L'origine de l'Homme. La fascinante aventure de l'espèce humaine (NDL)

L’ORIGINE DE L’HOMME

La fascinante aventure de l’espèce humaine.

 

Rémi Pin.

 

Edts ESI 2011, 160 pages.

 

 

DU BIG BANG A HOMO SAPIENS

 

Le long chemin de l’évolution.

 

La terre s’est formée il y a 4,5 milliards d’années. Les phénomènes qui ont conduit à l’apparition de la vie ne sont pas encore totalement élucidés mais le chemin de l’évolution est en partie décrypté. Retour sur un long processus évolutif, de nos ancêtres les bactéries à l’émergence des primates.

 

Toutes les espèces vivantes actuelles ont une origine commune : LUCA (dernier ancêtre commun universel), la première cellule vivante. 

 Les bactéries seront les premiers êtres vivants à coloniser la Terre par les océans. Parmi elles, les cyanobactéries vont transformer le dioxyde de carbone de l’atmosphère en oxygène et donner naissance à une atmosphère proche de l’atmosphère actuelle. Ces bactéries évoluent vers des organismes complexes pluricellulaire qui vivent dans les océans.

 

Il y a 500 millions d’années, les premiers vertébrés, des poissons, font leur apparition. Les premières traces de plantes et d’animaux terrestres remontent à environ - 410 millions d’années.

 

La branche des mammifères, à laquelle appartient l’homme, apparaît vers - 200 millions d’années. Les dinosaures monopolisent toutes les niches écologiques entre - 200 et - 65 millions d’années.

 

En l’espace de dix millions d’années, les mammifères vont prendre peu à peu possession du terrain, et von engendrer les primates et les premiers singes vers - 55 millions d’années.

 

Des mammifères aux hominoïdes.

 

Après la disparition des dinosaures, les mammifères connaissent une évolution rapide à partir d’un ancêtre commun. C’est à ce moment que les primates émergent.

 

De grands bouleversements climatiques survenus il y a 40 millions d’années affectent la terre. Les primates disparaissent des continents de l’hémisphère Nord. Seuls ceux provenant des régions tropicales du globe survivent aux changements de température.

 

Vers - 35 millions d’années, les premiers singes modernes apparaissent. Grâce à leur capacité d’adaptation, ils évoluent en de multiples espèces qui finissent par occuper plusieurs niches écologiques. Parmi eux, on trouve les hominoïdes, ancêtres communs aux hommes, aux chimpanzés et aux gorilles.

 

Vers - 16 millions d’années, les grands singes se dispersent hors d’Afrique. Les différentes lignées des hominoïdes connaissent un développement important pendant près de dix millions d’années.

 

Suite à un nouveau changement climatique, les hominoïdes des zones tropicales sont les seuls à s’accommoder des modifications du climat. Les hominoïdes d’Afrique sont les ancêtres probables des hominidés et donc des hommes.

 

Homininés : origine inconnue.

 

La compréhension du milieu dans lequel vivaient les hominoïdes, et les événements géologiques qui y sont apparus, permettent aux chercheurs de dresser des hypothèses sur la séparation des lignées hommes et grands singes.

 

Il y a 8 millions d’années , les grands singes hominoïdes vivent à l’est du continent africain, dans une région largement boisée. Cette région entre alors dans une instabilité géologique du fait des pressions exercées sur les plaques tectoniques.

 

Les climats des deux côtés du rift sont complètement différents : humide avec des forêts à l’ouest, plus sec avec la formation de savanes à l’est.

 

L’hypothèse de l’East Side Story formulée en 1981 suppose que les ancêtres des grands singes sont nés à l’ouest dans les arbres, et ceux de l’homme à l’est dans la savane.

 

Le modèle est totalement bouleversé par les découvertes, par l’équipe de Michel Brunet, d’Australopithecus bahrelghazali (Abel) et de SAhelanthropus tchadensis (Toumai) au Tchad, soit 2500 km à l’ouest du rift. Des théories récentes repoussent beaucoup plus loin la séparation des lignées hommes et grands singes, vers - 13 millions d’années.

 

Les australopithèques.

 

Les australopithèques sont des singes bipèdes. Pendant toute leur vie, ils se dressent en permanence sur leurs membres inférieurs.

