1939-1945. Kessel (Joseph). L'armée des ombres (Roman)

L'armée des ombres.

 

Joseph Kessel

 

 

Pocket 2008 (1943) 253 pages.

 

 

* * * * * * * * *

 

Les personnages.

 

Luc JARDIE dit Saint-Luc dit Le Patron. Intellectuel qui semble totalement détaché du monde et plus préoccupé par ses livres que par ce qui l'entoure, c'est en réalité un des plus haut responsable de la résistance en France.

 

Philippe GERBIER. Ingénieur de formation, il dirige un des mouvements de la résistance. Il change souvent d'identités et de caches. A la fois homme d'action et de réflexion, il n'hésite pas à participer aux opérations les plus périlleuses. Il est doté d'un remarquable sans-froid, et ne recule devant aucun sacrifice pour sa cause. c'est le héros du roman. Tout tourne autour de lui. Une grande partie du livre est constituée de ses « réflexions ».

 

Félix dit Félix la tonsure. Garagiste à Levallois, ancien membre des corps francs durant la guerre, il s'est réfugié à Nice avec sa famille pour ne pas avoir à travailler pour les Allemands. Sa famille (sa femme et son enfant) ne sont pas au courant de ses activités. C'est l'homme de confiance de Gerbier

 

Jean-François Jardie. Jeune insouciant, ancien membre des corps francs, camarade de combat de Félix qui l'a recruté. Il sait utiliser son physique avantageux et n'hésite pas à faire preuve d'audace, même face aux Allemands. C'est par ailleurs le frère de Luc Jardie dont il ignore, au début, l'activité.

 

Mathilde. Mère de 7 enfants, elle n'hésite pas à tout quitter pour rejoindre la résistance. Capturée elle réussit à s'évader. Elle devient rapidement une pièce essentielle du réseau et elle est particulièrement appréciée de Gerbier.

 

Guillaume le Bison. Ancien légionnaire, il obéit aux ordres sans discuter. C'est lui qui est chargé des exécutions de traîtres ou d'Allemands et des coups de main. Il voue une très grande admiration à Mathilde.

 

Claude Lemasque. Il entre dans la résistance pour accomplir des exploits. Il découvre rapidement la dure réalité du combat, mais tient le coup et devient un élément important du réseau.

 

Roger Legrain. Jeune militant communiste interné dès le début, affaibli par la tuberculose, il se met au service de Gerbier pour l'aider à s'évader.

 

 

Préface.

 

P 5. « Il n'y a pas de propagande en ce livre et il n'y a pas de fiction. Aucun détail n'y a été forcé et aucun n'y est inventé. »

 

Pour des raisons de sécurité, le livre a été écrit en 1943, si les faits sont réels, ils sont maquillés pour ne pas mettre en danger leurs auteurs ou leur famille.

 

P 8-9. « Qu'est-ce donc quand il s'agit de raconter la France, une France obscure, secrète qui est neuve pour ses amis, pour ses ennemis et neuve surtout pour elle même ?

La France n'a plus de pain, de vin, de feu. Mais surtout elle n'a plus de lois. La désobéissance civique, la rébellion individuelle ou organisée sont devenues devoirs envers la Patrie. Le héros national c'est le clandestin, c'est l'homme dans l'illégalité.

Plus rien n'est valable de l'ordre imposé par l'ennemi et par le maréchal. Plus rien ne compte. Plus rien n'est vrai. On change de domicile, de noms chaque jour. Des fonctionnaires, des policiers aident les insoumis. On trouve des complices jusque dans les ministères. Prisons, évasions, tortures, attentats, coups de main. On meurt et on tue avec naturel.

La France vivante, saignante, est toute dans les profondeurs. C'est vers l'ombre qu'elle tourne son visage inconnu et vrai. Peuple qui dans les catacombes de la révolte, forme sa lumière et trouve sa propre loi.

Jamais la France n'a fait guerre plus haute et plus belle que celle des caves où s'impriment ses journaux libres, des terrains nocturnes et des criques secrètes où elle reçoit ses amis libres et d'où partent ses enfants libres, des cellules de tortures où malgré les tenailles, les épingles rougies au feu et les os broyés des Français meurent en hommes libres.

Tout ce qu'on va lire ici a été vécu par des gens de France. Mon seul souhait est de ne pas avoir rendu avec trop d'infidélité leur image. »

 

Chapitre 1. L'évasion (pages 11-53)

 

L'action se passe en avril 1941.

