OLERE (David). Un artiste témoin de la Shoah (48 oeuvres)

OLERE (David)

 

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Biographe de David Olère et de son fils Alexandre. 

 

 

19 janvier 1902. Naissance à Varsovie de David Oler. Il est le cadet de trois frères. Son père est médecin et sa mère sage-femme. 

 

1915. David Oler, entre à l'Ecole des Beaux Arts de Varsovie, malgré le numerus clausus, avec une dispense d'âge. 

 

1918. David ayant obtenu une bourse, il quitte la Pologne pour Berlin. Il est engagé par Ernst Lubitsch à l'Alliance européenne du Film comme peintre, maquettiste, décorateur de studios. 

 

1923. David "monte" à Paris, qui est considérée à l'époque comme la ville phare des écrivains, des artistes et des intellectuels. Il s'installe à Montparnasse et fréquente le Dôme et la Coupole. Il rencontre les peintres Max Ernst et Modigliani. Il fait partie de "la Horde". Il enseigne à l'Académie de la "Grande Chaumière" et devient affichiste chez Paramount Europe. 

 

1930. David épouse Juliette Ventura, une jeune modiste de 22 ans, née à Smyrne en Turquie. 

 

13 juillet 1930. Naissance de son fils Alexandre. 

 

1937. Le couple s'installe à Noisy-le-Grand, ville qu'il ne quittera plus, sauf durant sa période de déportation. Cette même année il est naturalisé français. 

 

1939. A la déclaration de la guerre, David est mobilisé au 134e Régiment d'infanterie à Lons-le-Saunier (39)

 

1940. A la défaite, David est rendu à la vie civile. Mais la Paramount ferme ses portes et il se retrouve au chômage. Sa famille va devoir porter l'étoile jaune et subir les restrictions et humiliations qui vont avec. 

 

20 février 1943. Arrestation par la police française de David à son domicile. Alexandre est séparé de sa mère (qui n'est pas déportée) et envoyé dans plusieurs familles d'accueil, en particulier dans l'Yonne, par une organisation juive clandestine. 

 

2 mars 1943. David est déporté au départ de Drancy dans le convoi n° 49 à destination d'Auschwitz-Birkenau en compagnie de 1000 Juifs. 

 

1943-1945. David, matricule 106144, est affecté à un sonderkommando. Il est chargé de creuser des fosses ardentes, de vider les chambres à gaz, d'alimenter les crématoires en combustibles et cadavres. 

 

19 janvier 1945. Devant l'avancée de l'Armée rouge, le camp d'Auschwitz est évacué et les détenus partent pour une longue "marche de la mort" jusqu'à Ebensée en Autriche. 

 

6 mai 1945. Fin de la marche de la mort, les survivants étant délivrés par l'armée américaine. De retour à Noisy-le-Grand, il entreprend immédiatement son travail de mémoire en réalisant des dessins et des tableaux. 

 

8 mai 1945. Fin de la Deuxième Guerre mondiale en Europe. Alexandre voudrait retourner à l'école, mais est obligé de travailler. Il fera carrière dans les affaires. 

 

1970. Naissance de Marc Abraham, fils d'Alexandre et petit-fils de David. 

 

1984. Premier voyage d'Alexandre à Auschwitz. il est accompagné de son fils Marc. 

 

2 août 1985. Décès de David Olère à Noisy-le-Grand-le-Grand. "Il a été tué non par l'âge ou la maladie, mais en apprenant qu'un universitaire français osait enseigner à la jeunesse que ce qu'il a vécu quotidiennement de 1943 à 1945 parmi des millions d'autres, n'a jamais existé."

 

1995. Alexandre commence à rédiger le livre dont sont extraits les oeuvres qui suivent . Il est publié aux Etats-Unis en 1998 sous le titre "Witness-images of Auschwitz et rapidement traduit en Français. 

Il fait donation de l'oeuvre artistique et historique de son père à de nombreux musées en Israël, Etats-Unis et France. 

 

1er mai 2010. Décès d'Alexandre Oler à Nice. 

 

 

Les commentaires entre guillemets sont de son fils Alexandre Oler. Ce récit "est fidèlement reconstitué de son témoignage vivant, confirmé par d'autres témoignages, et par ce que j'ai pu vérifier moi-même sur place lors de plusieurs voyages, en compagnie d'historiens spécialisés. J'ai choisi pour l'essentiel des oeuvres de sa période 1945 (retour d'Auscwitz) à 1948, quand l'indicible était encore vécu par l'artiste dans son quotidien."