 

Les premières traces des australopithèques datent de - 4 millions d’année. On reconnaît huit espèces, qui ne sont toutefois pas toutes acceptées par les chercheurs.

 

L’australopithèque afarensis Lucy, un des fossiles les plus célèbres au monde, a été découvert par Yves Coppens en 1974. Longtemps considéré comme un ancêtre de l’homme, le contraire a été ensuite démontré.

 

L’acquisition de la bipédie représente la première étape de l’hominisation, viendra ensuite la seconde étape, celle de l’accroissement du cerveau qui caractérise celui des hommes.

 

Certains groupes sont proches de nous par leurs caractères liés à la locomotion, d’autres par leur caractères crâniens et d’autres encore par leurs mâchoires.

 

Ils utilisaient des outils de pierre pour casser des noix, mais ne taillaient pas intentionnellement les pierres pour s’en servir.

 

Vers - 2,8 millions d’années, des changements climatiques et environnementaux marquent la disparition des australopithèques et l’émergence des paranthropes et des premiers hommes.

 

La trace des premiers hommes.

 

Homo Habilis est connu en Afrique (Tanzanie, Kenya, vallée de l’omo, Afrique du Sud) dans des couches datées de -2,4 à -1,3 million d’années. Il évolue aux côtés des paranthropes, descendants des lignées d’australopithèques.

 

Sa capacité crânienne est de l’ordre de 420 à 600 cm3. C’est avec Homo Habilis qu’apparaît le premier individu capable de concevoir et de réaliser un outil . Les plus anciens outils connus proviennent de la vallée de l’omo. Ces outils de pierre fabriqués sont les premières manifestations de la pensée réfléchie.

 

L’utilisation de ces outils améliore les conditions de vie et l’alimentation d’Homo Habilis. L’alimentation est plus riche en protéines, ce qui conduit à l’augmentation de la taille du cerveau.

 

Les Homo rudolfensis disparaissent les premiers, puis Homo Habilis connaît le même destin vers - 1,3 million d’années.

 

Pour certains anthropologues, le mode de vie des Homo Habilis est encore trop proche des arbres, et leur silhouette bien différente de celle des hommes plus récents, pour les considérer comme les premiers représentants du genre Homo.

 

La conquête de l’ancien monde.

 

Homo ergaster vivait en Afrique entre -1,9 et -1 million d’années avant notre ère. Il présente de nombreux caractères qui annoncent l’homme moderne et s’affranchit véritablement du monde des arbres.

 

C’est un bipède accompli et un excellent marcheur capable de courir sur de longues distances. Au gré de ses déplacements et des glaciations, le corps d’Homo ergaster évolue et s’adapte aux voyages.

 

Il se distingue comme un bon chasseur, capable de traquer et de tuer du gros gibier. C’est le premier homme à être équipé d’une panoplie d’armes de chasse. Les plus anciens de ces outils taillés sur leurs deux faces se trouvent en Afrique et datent de -1,6 million d’années.

 

Ces premiers outils sont des bifaces représentatifs de la culture dit acheuléenne, qui dure près de 1,3 million d’années. Ce sont les premiers silex entièrement façonnés avec soin, de manière symétrique.

 

Ergaster est souvent perçu comme un conquérant qui découvre le monde. La maîtrise des outils et la recherche de viande le poussent à s’aventurer dans des Territories inconnus. Il est sans doute à l’origine du peuplement d’Homo erectus en Europe et en Asie.

 

Homo erectus.

 

Homo erectus apparaît sur la scène de l’évolution, il y a 1,7 million d’années. Son corps et les proportions de ses membres ont beaucoup de similitude avec ceux de l’homme moderne.

 

Ce nouvel homme se tient droit, c’est un bipède dont l’allure générale et la démarche ne sont pas très différentes de l’homme moderne.

 

Homo erectus est un cueilleur de fruits et de racines. Il est aussi charognard, mais sa principale ressource en viande reste la chasse.

 

Au fil des millénaires, Homo erectus améliore ses techniques de taille de pierres et étend la gamme de ses outils : il a réalisé les premiers bifaces et hachereaux. Il peut également confectionner des lieux de vie, avec des branchages recouverts d’un revêtement de feuilles et de peaux de bêtes.