 

p 11. Conduite de Gerbier, par des gendarmes dans un camp de rétention situé en Limousin. C'est un camp prévu à l'origine pour des prisonniers allemands, mais qui vu les circonstances n'a jamais été occupé.

 

P 12. Réception de Gerbier par le commandant du camp qui ne sait pas dans quelle catégorie le ranger. Il est soupçonné de pensées gaullistes.

 

P 15. Est affecté à un baraquement déjà occupé par 5 détenus :

 

  • Le colonel Jarret du Plessis. Il a été arrêté pour avoir traité Darlan de Jean Foutre

  • Le pharmacien Aubert. Il a été arrêté pour la détention d'un appareil de chimiste « l'obus malher ». C'est le mot obus qui lui a valu cette arrestation.

  • Octave Bonnafous, voyageur de commerce. Il a été arrêté pour avoir traversé une place au moment d'une manifestation gaulliste.

  • Armel, instituteur, gravement malade de la dysenterie, parmi les premiers occupants du camp. Il a été arrêté pour avoir refusé d'enseigner la haine des Juifs.

  • Roger Legrain, 18 ans, communiste arrêté avec son père.

 

P 21-22. Description du camp.

 

P 22. Les différentes catégories de détenus. « Il avait fallu de la place, encore de la place, toujours de la place. Pour les étrangers. Pour les trafiquants. Pour les francs-maçons. Pour les Kabyles. Pour les adversaires de la légion. Pour les Juifs. Pour les paysans réfractaires. Pour les romanichels. Pour les anciens repris de justice. Pour les suspects politiques. Pour ceux qui gênaient le gouvernement. Pour ceux dont on craignait l'influence sur le peuple. Pour ceux qui avaient purgé leur peine et qu'on ne voulait pas laisser libres. Pour ceux que les juges refusaient de condamner, de juger et que l'on punissait de leur innocence. »

 

P 23. La qualité des gardiens. « Pour garder ces hommes dont la foule augmentait chaque jour, il avait fallu d'autres hommes, eux aussi toujours plus nombreux. On les avait recrutés au hasard, en hâte, parmi les chômeurs de la plus pauvre espèce, les bons à rien, les alcooliques, les dégénérés. Ils n'avaient pour uniforme, sur leurs vêtements misérables, qu'un béret et un brassard. On les payait très mal. Ces déclassés avaient soudain du pouvoir. Ils se montraient féroces. Ils faisaient argent de tout : des rations de famine qu'ils réduisaient de moitié, du tabac, du savon, des menus objets de toilette, qu'ils revendaient à des prix monstrueux. La corruption était le seul moyen d'agir sur ces gardiens. »

 

P 26. Gerbier sympathise avec Legrain.

 

P 28. La Gestapo vient chercher un vieil ingénieur juif autrichien qui était interné dans le camp. Legrain empêche Gerbier d'intervenir.

 

P 29. Décès de l'instituteur Armel.

 

P 30. Pour la première fois, Gerbier parle de la résistance à Legrain. (les pages 30 à 39 sont un long exposé de la résistance de Gerbier à Legrain).

« - Monsieur Gerbier … je vous demande pardon …. mais je n'en peux plus. Je n'ai personne au monde. Parlez moi de temps en temps, monsieur Gerbier vous voulez bien ?

Alors Gerbier dit à l'oreille de Legrain.

  • On ne lâche jamais un camarade chez nous dans la résistance.

Legrain s'était tu.

- La résistance – Tu entends ? Dit encore Gerbier. Endors -toi avec ce mot dans la tête. Il est le plus beau, en ce temps, de toute la langue française. Tu ne peux pas le connaître. Il s'est fait pendant qu'on te détruisait ici. Dors, je promets de te l'apprendre. »

 