 

 

Oeuvres 

 

Première partie. Des wagons plombés directement à la chambre à gaz. 

 

Cette première partie illustre ce qui se passe pendant les quelques heures qui s'écoulent entre l'arrivée des trains, à Auschwitz-Birkenau, sur la plateforme de sélection, et la sortie des victimes par la cheminée des crématoires II à V. 

 

 

"Vue d'ensemble de la sortie des esclaves en marche vers un chantier" 

(1946, Yad Vashem, Jérusalem)

 

"A côté du corps de garde des SS, un orchestre de détenus doit exécuter de joyeuses valses viennoises à 5 h du matin par -15° en face de la potence dressée de l'autre côté de l'allée centrale" (Yad Vashem, Jérusalem)

 

 

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"Dans le wagon plombé"

(1947) (Musée des combattants des ghettos, Galilée, Israël)

 

Les détenus viennent d'arriver, ils sortent des trains, entourés de gardes armés de bâtons qui crient et n'hésitent pas utiliser leurs gourdins. Les gardes sont le plus souvent accompagnés de chiens qui aboient sur les détenus. 

 


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"Laissez vos bagages et vos provisions" 

(1952) (Musée de l'héritage juif, New-York USA)

 

"Dès que nous descendons du train (...) nos bagages et nos provisions nous sont arrachés des mains et jetés en tas sur le bas   côté. 

 

Nous n'avons déjà plus rien quand nous nous mettons en marche le long de la voie ferrée vers une plateforme située au croisement de deux allées centrales. 

 

D'un côté, des rangées de baraques en bois semblent nous attendre, mais d'un autre côté, des cheminées en briques noircies crachent une épaisse fumée grasse qui fait écran au ciel." 

 

On remarquera, sur le bras gauche, le numéro matricule qui était tatoué sur les détenus. Il s'agit en fait du propre matricule de David Olère. 

 


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"Frauen und Kinder links."

(1952, Conservatoire historique de Drancy, France)

 

"Nous sommes rangés sur la plateforme qui borde la voie ferrée. 

 

D'un geste du doigt, un officier allemand nous désigne la file de droite, vers les baraques, ou de gauche vers le fond de l'allée principale. les familles sont séparées. Nous vivons des tragédies. Des mères se prosternent aux pieds de leurs bourreaux. 

 

Ces femmes que vous voyez passer à la sélection ne tiennent pas forcément dans leurs bras leur propre bébé. Leur propre bébé est peut-être mort pendant le trajet qui a duré plusieurs jours  et plusieurs nuits. Comme les cadavres ne peuvent pas être évacués des wagons plombés, des mères deviennent folles quand leur bébé commence à sentir."

 

La grand-mère, au premier plan, est accompagnée de ses petits enfants, les parents ayant été emmenés dans un autre convoi. Elle demande humblement du lait ou de l'eau pour ses petits enfants, mais elle ne sait pas qu'elle a été sélectionnée pour la chambre à gaz. 

 


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"Des chrétiens parmi nous." 

(1945, Musée des Combattants des Ghettos, Galilée, Israël)

 

"Ce prêtre catholique que vous voyez ici soutenant fraternellement un rabbin, a voulu rester auprès du petit garçon qui a été confié à son institution religieuse par des parents déportés avant lui. 

 

Pour ce prêtre, cela signifie le train plombé et la chambre à gaz, peut-être avec l'enfant, peut-être pas. 

 

Des cas comme celui-là ne sont pas exceptionnels parmi le clergé de base. Quelques uns ont vécu leur foi jusqu'à ses ultimes conséquences."

 

 

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"Blocks II à V à Auschwitz II Birkenau"

(1945, Musée des Combattants des Ghettos, Galilée, Israël)

 

"Pour les inaptes aux travaux forcés, pour la plupart d'entre nous, pour vous tous, c'est ici la fin du voyage . C'est le terminus. 

 

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Salle de déshabillage, chambres à gaz, crématoires. 

 

La voiture que vous voyez avec une croix rouge est là pour tranquilliser les victimes. Elle renforce l'illusion qu'il s'agit bien d'un local sanitaire pour passer à la désinfection, avant de recevoir soins et nourriture. 

 

C'est cette même voiture qui apporte dans le camp le Zylon B qui dégagera l'acide cyanhydrique, pour tuer les femmes, les enfants et les inaptes, mais aussi les travailleurs épuisés." 