 

Homo erectus est le premier homme à avoir domestiqué le feu. Grâce à lui, ses conditions de vie s’améliorent, il peut cuire les aliments et utiliser le feu pour se protéger du froid ou des prédateurs.

 

Trois grandes populations d’Homo erectus se partagent la Terre il y a 800.000 ans. L’une est installée en Afrique, une autre en Asie et une troisième en Europe.

 

Les néandertaliens.

 

Les hommes de Neandertal apparaissent sur la scène de l’évolution il y a environ 300.000 ans. Ils semblent être issus du métissage de différentes formes d’erectus africains ou asiatiques.

 

Neandertal a un visage différent de celui de l’homme moderne. Le crâne apparait plus bébé au niveau du front, le visage est plus large et accentué par un front fuyant et un menton presque absent.

 

La charpente osseuse de Neandertal est robuste, les os de ses membres ont ne paroi épaisse et sont légèrement incurvés.

 

Les néandertaliens utilisent pour la chasse de lourds épieux en bois longs de 2m. Ils étaient parfois garnis de pointes en pierre ou bien durcis par le feu à leur extrémité.

 

Neandertal a habité l’Europe avant de disparaître il y a 28.000 ans environ. Lors des derniers millénaires de son existence, il a partagé le même environnement qu’homo sapiens.

 

La disparition de Neandertal.

 

Les Hommes de Neandertal se répandent progressivement dans toute l’Europe et l’Asie occidentale environ 200.000 ans avant notre ère.

 

Arrivés au Moyen-Orient, les néandertaliens ne sont pas seuls. Ils rencontrent d’autres hommes, les prédécesseurs directs des hommes de Cro-Magnon, appelés les « proto-cri-Magnon », ou encore Homo Sapiens du Proche-Orient.

 

Sapens et Neandertal ont des cultures assez proches et de nombreux points communs, comme la chasse et les autres moyens de subsistance.

 

Si on a peu d’indices sur la nature de la cohabitation entre les deux espèces, il n’est pas difficile d’imaginer que ces deux espèces soient entrées en concurrence.

 

Une conjonction de facteurs a dû influer sur la fin de Neandertal : un isolement des populations, une alimentation irrégulière, une natalité faible et une mortalité plus forte accentuée par des combats avec sapiens.

 

Selon de récentes recherches en génétique, 1 à 4% du génome de l’homme moderne pourraient parvenir des Néandertaliens.

 

Homo sapiens, d’où viens-tu ?

 

Homp erectus a émigré de l’Afrique vers l’Asie il y 2 millions d’années. Puis une deuxième vague d’immigration vers l’Europe 1 million d’années plus tard permet à de nouveaux flux d’Homo erectus de coloniser le territoire européen.

 

La théorie du Totem monocentriste, encore appelée Out of Africa, suppose que les Homo sapiens sont nés en Afrique entre -200.000 ans et -100.000 ans. Ces populations ont progressivement remplacés les différentes lignées d’Homo erectus présentes en Asie, en Europe et en Afrique.

 

La théorie multirégionale avance que les flux de migrations d’Homo erectus lui ont permis de s’installer sur les continents européens, africains et asiatiques depuis -2 millions d’années. Les différentes populations évolueraient toutes simultanément vers l’homme moderne.

 

Une troisième théorie, intermédiaire, suppose un brassage permanent entre les espèces d’hommes depuis 2 millions d’années. Ce mixage aurait abouti à la naissance d’Homo sapiens.

 

Les récents travaux en génétiques des scientifiques tendent à montrer que notre patrimoine génétique a ses racines en Afrique. L’hypothèse privilégiée aujourd’hui est donc le Totem monocentriste

 

A la conquête du monde.

 

Il y a environ 100.000 ans, les hommes sont présents en Afrique, en Asie et en Europe. Chaque population présente des différences locales, mais elles sont toutes comparables les unes aux autres.

 

Au fil de leurs voyages, les hommes rencontrent des populations dispersées et peu nombreuses. Ils les supplantent rapidement par leur organisation et leurs caractéristiques morphologiques.

 

On estime que les premiers hommes sont arrivés sur le continent américain il y a environ 35.000 ans par voie terrestre. 20.000 ans plus tard, l’Amérique est peuplée du nord au sud.

