La montée des eaux (NDL)

LA MONTEE DES EAUX.

 

 

Résumé du chapitre 15 de l'ouvrage de : EXBALIN (Jacques). Le réchauffement climatique et ses impacts. T1. Le réchauffement climatique global. L'Harmattan 2014.

 

 

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Rapport du GIEC 2013.

« Il est très probable que le taux moyen d'élévation du niveau des mers a été de 1,7 (1,5 à 1,9) mm par an entre 1971 et 2010 et de 3,2 (2,8 à 3,6) mm par an entre 1993 et 2010. »

 

« Mais cette hausse ne se traduit pas de façon uniforme. Elle est nettement plus forte dans certaines régions , et dans quelques unes on observe même une diminution. Cette variation résulte des courants marins. »

  • Les régions qui connaissent la plus forte augmentation sont à l'ouest du Pacifique, dans l'Atlantique Nord au sud du Groenland. Au large des Philippines la mer est montée de plus de 10 mm par an durant les deux dernières décennies.

  • Les régions où le niveau diminue sont sur la côte de la Californie, au sud de l'Alaska.

 

« L'élévation du niveau de la mer est l'une des conséquences majeures du réchauffement climatique. Dans leur rapport de 2001, les experts du GIEC estimaient qu'entre 1900 et 2000 la montée des eaux avait été comprise entre 10 et 20 cm et que l'élévation du niveau des mers d'ici 2100 serait comprise entre 9 et 88 cm. » Mais ces projections sont contestées par de nombreux experts qui les trouvent trop optimistes. Certains pensent que cette augmentation pourrait être d'un mètre.

 

« D'autres travaux publiés par Science le 4 mai 2012 indiquent qu'à l'horizon 2100, l'élévation des océans sera l'un des principaux facteurs de déstabilisation des économies et des sociétés et que les calottes de glace du Groenland et de l'Antarctique, en fondant et en s'effondrant dans la mer, seront les premiers facteurs d'élévation du niveau des mers. Depuis 2007, plus d'une demi-douzaine d'études ont été publiées sur ce sujet et toutes concluent à une élévation comprise entre 50 cm et 2 m d'ici la fin du siècle et semblent indiquer 1 m comme l'augmentation la plus probable en dépit d'incertitudes. »

 

D'autres phénomènes qui peuvent expliquer la montée des océans :

  • Effondrement des sols du au pompage des eaux souterraines, au développement urbain, à l'exploitation du gaz et du pétrole.

  • Déclin des apports sédimentaires par les grands fleuves, en particulier à cause des barrages.

  • La fonte des glaces qui fait baisser la salinité de l'eau et favorise donc son élévation.

 

D'après une étude publiée par la revue Nature Climate Change le 18 août 2013, les villes les plus menacées par la montée des eaux sont :

  • Canton (Chine)

  • Miami, New-York, La Nouvelle-Orléans Etats-Unis)

 

En 2050, en plus de ces villes s'ajouteront :

  • Bombay, Calcutta (Inde)

  • Naples (Italie)

  • Beyrouth (Liban)

  • Athènes (Grèce)

  • Istanbul (Turquie)

  • Alexandrie (Egypte)

  • Marseille (France)

 

« Au cours de ces 18 années (1993-2011), l'élévation du niveau marin est due pour un tiers à la dilatation thermique et pour les deux autres tiers à la fonte des glaces sur les continents (glaciers et calottes polaires du Groenland et de l'antarctique). »

 

La dilatation thermique.

« Plus le climat se réchauffe et plus l'eau des mers et des océans devient chaude. Plus elle devient chaude et plus son volume s'accroît, donc plus le niveau des mers et des océans augmente. En effet à masse égale, l'eau chaude occupe plus de place que l'eau froide.(...) Dans les régions qui se réchauffent le plus, la dilatation thermique est la principale cause de la hausse du niveau de la mer. Cette dilatation thermique se poursuivra pendant des siècles même si les émissions de GES étaient stabilisées, cd dont on peut légitimement douter, à cause de la lenteur du transfert de chaleur de la surface aux profondeurs des océans.»

