Thème 1. Monument de Lyon au génocide arménien (Article)

MONUMENT AU GENOCIDE ARMENIEN.

 

11. Mt aux Arméniens.JPG

Présenter l’œuvre.

 

     Nature et titre de l’œuvre.

 

Il s'agit d'un monument en mémoire du génocide arménien de 1915.

 

     Auteur et date de l’œuvre.

 

C'est une œuvre collective qui rassemble :

Un paysagiste : Anne Perrot.

Un professeur de philosophie : Sébastien Blanc.

Deux architectes : Dominique Arnoux.

Léonardo Basmadjian qui est le principal responsable du projet.

Un peintre sculpteur : Marianne Pons.

Un économiste de la construction : Yves Monnier.

 

     Lieu de réalisation et lieu de conservation.

 

Ce monument est installé Place Antonin Poncet à Lyon 2e.

 

Replacer l’œuvre dans son contexte.

 

Ce monument a été inauguré le 24 avril 2006  par le maire de Lyon Gérard Collomb qui à cette occasion déclara que « le combat universel pour la mémoire et la vérité de l'histoire est un élément constitutif de l'identité même de notre ville. »

Cette inauguration intervenait dans le cadre de l'année de l'Arménie en France de septembre 2006 à août 2007 (on notera que Marseille a elle aussi inauguré un monument ce jour là).

 

Mais cette inauguration a fait l'objet d'une double opposition :

 

De la part de la communauté turque lyonnaise, qui comme tous les Turcs, refuse de reconnaître la réalité du génocide. Cette opposition s'est traduite par une manifestation de 3000 personnes avec des cris hostiles aux Arméniens le 18 mars 2006, puis des dégradations du monument le 18 avril.

 

De la part d'une association de défense et de protection des places Bellecour et Antonin Poncet. Cette association entend contester la légalité de la réalisation du monument à cet endroit. Pour cela elle a attaqué la ville de Lyon devant le tribunal administratif. Celui ci dans un premier arrêt du 3 avril 2008 annule 2 arrêtés autorisant la construction, arrêt confirmé en appel le 28 décembre 2010. Mais si pour l'instant l'installation de ce monument est considérée comme illégale d'un point de vue juridique, il semble qu'un déplacement ou une destruction ne soit pas envisagé pour l'instant.

 

Décrire et expliquer l’œuvre dans son contexte.

 

Cette œuvre devait être à l'origine composée de 42 « feuilles » de pierre blanches, en fait un béton de très haute performance à base de poudre de pierre, de 3,38 m de haut, de 0,70 m de largeur pour une épaisseur variant de 10 à 80 mm. Finalement 36 « feuilles » ont été réalisées.

En hauteur, chaque « feuille » porte une échancrure contenant une pierre d'Arménie (tuf, marbre, agate, silex....) ramenée par une personne ayant effectué un voyage de France en Arménie.

 

11-2. Mt aux Arméniens.JPG

 

 

Ces feuilles sont implantées sur 3 rangées et traduisent spatialement les notes d'un extrait de la messe arménienne composée par le révérend père Gomidas, né en 1869, qui survivra au génocide et terminera sa vie en France en 1935.

Elles sont orientées sur un axe ouest solaire correspondant à la date du 24 avril à 16h30 (date anniversaire du génocide). Cette orientation symbolise une forme de remerciement à la ville de Lyon qui accueille le mémorial.

Sur certaines feuilles, des vers de poèmes écrits par le poète arménien Kostan Zarian, traduit par Vahé Godel, mais aussi d'autres artistes.

 

11-3. Mt aux Arméniens.JPG

La nuit les feuilles sont éclairées par des projecteurs encastrés au pied de chaque feuille.

 

11-1. Mt aux Arméniens.JPG

 

Au pied du monument, une inscription rappelle « La mémoire des 1.500.000 Arméniens victimes du premier génocide du XX e siècle perpétré par le Gouvernement « Jeune Turc » »

 

Ce mémorial se veut un lieu destiné à rappeler de nombreuses mémoires qui se croisent

 

Montrer à tous les citoyens de toutes nationalités qu'il « faut montrer sur la place publique la monstruosité du génocide ; cacher les crimes contre l'Humanité, se garder d'en parler serait un acte de complicité avec les auteurs des crimes. »

 

Rendre hommage à tous les Arméniens qui sont morts pour la France lors des 1ere et 2e Guerres mondiales (combattants et résistants)

 

Constituer une sépulture pour toutes les victimes du génocide abandonnées sur leur lieu de décès.

 

« Ce mémorial, si on le veut tous, sera le lieu où un jour, peut-être, viendront les hommes de paix s’agenouiller pour dire « plus jamais ça ! Face à l'ignominie des procès contre le Mémorial, Face à la manifestation inadmissible des négationnistes turcs

 

Mettre en relation avec d'autres œuvres.

 

La paysagiste Anne Perrot fait partie du cabinet ADP DUBOIS qui est déjà intervenu dans de nombreux projets d'aménagement d'espaces publics dont

Ile Bossuet à Lyon

Parc de la Tête d'or Lyon

Centre hospitalier de Bron

 

L'architecte Dominique Arnoux fait partie du cabinet dUDo & Cie. Il semble que la participation à ce projet soit le seul projet concernant l'espace public, ce cabinet étant plus spécialisé dans les bâtiments et les maisons individuelles.

 

Il existe de nombreux mémoriaux au génocide arménien que ce soit en France ou dans le monde (sur ce point on pourra consulter les articles de la rubrique « Mémoire » du blog.

 

D'un point artistique le génocide a été peu traité mais on peut tout de même noter quelques œuvres :

 

En peinture, une œuvre du peintre arménien Hovhannes Haroutiounian intitulée 24 avril 1915 (œuvre offerte à l'Assemblée nationale).

 

Au cinéma, le film Ravished Armenia réalisé par oscar Apfhel (1919) est le premier film sur le généocide arménien. Ce film basé sur le témoignage d'une rescapée Aurora Mardiganian a quasiment disparu. Il n'en reste que quelques extraits.

 

Aghel 1915 (2011) est un documentaire réalisé par Eric Friedler.

 

Dans le domaine de la bande dessinée on peut noter les deux albums de Laurent Galandon et Viviane Nicaise. Le cahier à fleurs (T1 2010 et T2 2011).



13/05/2014
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