 

On pense que les premières populations humaines, les Aborigènes venus d’Asie, ont commencé à peupler l’Australie il y a 70.000 ans. Ces hommes sont arrivés par bateau en parcourant de petites distances.

 

Il y a 20.000 ans, les Homo sapiens peuplent tous les continents . Ils ne différent pas plus entre eux que les différents hommes actuels qui peuplent notre planète.

 

Des primates à l’homme moderne.

 

Entre -10 et -6 millions d’années, il y a séparation de la lignée humaine, les hominidés, et de la lignée des chimpanzés, les patinés. C’est la séparation la plus récente entre l’homme et une des lignées de singes.

 

Les premières traces des australopithèques datent de -4 millions d’années. On dénombre huit espèces différentes, mais il est impossible de déterminer laquelle est l’ancêtre de l’homme.

 

Les plus anciens représentants du genre Homo, les Homo Habilis et les Homo rudolfensis, apparaissent en Afrique il y a -2,7 millions d’années. Leur succède Homo ergaster qui est le premier homme à s’installer sur d’autres continents. Il est à l’origine des peuplements d’Homo erectus en Asie.

 

Le corps et les proportions des membres d’Homo erectus ont beaucoup de similitudes avec ceux de l’homme moderne. Trois grandes populations d’Homo erectus se partagent la terre il y a 800.000 ans. L’une est installée en Afrique, une autre en Asie et une troisième en Europe.

 

L’hypothèse de l’Out of Africa suppose que les Homo sapiens sont nés en Afrique vers -200.000 ans. C’est aujourd’hui la théorie sur l’origine de d’homme moderne qui fait consensus.

 

EVOLUTION D’HOMO SAPIENS

 

Cro-Magnon le révolutionnaire.

 

Le dynamisme et les capacités d’adaptation d’Homo sapiens lui ont permis de remplacer des populations plus anciennes. En Europe, c’est l’homme de Cro-Magnon qui s’installe vers -40.000 ans.

 

Cro-Magnon est un homme anatomiquement moderne, de grande taille, on estime que sa durée de vie maximum est de 35 ans. Il se donne le temps, ce qui est relativement nouveau chez l’homme, de prendre en compte une dimension culturelle de la vie.

 

Son industrie lithique (taille des pierres) est basée sur la production d’éclats allongés, lames et lamelles, qui servent de base à la réalisation d’un outillage diversifié : grattoirs, burins, pointes de projectiles, armatures.

 

Cro-Magnon utilise de nouveaux matériaux dans la confection d’objets, notamment l’os et l’ivoire pour fabriquer de petits objets domestiques. Il développe sa maîtrise du feu, en maîtrisant les températures de combustion et en variant ses utilisations pour la cuisine.

 

Les hommes du Paléolithique supérieur n’hésitent pas à s’installer dans toutes sortes d’habitats. Ils occupent des grottes lorsqu’ils en trouvent, ils aménagent également des tentes ou des huttes dans des sites de plein air.

 

La naissance de la culture.

 

Lors du Paléolithique supérieur, il y a 40.000 ans, le quotidien de l’homme n’est plus seulement ponctué de longues périodes de chasse ou de cueillette. Son confort et son adaptation se sont développés.

 

Beaucoup d’objets utilisés par l’homme s’ornent de motifs animaliers et de signes. Des chevaux, poissons, stries, ou des marques régulières, sont gravées sur les matériels.

 

Les bijoux et parures sont nombreux et de factures très diverses. Les coquillages, les dents ou les crânes d’animaux sont souvent utilisés pour constituer une parure, ou un élément d’ornement maintenu sur un vêtement. Tous les objets faits par les hommes s’échangent entre les clans.

 

Les premières représentations humaines font leur apparition il y a environ 40.000 ans sous la forme de statues. On retrouve également les premiers instruments de musique autour de cette période.

 

L’inhumation des morts donne lieu, chez les Homo sapiens, à un cérémonial qui varie selon les régions, mais se traduit par la volonté d’honorer les défunts dans ce qui suit la vie. Cro-Magnon témoigne des sentiments à ses semblables.

 

L’art des cavernes.

