Chronique histoire des Vosges : 1941

CHRONIQUE HISTOIRE DES VOSGES : 1941 

 

 

Janvier 1941

 

Neufchâteau. Pascal VERSINI est nommé sous préfet de Neufchâteau. (Duveaux 2005)

 

Bussang. Le maire de la commune est martyrisé sans motif par des soldats allemands et des officiers devant quitter la ville. (Dodin 1980)

 

21 janvier 1941

 

Neufchâteau. L’armée allemande intervient au profit de la population de la ville en dégageant à la grenade le pont de La Mothe bloqué par les glaces d’une débâcle exceptionnelle. (Duveaux 2005)

 

Février 1941

 

Neufchâteau. Création d’un comité d’entraide aux prisonniers de guerre de Neufchâteau sous la direction du conseiller municipal André PERNOT dans le but « d’améliorer le sort des concitoyens Prisonniers de Guerre par l’envoi de colis, d’argent et par une aide financière apportée à leur famille. Jusqu’en août 1942, il envoie 2475 colis de vivres et d’effets chauds. (Duveaux 2005)

 

Neufchâteau. Au cours d’un transport d’armes, Georges BIET et le gendarme Henri NAUQUE sont interpellés par deux soldats allemands. Ils les assomment et jettent leurs corps dans la Meuse. Les corps sont retrouvés 2 jours plus tard vers Frebecourt. (Duveaux 2005)

 

3 mars 1941

 

Neufchâteau. Arrêté préfectoral nommant officiellement Henri DIDIER maire de Neufchâteau. (Duveaux 2005)

 

4 mars 1941

 

Raon-l’Etape. Arrêté du maréchal PETAIN qui remet une partie de leur peine à 4 jeunes habitants de Raon-l’Etape pour avoir chanté des chants séditieux. Les autorités allemandes refusent la libération anticipée de 3 d’entre eux. Le 4e est transféré en résidence surveillée à Compiègne. (Dodin 1980)

 

9 mars 1941

 

Rouceux. Délibération du Conseil Municipal. 

« Le maire propose au Conseil Municipal de donner le nom de Maréchal PETAIN à une rue principale de la commune en hommage au chef de l’Etat français qui, en des circonstances difficiles, essaie par tous les moyens d’atténuer les suites de notre défaite avec dignité. Le Conseil après vote unanime, décide de donner le nom du maréchal Pétain à la grande rue qui désormais portera le nom de ce vaillant patriote et dit que les frais qui résulteront de la fabrication des plaques seront payés par l’article 153 du budget « dépenses imprévues. » » (Duveaux 2005)

 

10 mars 1941

 

Neufchâteau. Un incendie accidentel ravage le cercle des officiers allemands installé 27 rue Jules Ferry. (Duveaux 2005)

 

30 mars 1941

 

SenonesMr LARUE maire de la commune est condamné à 5 ans de prison pour avoir fourni de fausses cartes à des évadés. Son secrétaire POQUET est pour sa part condamné à 10 mois de prison. (Dodin 1980)

 

31 mars 1941

 

Neufchâteau. Arrêté préfectoral nommant le reste du Conseil Municipal de la commune. Sur les 23 membres de 1935, 7 ne sont pas reconduits. Il y a 2 nouveaux conseillers dont une femme Denise COUTARD. (Duveaux 2005)

 

Avril 1941

 

Remiremont. Pour la première fois dans les Vosges, la justice française est dessaisie d’une affaire par l’armée allemande. Un garçon de 17 ans de Remiremont arrêté par la police française pour propagande anti-allemande est jugé et condamné par le tribunal de la Feldkommandantur à 3 mois de prison. (Dodin 1980)

 

Thaon-les-Vosges. Quatre jeunes gens sont arrêtés pour avoir écrit des slogans injurieux à l’encontre du maréchal PETAIN. (Dodin 1980)

 

Vittel. L’hôtel Continental transformé en hôpital et les hôtels avoisinants sont entourés par un réseau de barbelés de plus de 3 mètres de haut, formant le camp de Vittel sous le code de Frontstalag 194. Il a pour vocation à recevoir exclusivement des prisonniers civils anglais. Il prend le nom officiel de « Centre d’internement pour prisonniers civils britanniques ». 

