EPI. L'armée des ombres. Le film

EPI : « L'Armée des Ombres ». Etude d'extraits du film.

 

 

Scène 1. (2'02 à 12'45).

 

 

Q1. Où le personnage principal est-il emmené ? Quel détour les gendarmes font-ils et pourquoi ? Philippe Gerbier est emmené dans u camp d'internement. Les gendarmes font un détour par une ferme pour se ravitailler.

 

 

Q2. Qu'apprend-t-on sur Gerbier lors de ces scènes (attitude, caractère, raison de son arrestation) ?

Philippe Gerbier est très calme, il prend sa situation avec détachement mais ce qui ne l'empêche pas de faire de l'humour (scène du camion quand on lui parle du « camp des Allemands »). Son dossier parle d'ailleurs d'une attitude distante et ironique. Il a été arrêté car soupçonné de pensées gaullistes, c'est-à-dire proche de la résistance ou tout du moins opposé au régime du maréchal Pétain.

 

 

Q3. Pourquoi les autres prisonniers ont-ils été arrêtés ? Que cela nous apprend-il sur la société de l'époque ?

  • Le colonel a été arrêté pour avoir insulté publiquement l'amiral Darlan, membre du gouvernement de Pétain.

  • Le pharmacien a été arrêté car il possédait un appareil de chimie dont le nom commence par obus, ce qui a suffit pour le faire enfermer, après dénonciation. Il n'a jamais pu faire valoir ses arguments.

  • Le voyageur de commerce passait par hasard sur une place où il y avait une manifestation gaulliste, ce qui a suffit à le faire arrêter.

  • Legrain est communiste.

  • Armel est instituteur et catholique.

 

Ces personnages sont tous issus de milieux différents et ont été arrêtés pour des motifs au mieux bénins, au pire faux. Les Français de cette époque vivent donc dans une société ou aucun écart n'est toléré, et où la délation règne.

 

 

Q4. Quelles nationalités sont présentes dans le camp ? Les nationalités représentées dans le camp sont nombreuses : russes, polonais, kabyles, juifs de toutes nationalités, gitans, yougoslaves, roumains, tchèques, allemands antinazis, italiens antifascistes, espagnols antifranquistes.

 

 

Scène 2. (41'37 à 54'45).

 

 

Q5. Comment Jean-François est-il recruté ? Quels sont ses atouts pour ce type de mission ? Jean-François est recruté par Félix, son ancien camarade de régiment, qui le rencontre dans un bar. Ses différents atouts sont sa jeunesse, son absence de liens familiaux (sauf son frère avec qui il a peu de contacts), son désir d'action.

 

 

Q6. Quelle est sa mission à Paris ? Comment parvient-il à échapper aux contrôles ? Sa mission parisienne consiste à livrer des postes de radio pour communiquer avec Londres. Il réussit à échapper aux contrôles en prenant un enfant dans ses bras et en marchant à côté de sa mère, ce qui les fait passer pour une famille.

 

 

Q7. Quels problèmes matériels se posent au frère de Jean-François ? Le frère de Jean-François manque à la fois de nourriture et de chauffage.

 

 

Q8. Pourquoi Jean-François s'interrompt-il plusieurs fois lors de ces scènes ? (« et même que... »). Jean-François s'interrompt plusieurs fois car il se trouve dans une situation ambiguë. En effet il adore son frère qu'il admire beaucoup, mais étant engagé dans la résistance et ne pouvant rien dire, il ne se trouve plus d'affinités avec celui qu'il considère comme un intellectuel qui vit dans sa tour d'ivoire.

 

 

Q9. Grâce au texte annexe (scène 2), complète la réponse précédente : que pense Jean-François de son frère et pourquoi ne lui confie-t-il rien ? En fait dans cette scène, Jean-François se rend compte, qu'ils représentent deux mondes, lui celui de la résistance, son frère celui de la résignation, et qu'ils n'ont plus rien en commun. Il ne lui confie rien, peut-être pour ne pas le mettre en danger en cas d'arrestation, mais surtout parce que celui-ci ne comprendrait pas son attitude.