 


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"Dans la salle de Déshabillage"

(1946, Musée des Combattants des Ghettos, Galilée, Israël)

 

Tous les détenus doivent se déshabiller pour aller "à la douche", dont l'entrée se situe au fond de la salle. Cela se fait sous les hurlements, les coups de gardiens et les aboiements des chiens, pour que l'opération se déroule plus vite. 

 

Les vêtements seront récupérés et tr!és. Tous les bijoux sont arrachés. Les alliances qui sont difficiles à enlever seront arrachées plus tard sur les cadavres, "s'il le faut, on coupera les doigts récalcitrants". 

 

On distingue deux catégories "d'employés" 

- Les kapos qui sont des gardiens SS.

- Les commandos spéciaux, qui sont des détenus, qui sont eux mêmes brutalisés pour aller plus vite. A la moindre défaillance, ils seront eux mêmes exécutés. 

 

 

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"Dans la chambre à gaz"

(1950, Collection privée)

 

"Les nouveaux venus commencent à comprendre que ce ne sera pas une douche sanitaire, mais ils ne savent toujours pas ce qui les attend. 

 

L'odeur écoeurante de chair brûlée qu'ils ont respirée depuis leur descente du train aurait pu les alerter, mais ils n'ont pas eu le temps de s'interroger. 

 

Le temps, la durée, la vitesse d'exécution sont essentiels pour les SS. Ils sont chronométrés." Ils font même parfois des concours de vitesse entre les différentes équipes. 

 

"Quand la porte étanche sera refermée sur le premier rang des victimes, elle les tassera un peu plus le fond, et le gaz sera introduit d'en haut par une colonne grillagée." 

 


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"L'asphyxie au Zyklon B"

(1960, Musée de l'héritage Juif, New-York, USA)

 

"Personne n'a vu que vous voyez maintenant 

Il n'existe aucune image prise à l'intérieur d'une chambre à gaz en cours d'opération. C'est portant ce que vous voyez ici. Vous voyez l'asphyxie de 1000 personnes à la fois. Un train complet."

 


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"Après le gazage"

(1946, Musée des Combattants des Ghettos, Galilée, Israël)

 

Après le gazage, les corps sont sortis de la chambre et trainés sur le sol, jusqu'à une équipe chargée de couper les cheveux des femmes et d'arracher les dents en or de la bouche des cadavres. Ces besognes sont effectuées par les sonderkommandos qui doivent agir très rapidement, sous peine de faire partie du prochain convoi. 

 

 


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"Nos cheveux, nos dents et nos cendres"

(1946, Yad Vashem, Jérusalem, Israël)

 

Ces tâches sont effectuées sous la surveillance des kapos. Attention à celui qui oublierait une dent en or dans la bouche d'une victime. Le prix à payer sera de 20 coups de schlague ou la chambre à gaz à la prochaine fournée. 

 


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"Dans la salle des fours"

(1945,, Musée des Combattants des Ghettos, Galilée, Israël)

 

"La porte que vous voyez au fond de la salle des fours est celle qui s'ouvre sur le monte-charge qui apporte les cadavres venant de la chambre à gaz. 

 

Ils sont pris en charge par d'autres commandos spéciaux qui doivent traîner les corps sur le sol mouillé, les charger sur une glissière puis les enfourner. Quand ils ouvrent un four, la flamme leur jaillit au visage et ils sont reconnaissables  à ce que leurs cheveux, leurs cils et leurs sourcils sont brûlés. 

 

Il leur faut aussi alimenter les fours en charbon et vider les cendres qui seront utilisées comme engrais après concassage. 

 

En bas à gauche, vous voyez sur un four le nom du fabricant : TOPF, à Ehrfurt, en Allemagne. En 1995, l'entreprise familiale existait encore. 

 

A partir de 1943, les fours fonctionnent nuit et jour sans interruption mais cela ne suffit plus à écouler les arrivages. Il faut alors creuser des tranchées, arroser les cadavres au pétrole et les brûler en plein air." 

 


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"La seule issue"

(1945, Collection privée)

 

Dans cette oeuvre David Olère, explique qu'une fois entré à Auschwitz, malheureusement la seule issue, quelle que soit la manière de mourir, est le passage par le four crématoire, pour les femmes, les enfants, les hommes. Le signe des SS siglé de deux têtes de morts, est là pour rappeler que les seuls responsables de ce drame sont les SS qui servent le régime nazi. 