Le camp est placé sous l’autorité d’un officier d’artillerie le commandant Otto LANDHAUSER, assisté du capitaine STEFFAHN et du sous-officier Erwin SERVE. (Bloch J.C 2007)

 

11 avril 1941

 

Neufchâteau. Première réunion du Conseil Municipal au cours de laquelle le maire invite ses conseillers « à collaborer à l’œuvre de redressement national du Maréchal PETAIN et au redressement de notre cité dont les plaies sont profondes et qu’il faut panser au plus tôt » (Duveaux 2005)

 

13 avril 1941

 

Neufchâteau. Une lettre du maire au préfet indique que la ville peut loger 25 officiers, 60 sous-officiers, 796 soldats, 216 chevaux, 100 voitures hippomobiles, 100 automobiles et 75 camions. (Duveaux 2005)

 

26 avril 1941

 

Occupation. Publication d’un avis de la Kommandantur d’Epinal.

« Depuis quelques semaines, la Feldkommandantur constate une recrudescence d’écrits aux Autorités allemandes émanant d’individus n’ayant, le plus souvent, même pas le courage de signer leurs lettres et contenant des accusations de toute sorte envers certains de leurs compatriotes. De ce fait, la Feldkommandantur déclare une fois de plus que toute lettre anonyme va immédiatement au panier sans être étudiée. En outre, les personnes portant des accusations envers des tiers seront poursuivies et très sévèrement punies si, à l’examen, ces accusations se révèlent inexactes. » (Duveaux 2005)

 

27 avril 1941

 

Remiremont. Un soldat allemand est agressé par un civil qui lui vole sa baïonnette et lui en porte des coups. (Dodin 1980)

 

Mai 1941

 

Saint-Dié. Au cours d’une audience du tribunal correctionnel où comparaissent 23 militants communistes, un feldgendarme frappe un inspecteur de la police française. (Dodin 1980)

 

1er mai 1941

 

Vittel. Arrivée au camp de près de 2000 femmes et enfants britanniques et quelques Canadiennes ainsi que 60 vieillards masculins. Ces prisonniers ont été transférés d’autres camps français. (Dodin 1980)

 

15 mai 1941

 

Epinal. 24 communistes comparaissent devant le tribunal correctionnel. (Dodin 1980)

 

Neufchâteau. La Kommandantur réquisitionne, jusqu’au 15 juin, tous les enfants des écoles primaires de l’agglomération de Neufchâteau pour procéder au ramassage des doryphores. (Duveaux 2005)

 

21 mai 1941

 

Bazoilles-sur-Meuse. Dans la nuit, des résistants déposent un rouleau agricole pour bloquer le carrefour. (Duveaux 2005)

 

24 mai 1941

 

Occupation. L’Abeille des Vosges publie un avis de la mairie consécutif au « sabotage » du 21 mai. 

« Le maire de la ville de Neufchâteau a le regret de porter à la connaissance des habitants qu’au cours de la nuit dernière, le carrefour des routes de Bazoilles à Pompierre a été barré avec un rouleau agricole. A titre d’avertissement, les Autorités d’occupation exigent que jusqu’à ce que soit découvert le ou les coupables, une garde soit assurée au dit carrefour par deux civils âgés de plus de 25 ans. En conséquence une garde sera assurée de 20 heures à 8 heures du matin et les hommes requis à cet effet sont expressément tenus de répondre à la convocation qu’ils recevront. Le maire ne saurait trop engager ses administrés à s’abstenir de tous actes de ce genre dont les conséquences ne peuvent qu’être très préjudiciables à toute la population. » (Duveaux 2005)

 

Juin 1941

 

Etat des prisonniers de guerre : (Duveaux 2005)

  • Neufchâteau : 130

  • Rouceux : 48

  • Noncourt : 22

 

Occupation. L’inspecteur principal des forêts estime que la production forestière vosgienne ne pourra plus servir la clientèle française, l’essentiel étant confisqué par les Allemands. (Dodin 1980)

 

Bruyères. Le préfet des Vosges est obligé de relever de ses fonctions le maire de BruyèresM GILLON