 

« Les glaciers représentent une faible quantité de glace et s'ils devaient tous fondre, cela ne représenterai « que »  moins de 40 cm d'élévation du niveau de la mer. C'est surtout la fonte des calottes polaires qui fait peser de lourdes menaces. »

 

La fonte totale du Groenland correspondrait à une élévation du niveau de la mer de 7 m.

 

«Une équipe de scientifiques de l'université de Tokyo estime que l'augmentation du niveau des océans est aussi due à l'utilisation de l'eau extraite des nappes phréatiques et des lacs pour les besoins de la consommation humaine. Ils écrivent : « Au total, l'utilisation irraisonnée de l'eau souterraine, sa captation dans des réservoirs artificiels, l'impact du changement climatique dans les réserves d'eau terrestres et les pertes en eau dans les bassins fermés (lacs et mers intérieures) ont conntribué à une hausse du niveau de la mer de 0,77 mm par an en moyenne entre 1961 et 2003, soit environ 42% de la hausse observée. » Sans nier l'importance de la consommation d'eau humaine sur l'élévation du niveau de la mer, ce pourcentage paraît quand même très élevé et ne fait pas l'unanimité chez les scientifiques. »

 

Les îles du Pacifique.

 

Les populations des îles menacées se sont souvent déplacées dans le passé en fonction des événements climatiques. D'autre part les submersions dues aux tempêtes ont toujours existé dans certaines îles. « Mais depuis les années 60, l'explosion de la démographie surtout dans les capitales, a provoqué une pression accrue sur l'environnement, l'exposition des populations aux risques liés à la mer et la dépendance extérieure pour l'alimentation. »

 

Aux îles Kiribati, 48% de la population vit sur 2,2% du territoire avec une densité de 3125 h/km².

 

En Polynésie française, certaines des 118 îles du fait de leur faible altitude (parfois 1 ou 2 m) pourraient sont menacées de disparition à cause de la montée des eaux.

 

« Aujourd’hui les principaux problèmes rencontrés par la population sont la pollution, la raréfaction des ressources naturelles et les conflits fonciers. »

 

Des conséquences déjà visibles aujourd'hui.

 

Maldives. 80% de la superficie des Maldives est située à moins d'un mètre au dessus du niveau de la mer. 96% des 1100 îles ont une superficie inférieure à 1 km² et environ 50% des habitants vivent à moins de 100m de la côte.

 

« Dans certains endroits, les coraux ne servent plus de remparts contre les vagues ; ils meurent massivement à cause de l’acidification de l'océan, de l'augmentation des températures et de l'élévation du niveau de la mer. Ils blanchissent, se décomposent, se cassent et ne jouent plus leur rôle naturel de protecteur de certaines îles. »

 

En réaction, deux types de mesures prises :

 

  • Construction d'îles artificielles de deux mères de haut pouvant accueillir plusieurs milliers d'habitants (Hulhumale)

     

  • Rehaussement de certaines îles existantes en déversant du sable prélevé en mer (jusqu'à un mètre de hauteur gagné à Thulhaadhoo).

 

Vanuatu. Août 2005, évacuation du village de Lateu situé sur les ïles Torrès à cause de la montée des eaux. Il a été le premier village au monde à être déplacé pour ce motif. Ceci est du à un double phénomène.

  • Montée des eaux (27cm).

  • Enfoncement de l'île (1cm par an) car elles sont situées en bordure de la plaque tectonique du Pacifique. A cet endroit la plaque indo-australienne plonge sous la plaque du Pacifique à la vitesse de 7cm par an.

 

Papouasie-Nouvelle Guinée. Fin de l'année 2005, évacuation d'habitants des îles Carteret à cause de l'élévation du niveau de la mer et de la détérioration de la barrière de corail.

 

Îles Marshall. Projet de construction d'un mur de 5 km pour empêcher la montée des eaux du côté le plus exposé au vent de l'atoll de Majuro et protéger plus de 25000 personnes.