 

C’est dans les profondeurs de la terre, dans les grottes et cavernes, que les hommes du Paléolithique supérieur laissent les traces les plus étonnantes de leur dimension culturelle avec les peintures rupestres.

 

Les signes sont de loin les éléments les plus fréquents, les plus divers et les plus difficiles à interpréter. Ce sont des points, des flèches, des symboles, des mains ….

 

Les animaux sont le deuxième thème de prédilection des artistes préhistoriques. Le bestiaire varie selon les régions, selon les époques : toutefois, on trouve en majorité de grands herbivores comme dans la grotte de Lascaux.

 

Les hommes préhistoriques s’inspirent des espèces animales visibles dans leur environnement, mais pas forcément des espèces qu’ils avaient l’habitude de chasser. Les figurations évoquant l’environnement végétal sont extrêmement rares.

 

Il est difficile de décrypter la signification de l’art des cavernes. Plusieurs experts ont avancé que ces peintures étaient une expression des hommes soucieux de s’assurer de la réussite de leurs chasses, dans le cadre de rituels magiques. Pour d’autres, c’est un témoignage des premières religions.

 

La révolution néolithique.

 

La période qui précède le Néolithique est marquée par de réels changements économiques et sociaux. C’est le début de la sédentarisation des populations qui développe une agriculture sommaire, à côté des activités de chasse.

 

La planète entre dans une phase de réchauffement climatique et les grands herbivores migrateurs disparaissent. Les hommes changent leurs habitudes, la chasse de petits mammifères et la pêche de poissons et coquillages se développent.

 

Le Néolithique est qualifiée d’âge de la pierre polie puisqu’il est marqué par la systématisation du polissage de certains outils de pierre. Cette technique permet en effet d’obtenir des outils plus tranchants et plus résistants.

 

L’art néolithique est extrêmement diversifié dans ses expressions. La poterie est un des autres supports essentiel de cette période de l’histoire. Les groupes humains apprennent à fabriquer des récipients rudimentaires, plats et bols, taillés dans le bois ou la pierre.

 

L’agriculture et l’élevage, qui jouent un rôle de plus en plus important dans l’alimentation au fil des millénaires, impliquent l’adoption d’un habitat sédentaire et l’abandon total du nomadisme.

 

L’homme sédentaire.

 

Il est peu probable qu’il existe une explication unique à l’adoption de l’agriculture chez les populations d’hommes du Néolithique. Dans chaque endroit du monde, les hommes vivent des expériences différentes qui les poussent à devenir agriculteurs et éleveurs.

 

La gestion de la terre et des travaux agricoles se fait en groupe. L’apparition du stockage des aliments et la constitution de réserves ont eu pour effet indirect un début de hiérarchisation de la société.

 

Les groupes sédentarisés améliorent progressivement les habitations, les huttes de nomades cèdent leur place à des maisons en dur. Les hommes deviennent des maçons en construisant des habitats avec des murs solides et des toits en chaume.

 

L’agglomération de Catal Hüyük, en Turquie est l’exemple le plus éclatant d’une sédentarisation aboutie il y a environ 8.500 ans : maisons à un étage en briques crues, toits en terrasses, pentures murales…

 

Il y a 5.000 ans, les premières grandes villes font leur apparition à Sumer, dans le sud de l’Irak. Elles évoluent rapidement et deviennent de véritables métropoles, couvrant plusieurs dizaines d’hectare et peuvent héberger jusqu’à 40.000 habitants.

 

L’âge des métaux.

 

Les derniers progrès de la préhistoire sont réalisés au cours de la période appelée Age des métaux. D’abord on utilise le cuivre et l’or que l’on fait fondre et que l’on façonne pour en faire des bijoux et des armes.

 

La découverte de l’étain qui, mélangé au cuivre, donne le bronze, un métal plus résistant, est un grand progrès. Le bronze permet de fabriquer épées, boucliers et casques, mais aussi de simples agrafes pour attacher les vêtements. Apparaît ensuite le fer, utilisé environ 1000 ans av J-C.

 

Ces métaux entrent surtout dans la fabrication des armes de guerre. Les batailles entre tribus deviennent de plus en plus nombreuses. Les mieux armées dominent les clans rivaux et partent à la conquête de nouveaux territoires.