« Sur ordre de la feldkommandantur, j’ai dû relever de ses fonctions Mr GILLON maire de Bruyères qui a tenu devant les enquêteurs de la police secrète allemande des propos anti collaborationnistes. (Dodin 1980)

 

Poussay. Explosion d’un dépôt de munitions. (Dodin 1980)

 

12 juin 1941Bazoilles-sur-Meuse. Les autorités allemandes lèvent la garde du carrefour. (Duveaux 2005)

 

Juillet 1941

 

Saint-Dié. Un brigadier et un agent de police comparaissent devant le tribunal de la Feldkommandantur ayant été dénoncés par deux femmes auxquelles ils auraient reproché d’avoir des fréquentations avec des gens de cette « sale race ». Ils sont relaxés après avoir reçu une sévère admonestation. (Dodin 1980)

 

14 juillet 1941

 

Résistance. Le drapeau tricolore, malgré l’interdiction allemande, est arboré à Gendreville, au « village nègre » de Remiremont, sur le monument aux morts de Raon-l’Etape, dans la forêt de Châtillon. (Dodin 1980)

 

19 juillet 1941

 

NeufchâteauPascal VERSINI nommé sous préfet de Neufchâteau, prend effectivement ses fonctions. Les Allemands avaient bloqué son arrivée jusqu’à cette date. (Duveaux 2005)

 

22 juillet 1941

 

Résistance. Pour la première fois des avions britanniques larguent des tracts sur CharmesEpinal et Saint-Dié. (Dodin 1980)

 

25 juillet 1941

 

Gérardmer. Un habitant de la commune est condamné par le tribunal de la feldkommandantur pour avoir distribué des tracts anti-allemands. (Dodin 1980)

 

26 juillet 1941

 

Neufchâteau. Dans son rapport mensuel au préfet des Vosges, le sous-préfet de Neufchâteau indique que les employés de la mairie de Neufchâteau ont reçu des tracts de propagande anti-allemande durant l’été. (Duveaux 2005)

 

Neufchâteau. « L’abeille des Vosges » publie un avis de la Feldgendarmerie interdisant formellement toute queue devant les magasins pour garantir la tranquillité publique. (Duveaux 2005)

 

Août 1941

 

Vittel. Libération des derniers 21 prisonniers de guerre français métropolitains du camp. Les troupes coloniales resteront jusqu’à la libération du camp affectées à diverses tâches. (Dodin 1980)

 

22 août 1941

 

Neufchâteau. Arrêté de la mairie.

« Le maire et la municipalité ont l’honneur de faire connaître à leurs concitoyens qu’ils seront tenus, sous leur propre responsabilité, de transmettre les ordres reçus.

Le personnel de la mairie est complètement étranger à toute initiative de réquisition. Aucune ne doit faire l’objet d’interprétation équivoques ou malveillantes. Tous se multiplient pour le bien être et la sécurité de la population à laquelle ils sont entièrement dévoués. » (Duveaux 2005)

 

1er septembre 1941

 

Neufchâteau. Les Juifs résidant dans la ville doivent déposer leurs postes TSF à la mairie. (Duveaux 2005)

 

0ctobre 1941

 

Résistance. Des ballonnets apportent de la propagande anti-allemande et la revue de la presse libre « le supplément du courrier de l’air ». Celles-sur-Plaine, Colroy, Thuillières, Vittel, Liffol-le-Grand, Rouceux sont touchés. (Dodin 1980)

 

6 octobre 1941

 

Occupation. Note de la feldkommandantur d’Epinal au préfet des Vosges.

« L’emprisonnement préventif est un excellent moyen pour décourager les milieux communistes. C’est pourquoi je vous demande d’étudier à fond et au plus vite cette question de détention préventive. Je suis d’avis que l’emprisonnement de quelques éléments connus enlèverait à ce mouvement la possibilité de troubler à l’avenir l’ordre dans ce département. » (Dodin 1980)

 

10 octobre 1941

 

Occupation. Réponse du préfet des Vosges aux demandes allemandes du 6 octobre. 