 

Indonésie. Disparition déjà de 24 îles à cause de la montée des eaux et du tsunami du 26 décembre 2006. La banque asiatique de développement estime que d'ici 2030 ce sont 2000 petites îles (sur 17000) qui pourraient disparaître.

 

Kiribati. Archipel de 33 îles dont 2 ont déjà disparues. Le président envisage plusieurs possibilités :

  • Construction de digues.

  • Plantation de mangroves pour protèger les côtes.

  • Achat de nouvelles terres hors de l'archipel pour loger les habitants qui devraient quitter les îles

  • Construction puis migration sur des îles artificielles mais qui coûtent très cher (2 milliards de $ l'île).

 

« En octobre 2013, un habitant des Kiribati Mr Ioane Teitiota a demandé à la Nouvelle Zélande le statut de réfugié pour cause de réchauffement climatique et il lui a été refusé. C'est une première mondiale qui risque de se reproduire fréquemment. Mais la Nouvelle-Zélande a refusé ce statut de réfugié en avançant comme argument que personne ne menaçait sa vie s'il retournait chez lui. La dégradation de l'environnement ne constitue t-elle pas une menace ? »

 

Tuvalu. C'est un des plus petits Etats du monde (26 km² répartis sur 9 îles). Son point culminant est à 4,50m pour une altitude moyenne de 1,50m. « Il risque d'être l'un des premiers Etats à disparaître. Il est fort probable que les 11.500 habitants de Tuvalu comptent parmi les premières victimes du changement climatique. En effet, depuis quelques années, les vagues sont plus hautes et les marées plus fréquentes et d'amplitude plus importante (…) L'eau de mer remonte du sol et empêche l'eau de pluie de s’infiltrer dans la terre. Le sel détruit les cultures, les arbres à pain ou les cocotiers, dont les racines plongent dans l'eau, s'effondrent. »

 

Des littoraux submergés.

 

Chine. L'augmentation du niveau des mers entourant la Chine devrait provoquer l'inondation de 18.000 km² de territoires côtiers.

 

« Shanghai, la ville la plus peuplée de Chine avec 23 millions d'habitants, elle est située à l'embouchure du Yangzi, dont le débit se enforce et fzait monter le niveau de la mer. Symbole du gigantisme et de la frénésie de consommation, elle est située seulement entre 3 et 4 m au dessus du niveau de la mer, aussi c'est l'une des villes du monde les plus menacées par la montée des eaux, mais pas seulement ; en effet, depuis 1977, le niveau de la mer s'est élevé de 12 cm (contre 9 cm pour l'ensemble de la Chine) mais de plus, la ville s'affaisse à force de puiser l'eau des nappes souterraines pour construire d'immenses gratte-ciels. Au cours du XXXe siècle, elle s'est enfoncée de 3 m ! Les projections indiquent que le niveau de la mer devrait augmenter de 43 cm d'ici à 2100, plongeant sous les eaux la moitié de la ville. »

 

Thaïlande. « Bangkok, la capitale de la Thaïlande construite dans le delta du fleuve Chao Phraya qui se jette dans le golfe de Thaïlande à environ 20 km plus au sud, est l'une des villes les plus menacées par les inondations côtières dans les 60 prochaines années et certains experts redoutent même qu'une partie de la capitale soit submergée dès 2030. Pourquoi ? La plaine de Bangkok auparavant située à 1,50 m au dessus du niveau de la mer a été bâtie sur une couche argileuse qui s'enfonce de 1,5 à 5,3 cm par an. Certains quartiers de l'Est ont même perdu 1,7 m en 60 ans ! Aussi aujourd'hui la majeure partie de l'agglomération se trouve située au-dessous du niveau de la mer qui lui, augmente régulièrement de plusieurs mm par an, avec de plus un rivage qui s'érode au rythme de 3 à 4 cm par an. »

 

Bangladesh. Le pays compte 80% de terres basses et inondables et il subit deux phénomènes :

  • La montée des eaux.