 

 

Scène 3. (54'37 à 1h01')

 

 

Q10. Pourquoi la paysanne ne veut-elle pas se faire payer, à ton avis ? Elle ne veut pas se faire payer, car elle estime que c'est une façon de participer à la résistance et que c'est son devoir. Elle fait acte de patriotisme.

 

 

Q11. Qui fait-on passer en Angleterre ? Par quel moyen ? On fait passer des pilotes abattus, des canadiens rescapés du débarquement raté de Dieppe, des prisonniers évadés, des résistants qui vont rendre compte et prendre des ordres à Londres. Ils sont évacués par un sous-marin qui les recueille au large.

 

 

Q12. Comment se passe l'embarquement ? Raconte les étapes et qui vient en aide à Jean-François ? La progression jusqu'à la plage se fait dans le silence, en file indienne espacée. Puis ils attendent sur la plage que le sous-marin fasse surface. Ils le rejoignent alors en bateau. Jean-François est aidé par le chef des douanes du secteur qui fait une ronde pour vérifier que tout se passe bien.

 

 

Q13. Qui est le « grand chef » ? Que cela nous apprend-il sur l'organisation de la résistance ? Le « grand chef » est en fait Saint-Luc, le frère de Jean-François, l'intellectuel apeuré dans son appartement parisien. Cela démontre un cloisonnement des réseaux, les membres ne se connaissant pas tous entre eux. En cas d'arrestation, ils ne peuvent donc pas dénoncer tout le réseau.

 

 

Q14. En t'aidant du texte annexe (scène 3), montre en quoi le traitement du livre et du film sont différents ? Dans le film, Jean-François rame sans jamais voir le Patron. Ils ne se reconnaissent donc pas, alors que dans le roman, Jean-François reconnaît son frère au dernier moment. Il comprend à ce moment là que son frère n'est pas l'intellectuel retiré du monde qu'il croyait.

 

 

Scène 4. (1h07 à 1h11)

 

 

Q15. Dans quelles circonstances et comment est arrêté Félix ? Félix est arrêté par la police française dans la rue alors qu'il semble se rendre à un rendez vous (pour l'anecdote cela se passe au 56 rue Tramassac à Lyon)

 

 

Q16. Où est-il amené et que lui arrive t-il ? Il est ensuite livré à la Gestapo qui le torture.

 

 

Scène 5. (1h20 à 1h21 puis 1h24'50 à 1h34'25 puis 1h40 environ)

 

 

Q17. Quelles sont les compétences de Mathilde ? Quel plan prépare t-elle et comment ? Mathilde est une personne très organisée, très volontaire, très patiente. Elle sait à la fois commander mais aussi exécuter les ordres (pour l'anecdote, la rencontre du café se passe place de la Trinité à Lyon). Elle veut faire évader Félix et pour cela se procure le maximum de renseignements pour être la plus efficace possible. Elle réfléchit à plusieurs solutions.

 

 

Q18. Lors du rendez-vous où se trouvent les personnages ? (ville et quartier). Le rendez-vous de cette scène se passe à Lyon, sur la place qui se trouve à côté de la basilique de Fourvière.

 

 

Q19. Pourquoi Gerbier dit-il à Mathilde de ne pas garder la photo de sa fille ? Gerbier dit à Mathilde de ne pas garder la photo de sa fille car en cas d'arrestation cela pourrait aider les Allemands à l'identifier et à faire pression sur elle (ce qui sera malheureusement le cas à la fin du film)

 

 

Q20. Que fait Jean-François et pourquoi ? Jean-François se dénonce pour se faire arrêter et ainsi rejoindre Félix, car il pense qu'ils ne pourront le faire évader. Ne pouvant le sauver, il veut l'aider à mourir.

 

 

Q21. Le projet d'évasion réussit-il et pourquoi ? Le projet d'évasion échoue car le médecin allemand estime que son état de santé ne peut supporter un déplacement.

 

 

Scène 6. (1h48 à 2h03).