 

La métallurgie est à l’origine de la première économie complexe basée sur une production et une distribution couvrant de vastes territoires. Des mouvements commerciaux de grande ampleur se créent.

 

L’apparition d’échanges à grandes distances et la convoitise de nouvelles richesses entraînent l’apparition d’une différenciation économique des populations et l’apparition d’une hiérarchisation sociale marquée.

 

L’invention de l’écriture.

 

Officiellement l’écriture est née à Summer, en Mésopotamie, au 4e millénaire avant notre ère. Pour enregistrer leurs opérations comptables ces derniers utilisent un système de jetons modelés dans l’argile, le calculi. Le système se modernise et les premiers chiffres écrits apparaissent. Ce système d’écriture ne transcrit pas les sons de la langue mais présente des signes-images ou pictogrammes.

 

Le système des pictogrammes a évolué pour aboutir à l’écriture dite cunéiforme, « en forme de coin ». Peu à peu les Sumériens découvrent la valeur phonétique.

 

L’écriture devient vite indispensable dans des civilisations qui adoptent des modes d’organisation sophistiquées.

 

En Egypte, les hommes inventent, de manière presque simultanée aux Sumériens, une autre forme d’écriture. Certains des hiéroglyphes, sont des idéogrammes qui représentent un objet, un être ou une action simple.

 

L’écriture fut révolutionnée avec l’invention de l’alphabet, où un signe représente un son. Inventé il y a 1000 ans , l’alphabet phénicien serait l’ancêtre de tous les alphabets du monde. Les différentes civilisations reprirent l’alphabet en l’aménageant.

 

Les origines du langage.

 

Jusqu’aux années 1980, l’homme moderne se considère comme le premier détenteur du langage. L’argument anatomique prévaut : notre appareil vocal d’Homo sapiens, unique chez les hominidés nous permet d’articuler des sons.

 

Des scientifiques démontrent ensuite que d’un point de vue anatomique, rien ne s’oppose à la parole chez l’homme de Neandertal, apparu il y a 250.000 ans.

 

La découverte d’outils standardisés vieux de deux millions d’années fait remonter dans le temps les origines du langage. Pour les archéologues, leur réalisation requiert des capacités d’apprentissage et de compréhension qui reposent sur un mode d’expression.

 

Dans les années 1990, le linguiste Derek Bickerton introduit l’idée d’un protolangage utilisé par Homo Erectus. Michael C Corbalis avant ce quant à lui la thèse dune origine gestuelle du langage. La vocalisation, geste avancé de notre appareil vocal, en serait la résultante.

 

Le cerveau chez les homininés.

 

Depuis l’apparition des premiers homininés, le volume du cerveau a été multiplié par trois. Les premiers australopithèques ont un volume cérébral d’environ 450 cm3, alors que celui d’Homo sapiens affiche un volume de 1450 cm3.

 

Les scientifiques estiment que cette transformation s’est effectuée en deux temps. Elle est liée à des facteurs biologiques et génétiques, avant l’apparition d’Homo sapiens, puis les aspects culturels ont permis le développement du cerveau de l’homme moderne en quelques dizaines de milliers d’années.

 

Depuis l’apparition d’Homo sapiens , le volume cervical a très peu changé. Les contraintes liées à la gestation dans le ventre de la mère et à l’accouchement expliquent cette limitation de taille.

 

le néocortex prend de l’importance chez les primates et culmine chez l’humain avec ses deux gros hémisphères cérébraux. C’est grâce à eux que se sont développés le langage, la pensée abstraite, l’imagination et la conscience.

 

Une autre évolution fondamentale a été l’apparition des neurones miroirs, qui ont permis aux hominidés d’apprendre par imitation et de coopérer pour conduire des tâches complexes.

 

LA GENETIQUE

 

La sélection naturelle.

 

C’est en novembre 1859, avec la parution de L’Origine des espèces au moyen de la sélection naturelle de Charles Darwin, que les mécanismes de l’évolution sont réellement esquissés.

 

L’évolution génétique de toutes les espèces animales est soumise à des contraintes mais dépend également de trois conditions qui doivent être réunies :

  • Des mutations génétiques qui apparaissent de manière aléatoire chez les êtres vivants et leur confèrent des caractères uniques.