  • L'érosion massive des côtes qui pousse des milliers d'habitants à quitter leurs îles.

Le Bangladesh est l'un des pays les plus menacés par le réchauffement climatique. Une hausse du niveau des mers de 30 cm toucherait 4,8% de la population (162 millions d'habitants) alors qu'une hausse de 1 m submergerait 17% du territoire et toucherait 57% de la population.

Par contre l'acheminement chaque année de milliards de tonnes de sédiments par les fleuves a permis de gagner près de 1000 km² sur la mer en 30 ans. Cela pourrait compenser en partie la future hausse du niveau de la mer.

« Nous avons donc d'un côté la partie orientale nourrie par les apports sédimentaires des deux fleuves et de l'autre côté la partie occidentale constituée de plaines basses et marécageuses menacée par la montée des eaux, elle-même favorisée par la destruction de la mangrove pour l'élevage des crevettes. »

 

L'Inde. L'érosion est de plus en plus active. Sur les 7525 km de littoraux du pays, 26% est affecté par l'avancée des eaux dont la salinité rend les terres agricoles incultivables. « Chaque année 75000 ha de terres cultivées et près de 35000 bâtiments sont ainsi rongés ou engloutis par la mer.(...) L'érosion naturelle est accentuée par la construction de ports, de constructions immobilières, de projets industriels, de centrales thermiques ou nucléaires, etc.. L'extraction sauvage du sable des plages pour le secteur du bâtiment se fait à grande échelle et les habitations du littoral sont menacées par la mer.»

 

Les Etats-Unis.

 

Californie. Depuis plusieurs années, les tempêtes, le réchauffement climatique et l'érosion rétrécissent les plages californiennes et réduisent l'espace pour la faune et le tourisme. Ce sont les régions les plus importantes économiquement (San Francisco, Los Angeles, San Diego) qui seront les plus affectées. L'augmentation du niveau de la mer de 40 cm inonderait l'aéroport de San Francisco.

 

Façade Atlantique. « Le niveau de la mer sur cette bande côtière de près de 1000 km entre la Caroline du Nord et le Massachusetts, qui comprend notamment les villes de New-York, Boston et Baltimore, connaît depuis 60 ans, une vitesse d'élévation de la mer 3 à 4 fois plus importante que la moyenne mondiale. Ce phénomène lié au changement climatique augmente le risque d'inondation de l'une des zones côtières les plus densément peuplées et menace la biodiversité des zones humides.

 

Cuba. L'île risque de perdre 2700 km² de terres et 9000 logements vers 2050 si la hausse du niveau des mers se poursuit au rythme actuel.

 

Suède. Une élévation du niveau de la mer de 30 à 50 cm ferait disparaître 145 ha de terres mais surtout 5500 bâtiments menacés par des glissements de terrain.

 

Belgique. Le littoral belge long de 67 km est en cours de réaménagement pour un montant estimé à plus de 300 millions d'euros. Si les émissions de Gaz à effet de serre se poursuivent, le niveau de la mer du Nord pourrait monter de 30cm en 2050 et de 60cm en 2100.

 

Pays-Bas. Un tiers du pays est situé sous le niveau de la mer, à une moyenne de -3,50m. La tempête de 1953 fit plus de 1800 morts. Pour se protéger, les autorités vont renforcer et élever leurs digues sur plus de 6000km. Il est aussi prévu d'aménager des bancs de sable artificiels le long des côtes de la mer du Nord.

 

Venise. La cité s'est enfoncée de 23cm depuis un siècle. Ce phénomène s'explique en grande partie par la subduction de la plaque Adriatique sous les Apennins. Un projet nommé Moïse a débuté en 2003. II prévoit la construction d'une digue mobile composée de 78 portes en acier de 300 tonnes chacune pour empêcher la mer d'envahir la ville en cas de forts marées, d'inondations et de montée des eaux.

 

 

Fin. 



13/12/2016
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