 

 

Q22. Où se trouvent les prisonniers ? Que font-ils avant l'exécution ? Les prisonniers sont enfermés dans une grande cellule. Ils sont éloignés les uns des autres. Ils fument une dernière cigarette que Gerbier leur a donnée. Durant la marche vers l'exécution, Gerbier se remémore des scènes des derniers mois et réfléchit au sens de la vie et de la mort.

 

 

Q23. Comment Gerbier parvient-il à se sauver ? Pourquoi est-il mécontent ensuite ? Alors que Gerbier cours, une explosion qui dégage un énorme nuage de fumée le cache à la vue des mitrailleuses. Puis une corde tombe devant lui, ce qui lui permet de s'échapper.

Dans la voiture, Gerbier est mécontent à la fois par ce qu'il rend compte que s'il n'avait pas couru, il n'aurait pas pas s'évader, mais en même temps il se rend compte que l'officier était certain de le faire courir, car certain de sa peur de mourir.

 

 

Q24. Dans le synopsis du roman sur le blog, retrouve cette scène intitulée « une veillée de l'Age Hitlérien » et compare-la avec le déroulement de la scène du film. Dans le livre, pour quelle raison chaque personnage a-t-il été condamné ? On remarque d'abord que dans le livre, la scène de la cellule est plus longue, car chaque détenu explique pourquoi il est condamné à mort. Ensuite c'est Gerbier qui explique aux autres comment ils vont être exécutés.

  • Le premier détenu, un jeune Breton raconte les maltraitances dans les prisons civiles allemandes.

  • Le deuxième détenu, un vieux paysan raconte comment il assassinait les Allemands qui venaient acheter de l'alcool chez lui.

  • Le troisième détenu, un jeune alsacien est venu en France pour éviter son incorporation dans l'armée allemande. Il a écrit dans des journaux clandestins.

  • Le quatrième détenu n'a pas résisté directement mais il hébergeait des fugitifs dans son château.

  • Le cinquième détenu, un rabbin israélite qui avait été incorporé de force dans une commission chargée de détecter les israélites non déclarés. Mais il refuse de jouer le jeu.

  • Le sixième détenu est un communiste prisonnier évadé. Il n'a pas été identifié et sera fusillé sous un faux nom.

 

 

Scène 7. (2h08 à 2h19)

 

 

Q25 Qu'annonce le chef à Gerbier ? Saint-Luc annonce l'arrestation de Mathilde à Gerbier.

 

 

Q26. Comment les communications par lettre se font-elles ? Les communication se font par lettres codées.

 

 

Q27. Quel dilemme se pose aux personnages ? Que décident-ils finalement et pourquoi ? Le dilemme est simple. Il faut choisir entre Mathilde et le réseau. Si on veut préserver le réseau, il faut que Mathilde soit tuée avant qu'elle n'ai dénoncé tout le monde. Ils décident finalement de l'exécuter car ils pensent que c'est la solution qu'elle voudrait car cela lui éviterait de dénoncer le réseau et cela sauverait sa fille.

 

 

Q28. Lors de la dernière scène, l'attitude de Mathilde donne-t-elle une réponse claire. L'attitude de Mathilde n'apporte pas une réponse claire. Elle est étonnée de les voir mais on ne peut savoir ce qu'elle pense réellement.

 

 

Q29. Que devient chaque personnage dans la suite de la guerre ? Ce qu'ils deviennent

  • Le Masque se suicide le 8 novembre 1943

  • Le Bison est décapité dans une prison allemande le 16 décembre 1943.

  • Saint-Luc meurt sous la torture sans parler le 22 janvier 1944.

  • Gerbier cette fois-ci refuse de courir. C'est le 13 février 1944.

 

 

Deux scènes du roman. 

 

 

 

Scène 2 (dans le roman)

 

« Jean-François interdit à la vieille bonne de l'annoncer et ouvrit sans bruit la porte de la bibliothèque. Il y vit son frère enfoncé dans un fauteuil et lisant un volume épais. On ne distinguait presque pas son visage parce qu'il portait un gros manteau au col relevé et un bonnet de laine très enfoncé sur les yeux. Cela parut comique à Jean-François. Encore tout échauffé par sa marche rapide, il ne sentait pas que la maison était glacée.

