USA : Industrie automobile

General Motors: le CA prêt à envisager la faillite, contre l'avis du PDG

 

 

            Face à la crise de liquidités qui menace la survie du constructeur automobile américain General Motors, le conseil d'administration serait prêt à envisager un placement sous le régime des faillites, contre l'avis du PDG Rick Wagoner, qui y est farouchement opposé. Le régime des faillites prévoit la restructuration d'une entreprise sous la supervision d'un juge. Elle se traduit généralement par des concessions salariales et lèse les actionnaires comme les créanciers.

            Le  Conseil d'administration  du premier constructeur automobile américain est prêt "à étudier toutes les options" pour assurer sa survie, y compris une mise en faillite, d'après  le Wall Street Journal, s'appuyant sur des sources proches du dossier.

            Une telle position de la direction, si elle est avérée, serait un terrible revers pour le leader incontesté de l'automobile mondiale, en passe de perdre son titre cette année face au japonais Toyota.

            Le patron de GM, aux côtés de ses homologues chez Ford et Chrysler, cherche avant tout à obtenir une rallonge de 25 milliards de dollars à l'aide publique au secteur, un soutien qui permettrait selon eux de parer à la crise de liquidités qui les menace à brève échéance, GM en premier. Une première enveloppe de 25 milliards a été votée par le Congrès en septembre, mais n'a pas encore été débloquée à ce jour.

            GM a prévenu ne pas pouvoir s'en sortir seul au-delà des deux prochains mois. En effet sa trésorerie s'épuise rapidement et ses ventes sont en déclin continu depuis plusieurs trimestres. Depuis 2005,  GM cumule plus de 72 milliards de dollars de pertes.

            Le PDG de GM n'est pas le seul à être opposé à la voie de la faillite. Celui de Ford Alan Mulally et de Chrysler Bob Nardelli ont eux aussi agité devant le Congrès les conséquences "désastreuses" sur l'économie du pays d'une faillite de l'un d'entre eux. Un tel scénario pourrait menacer potentiellement 3 millions d'emplois, selon ces dirigeants, en raison de la forte interdépendance de plusieurs acteurs, à commencer par les fournisseurs.

            Le patron de Ford a aussi affirmé que le placement d'un constructeur sous la protection de la loi sur les faillites mènerait plus sûrement à sa liquidation qu'à sa restructuration. Cela pourrait en effet faire s'effondrer les ventes en raison d'une perte totale de confiance chez les consommateurs, a renchéri Bob Nardelli. Les "Big Three" de l'automobile n'ont pas encore gagné la partie. Leurs auditions leur ont valu une salve de critiques, leurs détracteurs jugeant que ce sont eux, et non la crise, qui sont les premiers responsables de leurs difficultés, en n'ayant pas fait évoluer leur gamme de véhicules assez rapidement.

            Plusieurs élus ont estimé qu'il fallait laisser les trois constructeurs passer par la faillite au lieu de leur signer "un chèque en blanc", afin qu'ils refondent leur modèle économique.

            La majorité démocrate du Congrès s'est donné deux semaines pour faire voter un plan d'aide.

 

(D'après AFP le 22 novembre 2008)



22/11/2008
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