P 31. Gerbier définit les SS. « Tu comprends, ils sont venus dans leurs chars, avec leurs yeux vides. Ils pensaient que les chenilles des chars sont faites pour tracer la nouvelle loi des peuples. Comme ils avaient fabriqué beaucoup de chars, ils avaient l'assurance d'être nés pour écrire cette loi. Ils ont en horreur la liberté, la pensée. Leur vrai but de guerre, c'est la mort de l'homme pensant, de l'homme libre. Ils veulent exterminer tout ce qui n'a pas les yeux vides. Ils ont trouvé en France des gens qui avaient les mêmes goûts et ceux là sont entrés à leur service. Et ceux là t'ont mis à pourrir ici, toi qui n'avait pas commencé à vivre. Ils ont fait mourir le petit Armel. Tu les as vu livrer le malheureux qui croyait au droit d'asile. En même temps ils publiaient que le conquérant était magnanime. Un immonde vieillard essayait de suborner le pays (….) Les gens qui entouraient le vieillard calculaient que la France était crédule et qu'elle était douce (…) « La France est tellement civilisée, tellement amollie, pensaient-ils, qu'elle a perdu le sens du combat souterrain et de la mort secrète. » (….) Tandis qu'ils se réjouissaient ainsi, naissait la résistance. »

 

P 32-33. Gerbier raconte comment est née la résistance. « Comment cela s'est fait, je n'en sais rien, disait Gerbier. Je pense que personne ne le saura jamais. Mais un paysan a coupé un fil téléphonique de campagne. Une vieille femme a mis sa canne dans les jambes d'un soldat allemand. Des tracts ont circulé. Un abatteur de la Villette a jeté dans chambre froide un capitaine qui réquisitionnait la viande avec trop d'arrogance. Un bourgeois donne une fausse adresse aux vainqueurs qui demandent leur chemin. Des cheminots, des curés, des braconniers, des banquiers, aident les prisonniers évadés à passer par centaines. Des fermiers abritent des soldats anglais. Une prostituée refuse de coucher avec les conquérants. Des officiers, des soldats français, des maçons, des peintres cachent des armes. (….) Celui qui entre en résistance vise l'Allemand. Mais en même temps, il frappe Vichy et son vieillard, et les séides du vieillard et le directeur de notre camp, et les gardiens que tu vois chaque jour à l'ouvrage. La résistance, elle est tous les hommes français qui ne veulent pas qu'on fasse à la France des yeux morts, des yeux vides. »

 

P 34. Passage sur la presse clandestine.

 

P 36. Citation de Gabriel Péri. « Je suis content. Nous préparons des lendemains qui chantent. »

 

p 38-39. Gerbier explique la vie du résistant. « Sais-tu disais Gerbier, de quoi est faite la vie de l'homme illégal ? De l'homme de la résistance ? Il n'a plus d'identité, ou il en a tellement qu'il en a oublié la sienne. Il n'a pas de feuille d'alimentation. Il ne peut même plus se nourrir à mi-faim. Il dort dans une soupente ou chez une fille publique, ou bien sur les dalles d'une boutique, ou dans une grange abandonnée, ou sur une banquette de gare. Il ne peut plus revoir les siens que la police surveille. Si sa femme – ce qui arrive souvent – est aussi dans la résistance, ses enfants poussent au hasard. La menace d'être rpsi double son ombre. Chaque jour des camarades disparaissent, torturés, fusillés. Il va de gîte précaire en gîte précaire, sans feu ni lieu, traqué, obscur, fantôme de lui même (….)

Mais il n'est jamais seul. Il sent autour de lui la foi et la tendresse de tout un peuple enchaîné. Il trouve ses complices, il trouve des amis dans les champs et à l'usine. Dans les faubourgs et dans les châteaux, chez les gendarmes, les cheminots, les contrebandiers, les marchands et les prêtres. Chez les vieux notaires et chez les jeunes filles. Le plus pauvre partage sa maigre ration de pain avec lui. Lui, qui n'a même pas le droit d'entrer chez un boulanger, parce qu'il lutte pour toutes les maisons de la France. »

 

P 41. Legrain qui sent en Gerbier un personnage important lui propose de l'aider à s'évader.

 

P 50. Au moment de s'évader, Legrain, qui est très faible, refuse de suivre Gerbier car il estime que son état de santé ne lui permettrait pas de le suivre et constituerait plus un poids.

 

Finalement Gerbier s'évade grâce à l'aide de Legrain qui met en panne la centrale électrique qui alimente les projecteurs du camp.

 

Chapitre 2. L'exécution (pages 54-73).

 

L'action se déroule à Marseille.

 

P 54. Arrestation par Gerbier qui s'appelle maintenant André Roussel, aidé par Félix et le Bison de Paul Dounat, l'agent qui a trahi Gerbier.