 

On remarquera en bas à gauche la présence d'un véhicule de la Croix Rouge dont la présence en ces lieux parait totalement anachronique, la Croix Rouge étant censée venir en aide aux gens. 

 


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Deuxième partie. Vie et mort au jour le jour dans le camp. 

 

 

"Environ dix pour cent des déportés arrivés vivants sur la plateforme de sélection d'Auschwitz II Birkenau ont été désignés pour le travail forcé. 

 

Ce sont les seuls à avoir pénétré dans les baraques du camp, où ils ont enfin compris. 

 

La première chose qu'ils ont compris (....) c'est que tous leurs compagnons de voyage sont déjà partis en fumée. la fumée qu'ils ont respirée en attendant leur numéro de matricule et leur pyjama rayé. 

 

La deuxième chose qu'ils ont comprise, c'est que leur sort annoncé est de suivre le même chemin. Et ce sera bientôt; 

 

Cette deuxième partie donne à voir ce qui s'est passé à l'intérieur du camp d'Auschwitz II Birkenau." 

 

 

"Dans un chantier comme celui-ci"

(1945, Musée des Combattants des Ghettos, Galilée, Israël)

 

Travailler dans un chantier comme celui-ci c'est être condamné à une mort lente (de faim, d'épuisement, mourir sous les coups d'un quelconque gardien, de froid, de dysenterie, ou se suicider par désespoir).  

 


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"Le doigt tendu" 

(1945, Musée des Combattants des Ghettos, Galilée, Israël)

 

"Le doigt est pointé sur le travailleur épuisé dont le destin est maintenant de se voir appliquer la "solution finale"

 

Il sera remplacé par un nouvel arrivant."

 

 

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"La seringue au phénol"

(1945, Collection privée)

 

"Les sélections n'ont pas lieu qu'une fois pour toutes à l'arrivée des convois. Tous les jours, il y a des sélections parmi les travailleurs admis dans les baraques. 

 

A tout moment, un "SS Doktor" fait irruption, suivi d'un sergent et de soldats en armes. Le chef de baraque hurle un ordre. Il faut se précipiter aux pieds des chalits et se présenter nus au garde à vous de chaque côté de l'allée centrale. 

 

Le SS Doktor nous passe en revue et désigne d'un doigt négligent ceux qui vont être chargés sur le camion qui attend devant la baraque. Inaptes ! Place aux nouveaux arrivants !

 

D'autres fois, les chambres à gaz sont pleines et le flux des nouveaux arrivants est déjà en attente à l'extérieur. Il faut encore accélérer les cadences. 

 

Le SS Doktor sort de sa poche une énorme seringue à bétail, aspire le poison que lui présente son "assistant" et l'injecte dans la poitrine de l'homme épuisé qui n'a plus la force, peut-être pas même le désir d'esquisser un geste pour tenter d'échapper à son destin. Il tombe au pied du chalit. Il nous faudra transporter le corps au crématoire avec les autres, sachant que pour les rescapés que nous sommes, ce sera pour la prochaine fois. 

 

 

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"Arbeit macht frei"

(1945, Musée des Combattants des Ghettos, Galilée, Israël) 

 

Un matin de février 44, dans le froid avant de repartir au travail, une nouvelle fois, une sélection.

 "Est-ce mon tour ? Non. C'est ton tour !

 

Ecoute mon pote, il n'y a pas grande différence. La prochaine fois, ce sera mon tour. 

D'ailleurs, je ne sais pas si je veux vraiment passer encore une journée de leur sale boulot. Ce travail me tue. 

On y passera tous. 

Tu passes devant, c'est tout. 

A bientôt mon pote."

 

 

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"Les sonderkommandos"

(1965, Musée de l'Héritage Juif, New-York, USA)

 

"J'ai été sélectionné pour travailler dans les Sonderkommandos (Commandos Spéciaux)

 

Les Sonderkommandos sont des équipes, de déportés contraints de travailler à l'intérieur même des chambres à gaz et des fours crématoires. Ils doivent faire fonctionner l'usine à tuer sans interruption jour et nuit et apporter ainsi leur contribution à la "solution finale"

Dès qu'ils faiblissent, ils passent à la chambre à gaz avec le prochain convoi et sont remplacés par de nouveaux arrivants . 