 

[...] Les deux frères s'embrassèrent. Il y avait une assez grande différence d'âge entre eux, mais elle n'en imposait pas à Jean-François. Il se sentait tellement plus fort, plus adroit, plus pratique que son frère. [...]

 

- Mais comment es-tu venu, petit Jean, j'espère que tu as un Ausweis? [...]

 

- Oui, j'ai un Ausweis, Saint-Luc, reprit Jean-François. Et même... Et même...

 

Jean-François s'arrêta un instant parce qu'il avait sur le point de dire que son sauf-conduit était faux et admirablement imité. Il acheva:

 

- Et même je meurs de faim.

 

- On va déjeuner tout de suite, dit Luc.

 

Il appela la vieille servante et demanda:

 

- Qu'est ce que nous avons de bon aujourd'hui?

 

- Mais, des rutabagas, comme hier, Monsieur Luc, dit la servante.

 

- Ah, ah! et puis?

 

- Du fromage sans tickets, dit la bonne [c'est-à-dire sans aucune vertu nutritive] [...] Il reste encore un peu de beurre que Madame a envoyé de la campagne la semaine dernière, dit la bonne. Mais on n'a pas de pain pour le mettre dessus.

 

- J'ai des tickets de pain en masse, s'écria Jean-François. Et même...

 

Il s'arrêta encore. Ces tickets avaient été volés pour le compte de l'organisation, par un employé de mairie, et Jean-François avait failli le dire.

 

- Et même je peux vous les laisser, ajouta Jean-François.

 

La bonne prit la carte de ticket [...] et courut à la boulangerie.

 

- Tu t'arranges bien mal, dit en haussant le ton Jean-François à son frère. [...] Et le marché noir, la débrouille? [...]

 

- La vieille Marion a peur des gendarmes. Et moi...

 

- Et toi aussi, Saint-Luc, dit Jean-François avec beaucoup d'amitié et un peu de dédain. [...]

 

Et Jean François sentit que [un autre résistant] qu'il venait à peine de connaitre lui était plus proche que le frère qu'il avait toujours chéri et qu'il continuait de chérir mais avec qui il n'avait plus rien en commun que des souvenirs. [...] Jean-François avait déjà éprouvé ce sentiment à la guerre, pour ses camarades de corps franc Mais alors il pouvait parler d'eux et de son existence parmi eux à la France entière. A présent, il fallait tout cacher, sauf aux compagnons de la guerre secrète. Et cela faisait d'eux, pour Jean-François, son vrai peuple. »  

 

 

 

Scène 3 (dans le roman)

 

« Enfin, une vague forme se dessina au ras de l'horizon, tout proche. Jean-François donna un souple coup de rame. Le canot vint se ranger contre la coque d'un sous-marin à demi émergé.

 

Quelqu'un à bord se pencha. Le faisceau lumineux d'une forte torche éclaira un instant le canot tout entier. Pour la première fois, les deux personnes qui l'occupaient virent leurs figures arrachées à la nuit. Celui qui se levait avec difficulté de la banquette dit d'une voix assourdie:

 

- Mon Dieu... le petit Jean... est-ce possible?

 

Et Jean-François reconnut son frère aîné.

 

- Le patron, balbutia-t-il. Écoute...comment...

 

La torche s'éteignit. La nuit fut plus noire qu'auparavant, impénétrable. Jean-François fit un pas d'aveugle. Comme il touchait son frère, celui-ci fut enlevé par des bras invisibles. Le sous-marin s'éloigna, plongea. [...] Jean-François ne sut combien de temps il lui fallu pour comprendre et croire ce qui s'était passé. Puis il murmura:

 

- Sacré Saint-Luc. Quelle famille...

 

Puis il se mit à rire et fit route en chantant vers le rivage sur la mer obscure. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



23/03/2017
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