  • La sélection naturelle.

  • L’isolement géographique d’une population permettant aux caractères de se reproduire rapidement.

 

La théorie de la sélection naturelle permet d’expliquer et de comprendre comment l’environnement influe sur l’évolution des espèces et des populations en sélectionnant les individus les plus adaptés.

 

L’augmentation de la capacité à survivre et à se reproduire se traduit par une augmentation du taux de reproduction et donc une descendance plus nombreuse, pour les individus porteurs de ces caractères. On dit alors que ce trait de caractère donné offre un avantage sélectif par rapport à d’autres.

 

Les différences homme-chimpanzé.

 

La bipède, l’utilisation des outils et, dans une certaine mesure, l’apprentissage ne sont pas l’apanage de l’homme moderne. Les chimpanzés y ont également recours, mais de manières moins systématique.

 

L’homme possède vingt-trois paires de chromosomes, le chimpanzé en a vingt-quatre. Treize paires semblent pratiquement identiques, six paires sont restées très comparables, et deux paires sont très dissemblables.

 

La proximité génétique des deux espèces indique que la séparation, à l’échelle du monde, est relativement récente. Les scientifiques évaluent cette séparation entre 6 et 8 millions d’années.

 

Les études de comparaison des génomes des deux espèces révèlent une grande similitude. Ils ne varient que de 1 à 4% selon les techniques utilisées. Sur les trois milliards de nucléotides qui codent pur l’information génétique chez l’homme, 35 millions de nucléotides environ ont changé depuis la séparation entre homme et chimpanzé.

 

Des travaux de recherche en cours sont axés sur la signification des différences, l’objectif étant de dévoiler ce qui fait que les humains sont des humains, et donc différents des autres animaux.

 

Du Neandertal en nous ?

 

L’homme de Neandertal et Homo sapiens ont divergé dans l’arbre de l’évolution à une période remontant entre 270.000 et 440.000 ans.

 

De 1 à 4% du génome de certaines populations humaines (populations eurasiatiques) proviennent des néandertaliens, nos plus proches cousins dans l’arbre des hominidés.

 

Ce transfert génétique à dû se produire il y a environ 80.000 ans, quand les premiers Homo sapiens ont quitté l’Afrique et rencontré les hommes de Neandertal au Proche-Orient. Le fait que les gènes néandertaliens apparaissent dans le génome d’individus d’origine européenne et asiatique, mais pas chez les Africains conforte cette hypothèse.

 

Parmi les endroits du génome de l’homme montrant les plus fortes différences avec les néandertaliens, les chercheurs ont isolé trois gènes dont les mutations affectent le développement mental et cognitif.

 

Même si les hommes de Neandertal ont un cerveau plus gros que celui des Homo sapiens, les mécanismes de la pensée de l’esprit humain y sont moins développés. Des capacités cognitives moindres chez les néandertaliens comparées à celles d’Homo sapiens peuvent expliquer leur disparition.

 

L’homme continue d’évoluer.

 

Depuis 40.000 ans, l’homme a connu peu d’évolutions anatomiques, si ce n’est une légère diminution du volume crânien et une différence moins marquée entre les deux sexes.

 

Le développement du crâne avec un cerveau de plus en plus volumineux va se poursuivre, mais dans des proportions très limitées. Sous l’effet de la bipède, nos membres postérieurs vont devenir plus droits, plus solides.

 

Nos membres antérieurs seront peut-être amenés à se raccourcir, comme cela a déjà été le cas au cours des précédentes étapes de l’hominisation. Nos pouces vont possiblement s’allonger et permettront des gestes plus précis. La mâchoire va devenir plus petite, certaines dents pourraient disparaître.

 

Les mutations génétiques sont toujours présentes chez l’homme, mais elles sont de moins en moins sélectionnées par l’environnement grâce aux innovations techniques et médicales.

 

Plusieurs études génétiques montrent que l’homme continue d’évoluer de façon « cachée » et évoluera toujours dans le temps. Un exemple est la mutation delta 32, qui offre une meilleure résistance au virus du Sida, qui pourrait devenir plus fréquente.

 

Fin

 

 



12/09/2022
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