 

La durée moyenne dans les SK varie entre quelques heures et quelques semaines."

 

David Olère est chargé de sortir les cadavres des wagons plombés et de les conduire aux fours crématoires. 

 

 

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"En rentrant du travail"

(1967, Musée de l'Héritage Juif, New York, USA)

 

"En quittant notre lieu de travail forcé, il nous faut porter plusieurs dizaines de camarades morts sous les coups de matraques des kapos et des SS, ou bien tombés de famine et d'épuisement."

 


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"Dans le camp des femmes" 

(1945, Yad Vashem, Jérusalem, Israël)

 

"Les travaux les plus durs et les traitements les plus cruels sont imposés aux femmes comme aux hommes. 

 

Elles ont travaillé à l'assèchement des marais insalubres et à la reconstruction des zones bombardées par les Russes. 

 

Maintenant, elles sont forcées de travailler à la construction du Krématoire III. Quand il sera mis en service, elles seront les premières à passer à la chambre à gaz. Elles le savent. 

 

Il y a des surveillantes auxiliaires et des femmes-kapo pour accélérer les cadences à la schlague. 

 

Les SS supervisent le tout avec leurs fusils, leurs mitraillettes et leurs chiens, sous les ordres des ingénieurs et des architectes dont la plupart sont des civils. 

 

Des gens instruits. des pères de famille. Des allemands."

 

 

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"La nouvelle"

(1948, Yad Vashem, Jérusalem, Israël)

 

"La femme que vous voyez se tenir debout et raide derrière les autres est une nouvelle arrivante. c'est son premier jour dans le camp.

 

Elle pense qu'elle ne va jamais pouvoir porter une saloperie pareille, et qui sent mauvais. Elle va la donner aux autres dans une tentative pathétique pour s'intégrer dans ce qu'elle croit être un groupe amical et solidaire. 

 

Bientôt, elle va se précipiter sur sa gamelle et elle essaiera d'en arracher une autre à la plus faible."

 

 

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"Sprechen sie deutsch"

(1947, Yad Vashem, Jérusalem, Israël)

 

Pour récompenser les kapos qui faisaient bien leur travail, les Allemands forçaient certaines femmes à se prostituer à l'intérieur du camp. 

 


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"La mère et la fille"

(1948, Collection privée)

 

 

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"Les jumelles ont la chantz"

(1945, Yad Vashem, Jérusalem, Israël)

 

Cette image évoque l'activité du "docteur" Mengele qui se prétendait expert en gémellité et dirigeait des pseudo expériences sur les jumeaux. Peu d'entre eux ont survécu. 

 

Après la guerre Mengele réussit à prendre la fuite et se réfugie en Amérique du Sud. Il est retrouvé noyé sur une plage du Brésil le 7 février 1979. 

 

 

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"La table"

(1974, Yad Vashem, Jérusalem, Israël)

 

Cette femme enceinte est attachée par les chevilles et les poignets à la table d'examen. Les SS Doktors se livrent sur elles à des "recherches scientifiques"

 

Il s'agit maintenant d'observer les réactions du foetus à "différentes sortes de stimuli extérieurs." 

 

Le résultat de ces "investigations médicales" est que la mère va agoniser pendant de longs jours d'une infection générale à moins qu'elle ne soit déjà morte sur la table pendant l'expérience."

 


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"Des femmes nues à la décharge"

(1946, Musée des Combattants des Ghettos, Galilée, Israël)

 

"En janvier 1944, j'ai vu arriver les premiers camions de femmes nues déchargées en vrac devant l'entrée du Kreématoire II. 

 

On les force à se déshabiller à coups de schlague dans leur baraque et à monter nues dans le camion. Dehors il fait moins 15 ou moins 20. Le sol dur est surgelé, l'air glacé, le vent souffle avec de la neige en rafales. 

 

Le camion s'arrête et le plateau est relevé. 

 

Les femmes qui se tiennent debout à l'arrière sont précipitées au sol les premières. Elles reçoivent sur elles le reste du chargement et n'ont plus la force de bouger. Les autres sont paralysées de froid et de terreur. 

 

Elles savent toutes le sort qui les attend à l'intérieur."

 


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"Où sont mes jolies blondes polonaises ?"

