bocage. La percée hors de Normandie ne commence que le 25 juillet. La première tête de pont sur la Seine est établie le 19 août. Le même jour débute le soulèvement de Paris qui est libérée le 25 août.

 

            Après la libération de Paris, les alliés sont confrontés à un réel problème de logistique, seul le port de Cherbourg étant utilisable. Pour l'alimentation en carburant, une noria de camions est mise en place, mais avec l'allongement des lignes de communication, ils consomment eux-mêmes de plus en plus de carburants et la pénurie commença à se faire sentir.

 

            Bruxelles et Lyon sont libérés le 3 septembre 1944. Par la suite une divergence éclata entre Montgomery qui souhaite une progression sur un front étroit (un seul groupe d'armées) et Eisenhower qui préconise une progression sur un  front plus large (Montgomery vers la Ruhr et Bradley vers la Sarre), surtout pour occuper toutes ses troupes. Cette dernière stratégie prévaut.

 

            11 septembre 1944. Des patrouilles américaines franchissent la frontière de l'Allemagne près du Luxembourg. Mais la progression doit d'arrêter un peu partout faute de carburant.

 

            17 septembre 1944, début de l'opération Market Garden qui tente de contourner les défenses allemandes par le cours inférieur du Rhin. Elle doit s'emparer du pont d'Arnhem sur le Rhin. L'opération échoue de peu en partie à cause des services de renseignements. 

 

            Par la suite, confrontés à une défense enveloppante habilement coordonnée, les alliés ont de plus en plus de mal à progresser.

 

            16 décembre 1944. Hitler lance une offensive dans les Ardennes pour séparer les Américains des Britanniques et gagner du temps à l'ouest pour mieux se préparer à affronter l'offensive russe sur Berlin.

            Après des succès initiaux, les chutes de neige, les difficultés de progression, le retour du beau temps et le manque de carburant vont freiner puis stopper les Allemands. Le 23 décembre, l'offensive est arrêtée. 

 

Chapitre 8. La campagne finale (1945).

 

            A l'Est.

 

            12 janvier 1945, offensive russe sur la Vistule. Le 1er front ukrainien (Koniev) effectue une percée de 20 km dès le premier jour. A la fin du mois de janvier, l'Oder et la Neisse sont atteintes.

 

            Hongrie. Chute de Budapest le 13 février 1945. En mars une offensive allemande pour reprendre les champs pétrolifère du lac Balaton échoue. 

 

            6 avril 1945. Début des combats pour Vienne. Ils s'achèvent une semaine plus tard.

 

            Allemagne.

 

            16 avril 1945. Au matin début de la dernière offensive pour la prise de Berlin. Trois fronts (Joukov, Koniev, Rokossovki) rassemblant 2 millions d'hommes, 6250 chars, 41.600 canons ou mortiers et 7.500 avions se lancent à l'assaut. Le lendemain Koniev réussit à percer et reçoit l'ordre de Staline de pousser jusqu'à Berlin, au lieu de Joukov initialement prévu mais qui est bloqué dans sa progression.

 

            21 avril 1945. Arrivée des soviétiques à l'anneau d'autoroutes marquant les limites de Berlin.

 

            25 avril 1945. Les forces de Joukov font leur jonction avec celles de Koniev et encerclent Berlin.

 

            29 avril 1945. Les soviétiques atteignent le secteur du Reichstag et de la chancellerie.

 

            30 avril 1945. Hitler se suicide.

 

            2 mai 1945. Reddition de Berlin.

 

            Tchécoslovaquie. Reddition du groupe d'armées centre allemand le 11 mai.

 

            Yougoslavie. Reddition des forces allemandes à Tito le 14 mai.

 

            A l'Ouest.

 

            Après des combats retardateurs très durs pour les alliés, Hitler autorise le retrait de l'armée allemande à l'est du Rhin début mars.

 

            Après la prise du pont de Remagen le 7 mars qui s'avéra inutile à cause de l'état du terrain, la première traversée majeure du Rhin a lieu dans la nuit du 22 au 23 mars 1945 par la 3e armée de Patton à Oppenheim.

 

            28 mars 1945. Eisenhower infirmé Staline qu'il n'a pas l'intention de marcher sur Berlin et qu'il laisse ce soin aux soviétiques, alors que Churchill voulait rencontrer l'armée russe le plus à l'est possible.

 

            La reddition allemande a lieu au quartier général d'Eisenhower le 7 mai. Les combats prennent fin le 8 mai à 23h01 heure d'Europe centrale. Mais les Russes exigent une autre cérémonie à Berlin.

 

            Italie.

 

            9 avril 1945. Début de l'offensive finale alliée. Le 29 avril les forces allemandes capitulent sans condition. La veille Mussolini avait été pendu par des partisans. 

 

            La reddition des U-Boat en mer s'étale jusqu'au 23 mai 1945.

 

FIN

 

07/01/12(26/12/11)

 




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