1914-1918. Caporal Peugeot et Augustin Trebuchon. (Article)

LE CAPORAL PEUGEOT ET AUGUSTIN TREBUCHON

 

 

Le caporal Jules André Peugeot est la première victime française de la 1ere guerre mondiale. Augustin Trebuchon est le dernier soldat français tué au combat sur le front de l'ouest. Il n'est malheureusement pas la dernière victime de ce conflit puisque des soldats français continueront à combattre contre les révolutionnaires bolcheviques et que d'autres décéderont de leurs blessures longtemps après le 11 novembre 1918. Qui étaient ces deux hommes et dans quelles circonstances sont ils morts ?

 

 

Le caporal Peugeot

 

 

                                                      

 

Jules André peugeot, né à Etupes (Doubs), le 11 juin 1893, effectue son service militaire au 44e RI de Lons le Saunier.

 

     Lorsque les menaces de guerre se précisent son régiment reçoit pour mission de surveiller la frontière franco allemande (troupes de couverture). Le 30 juillet pour essayer de faire baisser la tension (l'Autriche est en guerre depuis le 28 juillet), le gouvernement français ordonne à ses troupes de couverture de se replier à 10 km de la frontière.

 

     Les postes du 44e RI se replient sur Delle et Grandvillars. Le caporal Peugeot qui commande une escouade de la 6e compagnie du 2e bataillon vient prendre position dans le petit village de Joncherey (3 km au nord de Delle). Son poste est installé près de la ferme de la famille Docourt à 500m du village dans lequel se trouve aussi un escadron du 11e régiment de Dragons.

 

     Le dimanche 2 août, peu avant 10 heures (la mobilisation générale est prévue pour 12 heures et la guerre n'est pas encore déclarée), la jeune fille des Docourt vient signaler aux soldats qu'elle vient d'apercevoir des cavaliers "prussiens" en allant chercher de l'eau à la source voisine. Il s'agit en fait d'un détachement de 8 hommes du 5e régiment de Chasseurs à cheval de Mulhouse commandé par le sous lieutenant Mayer. Profitant du recul français il a pénétré en territoire français pour effectuer des reconnaisances dans la profondeur.

 

     Le caporal Peugeot se porte au devant des cavaliers allemands qui viennent de bousculer une sentinelle française et prononce les sommations d'usage. En réponse le sous lieutenant Mayer sort son arme et tire 3 fois sur le caporal Peugeot, le deuxième coup de feu blessant grièvement le caporal à l'épaule droite.  Avant de s'effondrer le caporal Peugeot à le temps d'épauler son fusil et de blesser le sous lieutenant Mayer au ventre. Un autre soldat français lui tire une balle dans la tête et l'achève.

 

     Le caporal Peugeot  a la force de retourner à la ferme où il meurt quelques minutes plus tard. Privés de leur chef, les cavaliers allemands tentent de fuir. 3 chevaux sont blessés et leurs cavaliers désarçonnés. Deux seront capturés dans l'après midi, le troisième deux jours plus tard. Le reste de la troupe réussit à rejoindre l'Allemagne.

 

     Rendu à sa famille le caporal peugeot est inhumé à Etupes (une quinzaine de km de Joncherey) le 4 août.  Le 3 décembre 1915 il est cité à l'ordre du régiment. "Peugeot, Jules André, caporal à la 6e compagnie. Le 2 août 1914, son escouade de garde à l'issue du village de Joncherey, a arrêté et dispersé la première patrouille qui violait le territoire français. A été tué par le lieutenant commandant cette patrouille au moment où il mettait en joue lui même cet officier et le blessait mortellement." 

 

 

Augustin TREBUCHON

 

 

 

 

     Afin de forcer les Allemands qui hésitent encore à signer l'armistice, se croyant à l'abri derrière la Meuse, le général Humbert ordonne à la IIIe armée de "rejeter vigoureusement l'ennemi de l'autre côté de la Meuse".

 

     dans la nuit du 9 au 10 novembre, le 415e RI réussit à passer le fleuve, large de 70 m, à proximité du pont de Nouvion. A 7h30, tout le régiment est passé, mais les autres régiments n'ont pu effectuer le franchissement et le 415e RI se retrouve encerclé par les troupes d'élites de la garde prussienne.

 

     Le 11 novembre à 5h15, un télégramme du généralissime Foch annonce la fin des combats pour 11h. Des coureurs sont chargés de porter la nouvelle dans les lignes et en particulier au 415e RI toujours encerclé dans le village de Dom le Mesnil.

 

     C'est en effectuant cette mission que le soldat Auguste Joseph Trébuchon du 415e RI est tué par une balle à Vrignes sur Meuse, 15 minutes avant la sonnerie de la fin des combats. Cette dernière bataille de la Meuse aura coûté la vie à 91 soldats.

 

     Pour ne pas désespérer les familles, les soldats morts le 11 novembre, dont Trébuchon, seront déclarés décédés le 10 novembre.

 

     Auguste Joseph Trébuchon était né le 30 mai 1878 en Lozère et habitait à Malzieu (Lozère)

 

 

(Dernière mise à jour : 11 septembre 2009)



01/10/2008
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