(1950, Musée des Combattants des Ghettos, Galilée, Israël)

 

"Les cheveux des femmes sont coupés à la sortie des chambres à gaz, pus triés, démêlés et empaquetés dans des sacs. Ils sont mélangés à d'autres textiles pour doubler les capotes et les couvertures de l'armée allemande sur le front de l'Est. En Pologne, beaucoup de juives étaient de jolies blondes. Il y avait aussi des rousses incendiaires !

 

Je ne vois plus de jolies blondes en Pologne. je ne vois plus que des incendies." 

 


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"Les SS savent parler d'amour"

(1946, Yad Vashem, Jérusalem, Israël)

 

Sur cette image, David Olère se représente en train d'illustrer des lettres d'amour pour les SS. Ses talents de dessinateur étant appréciés, c'est peut-être ce qui lui a permis de survivre au turn over important des membres des Sondernkommando. 

 

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"L'abat-jour"

(1947, Collection privée)

 

David Olère, dessine une marine sur un abat-jour pour le chef des kapos. 

 

"Oui, mais l'abat-jour est fait avec la peau tannée d'une jeune fille juive."

 


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"Je ne sais pas ton nom"

 

"Je t'observe en ce moment, tandis que tes vêtements te sont arrachés en présence des officiers SS pour qui tu viens tout juste d'être sélectionnée. 

 

Le temps s'arrête pour un court instant. Immobile. 

Rien qu'un instant. Une seconde d'éternité. 

 

Tu n'as pas bougé. tu as gardé une parfaite maîtrise de ta personne et de ta peur. Ton visage a la ressemblance du Divin, tes traits parfaits ont exprimé en cet instant le plus souverain mépris jamais ressenti par une femme pour un homme, devant sa cruauté ignoble. 

 

Pas de haine, pas de la peur. Du mépris. 

 

Mépris pour l'oppression. condescendance dominatrice envers la barbarie, envers cette humanité misérable, dont pas un seul individu ne va te secourir, dont pas un seul ne peut t'épargner les atrocités qui te sont maintenant promises. 

 

Les SS eux-mêmes, semblent percevoir quelque chose.

Ils ont l'air un peu embarrassés, dépassés par l'insolite."

 


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"Je ne sais pas ton nom (suite)"

(Taille directe, 1965, Collection privée)

 

"Tu ne t'en es peut-être pas rendue compte, ma Beauté, mais j'en témoigne, il y a eu parmi les bourreaux comme un malaise, une incertitude, une hésitation. 

 

Bien sûr, ils vont te forcer. Bien sûr, ils vont te violer. bien sûr, ils vont te tuer, et c'est moi même, et personne d'autre, qui va traîner ton corps meurtri et souillé hors de la pièce quand ils en auront terminé. 

 

Mais voici venir pour toi, ma princesse, une vie nouvelle, et je sais enfin pourquoi il m'a fallu apprendre l'art des Grecs et des Romains. 

 

J'ai survécu comme sculpteur pour rendre témoignage à ton visage sublime et pour montrer l'exemple de ta vraie noblesse. 

 

Ce monument à ta ressemblance, Majesté Royale, 

est une taille directe dans la pierre. 

 

Mais je ne sais pas ton nom."

 


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"Vers le bunker"

(Conservatoire Historique de Drancy, France)

 

"Je suis maintenant en marche vers le bunker. 

Le bunker des punis. 

 

Je ne sais pas de quoi je suis puni mais cela n'a aucune importance. Ils n'ont pas besoin d'une raison pour vous envoyer au bunker, ou à la chambre à gaz."

 


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"Dans le bunker"

(1947, Collection privée)

 

Le bunker était une prison dans la prison où plusieurs types de supplices pouvaient être pratiqués :

 

- La cellule debout, cellule de un mètre carré et demi dans laquelle on mettait 4 hommes. Ils ne pouvaient rester que debout. 

 

- La cellule sombre, petite cellule qui ne comportait qu'une toute petite fenêtre. Les détenus dans cette cellule décédaient souvent par suffocation après avoir brûlé tout l'oxygène de la cellule. 

 

- D'autres détenus furent pendus par les bras, les mains entravées dans le dos et ceci pendant des heures, parfois des jours. Ce supplice provoquait la dislocation des articulations des épaules. 

 


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"Des lingots pour les banques suisses"

(1945, Musée des Combattants des Ghettos, Israël)

 

"Les dents en or arrachées de la bouche des cadavres, les alliances enlevées aux doigts tranchés, tout l'or volé sur les victimes asphyxiées est fondu dans cet atelier du Block III par d'anciens bijoutiers. 