« Jusqu’à présent il a été possible de découvrir, dans presque tous les cas de propagande révolutionnaire, les auteurs des faits de propagande et de livrer ces coupables à la section spéciale de la cour d’appel de Nancy. Je suis d’avis dans les circonstances actuelles de n’envisager un internement que dans des cas exceptionnels. » (Dodin 1980)

 

16 octobre 1941

 

Vittel. Rapport du comité local de la Croix Rouge française.

« Depuis le 18 août, il y a eu 49 libérations et 44 nouveaux internés qui sont arrivés au camp à fin septembre. Le ravitaillement reste toujours très largement assuré par les colis reçus régulièrement des Croix Rouges canadienne et anglaise. Nous sommes encore chargés de faire parvenir au camp de Troyes 5 à 600 kg de conserves que les internés de Vittel envoient à leurs compatriotes moins favorisés.

A ce jour nous avons déjà livré aux internés britanniques 5000 mètres de tissu, 1200 paires de bas, du coton à tricoter et à repriser, des gants et serviettes de toilettes, des chaussures etc…. et nous attendons encore de nouveaux arrivages de tissus, bas, lingerie ces jours ci.

Les internés ont d’ailleurs reçu d’Amérique et d’Angleterre d’importantes quantités de vêtements et de tissus et paraissent donc être pourvus pour cet hiver d’un vestiaire suffisant.

Les 21 prisonniers originaires de la zone libre qui avaient été libérés sur place sont tous, à l’heure actuelle, rentrés dans leurs foyers.

En ce qui concerne les INDIGENES, j’ai organisé grâce à la bonne volonté de l’ouvrier vitellois le raccommodage et l’entretien des vêtements et linge des prisonniers noirs actuellement cantonnés à Vittel. Je crois que c’est une mesure indispensable à prendre partout où il y a des prisonniers indigènes, pour leur permettre de passer l’hiver avec des vêtements en bon état. » (Bloch J.C. 2007)

 

17 octobre 1941

 

Occupation. Les autorités allemandes demandent à la population de livrer par l’intermédiaire des maires, toutes les armes qu’elle détient (jusqu’au 25 octobre) : 200 fusils, 300 revolvers, 300 fusils de chasse sont récupérés. (Dodin 1980)

 

31 octobre 1941

 

Epinal. Quelques élèves soutenus par leur professeur Mme GARCIN, conformément aux instructions de Londres font 5 minutes de silence pour les morts et ceux qui ont été fusillés. Elle sera condamnée à 18 mois de prison par un tribunal allemand et verra sa peine portée à 5 ans par la Cour d’Appel de Nancy avant d’être déportée à Ravensbrück. (Dodin 1980)

 

Thaon-les-Vosges. A l’EPS, quelques élèves veulent faire 5 minutes de silence pour les morts, ceux qui ont été fusillés comme Londres l’a demandé, mais leur professeur s’y oppose. (Dodin 1980)

 

Novembre 1941

 

Administration. Le préfet des Vosges, Mr DUPUY est remplacé par un homme de Vichy, Mr PARMENTIER. (Dodin 1980)

 

11 novembre 1941

 

Epinal. Un drapeau tricolore est fixé à un pilier de la rue Clemenceau. (Dodin 1980)

 

14 novembre 1941

 

Neufchâteau. Le Conseil Municipal transmet au Maréchal PETAIN l’adresse suivante : « Le Conseil Municipal affirme à Monsieur le Maréchal PETAIN, Chef de l’Etat, son absolue confiance dans le redressement de la France et l’assure de son dévoué et respectueux concours. » (Duveaux 2005)

 

Décembre 1941

 

Saint-Dié. Un officier et des soldats allemands pénètrent par effraction dans une maison et en frappent les habitants. (Dodin 1980)

 

7 décembre 1941

 

Epinal. Des jeunes gens attaquent un soldat allemand ivre et le rouent de coups. Identifiés par la police française, ils font l’objet d’un PV pour ivresse. (Dodin 1980)

 

14 décembre 1941

 

Occupation. Le commandement allemand inflige aux juifs de la zone occupée une amende d’un milliard de francs, prétextant des actes terroristes commis contre ses troupes. (Bloch J.C 2007)

 

Date de création : 29 avril 2021



29/04/2021
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