 

Ces lingots fabriqués par des Sondekommandos ne sont pas conformes aux normes internationales imposées par les Banques Centrales. 

 

Ils seront pourtant achetés par les banquiers suisses moyennant une importante décote sur les cours de l'or toujours en vigueur à Londres. 

 

Cette remise importante est par elle-même une preuve, s'il en fallait une, que les banquiers suisses sont parfaitement au courant de l'origine criminelle de ces lingots atypiques. 

 

Mais le secret et le mystère des banques suisses fonctionnent encore comme d'habitude."

 


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"Une cachette pour l'or"

(1946, Yad Vashem, Jérusalem, Israël)

 

Un gardien inspecte des détenus pour vérifier qu'ils n'ont pas caché d'objets en or. 

 


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"Les fosses ardentes"

(1976, Musée des Combattants des Ghettos, Galilée, Israël)

 

"Les salles de déshabillage sont pleines. Les chambres à gaz sont pleines, les crématoires sont pleins. les convois continuent d'arriver sans interruption de Hongrie et d'ailleurs. les nouveaux arrivants doivent passer la nuit dehors en attendant leur tour après la sélection. 

 

Ceux qui sont sélectionnés pour le travail vont creuser des tranchées, les autres sont alignés au bord et mitraillés dans le dos de façon à ce qu'ils tombent au fond de la fosse. Les couches de cadavres seront alternées avec des couches de bois, le tout parsemé de chiffons imbibés d'essence et incendié jour et nuit. 

 

Les bébés sont arrachés à leur mère et jetés directement aux fosses ardentes. On gagne du temps."

 


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"Nacht und Nebel" 

(1945, Collection privée)

 

Autre scène d'exécution de femmes au bord d'une fosse ardente, cette fois-ci par un officier SS. 

 


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"Wolten ausrücken (Ils ont tenté de s'évader)

(1946, Musée des Combattants des Ghettos, Galilée, Israël)

 

Des détenus ne supportant plus les conditions inhumaines du camp tentent "de s'évader" en fait de quitter la vie. Certains se jettent sur les barbelés électrifiés, agressent des gardiens dans l'espoir de se faire tuer d'une balle, demandent à des camarades de les tuer avec leurs outils. 

 

Dans tous les cas,  vivants ou morts , ils sont pendus pour l'exemple. 

 


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"Mes cinq sens pleurent"

(Musée de l'Héritage Juif, New-York, USA)

 

Dans ce tableau David Olère illustre les 5 sens de l'homme mais à travers l'épreuve de la déportation.  

 

"Respire. L'air d'ici c'est l'odeur des filles que l'on grille au déport. 

 

Vois. Cet enfant que tend le tortionnaire fonctionnaire du déport. 

 

Ecoute. Le bruit long que font les pas des morts entre les miradors c'est le déport. 

 

Goûte. Ce saindoux fait des seins doux qu'on découpe comme des porcs !

 

Touche. Ces blessures que font l'imposture, l'ignorance et les mouches.  

 


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"Ma guerre personnelle"

(1945, Yad Vashem, Jérusalem, Israël)

 

"Vers fin 1944, ils commencent à comprendre que la guerre est perdue pour eux. 

 

Certains s'enhardissent à capter les informations diffusées de Londres par la BBC. Ils ont besoin de moi pour leur traduire d'anglais en allemand. 

 

C'est un exercice difficile. Je multiplie leurs pertes par dix. J'abats tous leurs avions. Je coule tous leurs navires. J'accélère l'avance des Russes à l'Est et des Américains à l'Ouest. Bientôt, ils seront aplatis entre les deux. Leurs villes sont incendiées par la Royal Air Force et Berlin est en ruines. 

 

En réalité, je ne fais qu'anticiper. Quand ils recevront des nouvelles de chez eux, s'ils en reçoivent, mes rapports seront confirmés. 

 

Ils disent que tout cela ne nous aidera pas, nous les juifs, à sauver notre cul. 

 

Quand ils devront évacuer devant l'avance des Rouges, ils vont tout faire sauter dans le camp et ils vont exterminer toute la racaille judéo-capitaliste. 

 

L'ordre viendra de Berlin. Ils feront leurs devoirs. Ils n'hésiteront pas. Ils sont prêts. 

 

"Nous sommes des soldats. pour nous, un ordre est un ordre, tu comprends ?"

 

Je comprends les informations de la BBC en anglais : Paris et Strasbourg sont libérés depuis un mois." 

 

 

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"Verboten"

(1945, Musée des Combattants des Ghettos, Galilée, Israël)

 

"Nous sommes le 24 décembre 1944. ce sera le dernier Noël à Auschwitz. 

 

Devant un portrait du Christ et une étoile de David que j'ai réussi à tracer à la sauvette sur du carton d'emballage, nous tentons de nous recueillir ensemble pour un court instant, Juifs, non-Juifs, athées, communistes etc.., pendant qu'un camarade fait le guet.

 

Pourquoi faire le guet ? C'est interdit ?

Bien sûr c'est interdit. Où vous croyez-vous ? 

ICI TOUT EST INTERDIT"

 


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"Cloués sur la croix encore une fois !"

(1946, Yad Vashem, Jérusalem, Israël)

 


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"La marche de la mort" 

(1945, Musée des Combattants des Ghettos, Galilée, Israël)

 

"Nous voici une fois de plus en marche vers une destination inconnue. Seule certitude : la mort. 

 

Fuyant l'avance des Soviétiques les SS nous ont extraits de nos baraques et nous poussent devant eux à coups de matraques dans la boue, la neige et la glace. 

 

Moi je veux survivre pour vous montrer pour vous donner à voir ce qui se passe, pas pour vous dire ce que vous devez penser. 

 

Je ne pense pas. Je marche. Ma vie tient à un pas de plus, puis au suivant. Plus de pas, plus de vie. Chaque pas est une victoire sur l'Allemagne, sur les SS, sur la mort, sur moi-même. 

 

Je n'ai pas de manteau, pas de chaussures, pas de couverture, rien à manger, rien à boire que de la neige. 

 

Mes compagnons, connus ou inconnus, tombent et meurent sur les bas-côtés. Il ne faut pas tourner la tête. Cela ne sert à rien. Cela ne les aidera pas, cela ne m'aidera pas. Quand je tomberai mort, personne ne tournera sa tête."  

 


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"Sur le quai"

(1947, Collection privée)

 

"Je ne tomberai pas. j'attendrai pour tomber le prochain pas, puis le suivant. Je dois survivre. Je dois montrer ce que personne ne pourra montrer.

 

Je ne sais pas combien de temps cela a duré. une fois, on nous a encore entassés dans des wagons de marchandises à ciel ouvert. Nous avons reçu une soupe. nous avons vécu un jour, puis un autre. je ne sais pas comment je suis arrivé finalement à Mauthausen, à Melk, puis à Ebensee en Autriche, mon dernier camp. J'ai survécu. 

 

Le bruit des canons, des obus et des mitrailleuses s'est rapproché de moi. Les bombardements se sont intensifiés."

 


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"Le Kaddish"

(1954, Musée des Combattants des Ghettos, Galilée, Israël)

 

Dans ce tableau, David Olère veut nous montrer que malgré les épreuves subies, ces hommes continuent à croire et à pratiquer leur foi, bien que certains puissent s'interroger sur le sens de telles épreuves.  

 


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"La nuque roide et le regard voilé"

(Collection pivée)

 


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"It's over now"

(1945, Yad Vashem, Jérusalem, Israël)

 

C'est la fin. Les détenus sont délivrés par les Américains qui les prennent en charge pour essayer de les sauver. 

 


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 "Le Messie porte l'uniforme américain"

(1945, Yad Vashem, Jérusalem, Israël)

 

"Il est venu en uniforme américain. 

Il est là et je le vois. C'est lui. 

Il est devant moi.

Il marche à mes côtés. 

 

Il a chassé les démons de la Terre. 

On peut respirer l'air. 

C'est bien lui. Je le reconnais. 

Il est venu pour moi. Il est venu pour vous. 

Il est venu pour nous tous. 

 

Il est venu

 

C'est vrai, il m'a dit : "On va t'aider"

C'est vrai, il m'a dit : "On y va ensemble." 

C'est vrai, il m'a dit : "Mon pote"

 

LA FIN 

ET 

LE COMMENCEMENT

 


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Source. 

 

OLER (Alexandre). Un génocide en héritage. Tableaux de David Olère, survivant des Sonderkommandos. Edts Wern 1998, 123 pages. Les tableaux sont de David Olère et les textes d'Alexandre Oler. 

 

 

Date de création. 21 janvier 2022

Dernière mise à jour. 25 janvier 2022. 



21/01/2022
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