 

« Dounat avait été entraîné dans la résistance par sa maîtresse. Tant qu'elle avait pu l'animer, Dounat s'était montré utile, intelligent et courageux. Françoise arrêtée, il avait continué d'agir par inertie. Pris à son tour, mais relâché, très vite, il était devenu l'instrument de la police. »

 

Dès qu'il reconnaît Gerbier dans la voiture, Dounat sait qu'il est condamné à mort et va être exécuté.

 

P 63. Arrivée dans le pavillon où doit se dérouler l'exécution. Ils sont accompagnés par Claude Lemasque. Sur place, ils se rendent compte que la pavillon contigu est occupé et qu'ils ne peuvent donc exécuter Dounat au pistolet. Moment de flottement quand il s'agit de trouver un moyen plus silencieux.

 

P 71 « Ce n'était pas la faute de Paul Dounat s'il allait mourir et ce n'était pas la faute de ceux qui l'assassinaient. Le seul, l'éternel coupable était l'ennemi qui imposait aux Français la fatalité de l'horreur. »

 

Finalement Dounat est étranglé avec un torchon. Gerbier recommande à Lemasque qui a failli craquer d'avoir des pilules de cyanure au cas ou.

 

Chapitre 3. L'embarquement pour Gibraltar. (pages 73-105)

 

I (page 73). Le recrutement de Jean-François.

 

A Nice, Jean-François qui se promène, tombe par hasard sur Félix qui l'engage dans la résistance.

 

II (page 77). Pourquoi Jean-François est attiré par cette vie.

 

« Cette vie était vraiment faite pour Jean-François. Tous les éléments qui pouvaient lui plaire s'y trouvaient rassemblés. L'exercice violent du corps, le risque et la joie de passer à travers les mailles, la camaraderie, l'obéissance à un chef d'équipe qu'il aimait. D'autres prenaient le soin de réfléchir et d'ordonner. Il n'avait que l'amusement. Il courait à bicyclette, les belles routes rouges de la côte. Il roulait en chemin de fer vers Toulouse, Lyon ou la Savoie. Il passait en zone interdite, malgré les douaniers allemands et leurs chiens. Il portait des plis chiffrés, des explosifs, des armes, des postes émetteurs. Dans des granges, des criques, des caves, des clairières, il enseignait à des gens simples, sérieux et passionnés, l'usage des mitraillettes anglaises. Il se présentait à eux sous un faux nom, et il ne savait pas qui ils étaient. Ils s'aimaient pourtant d'une tendresse et d'une confiance sans égales. Un matin, il fit plusieurs kilomètres à la nage avec des lunettes sous-marines pour repérer un colis mystérieux, qu'un bateau mystérieux avait mouillé en mer. Une nuit de lune, il recueillit des parachutes tombés du ciel profond. »

 

III (page 79). Mission de Jean-François à Paris, ce qui lui permet de retrouver son frère dont i ignore qu'il est le grand chef du réseau.

Lors d'une mission de transport d'un poste émetteur à Paris, Jean-François doit faire face à un contrôle de la police allemande à la sortie de la gare. Il prend un enfant dans ses bras et donne sa valise à un soldat allemand ce qui lui permet de passer sans encombre les contrôles.

 

Contrôlé une nouvelle fois dans le métro, il fait croire à l'agent de police français qu'il s'agit d'un simple poste de radio.

 

Après avoir livré son poste, il va voir son frère Luc Jardie surnommé Saint Luc. C'est un intellectuel qui n'a pas voulu abandonner ses livres. Il trouve son frère engoncé dans un manteau pour lutter contre le froid car l'appartement n'est pas chauffé.

 

Il ne peut lui raconter ses exploits et il se rend compte qu'il est désormais plus proche de ses camarades de combat que de son frère (page 84)

 

IV (page 85). Parallèlement à Lyon, réunion entre Gerbier et Félix pour chercher une planque de substitution sur la côte méditerranéenne en vue des embarquements et des débarquements clandestins. Les problèmes familiaux de Félix sont évoqués. Finalement ils décident d'envoyer quelqu'un en reconnaissance pour trouver un nouveau lieu. Ce sera Jean-François qui est rentré plus tôt que prévu de Paris.

 

V (page 90). La mission de reconnaissance menée par Jean-François.

 

Il réussit à trouver une ferme qui convient et à convaincre la fermière Augustine Viellat à cacher les prisonniers évadés en transit pour l'Angleterre. (page 93)

 

VI (page 94). Accueil et séjour à la ferme des fugitifs en attente d'embarquement.

 

P 94. Arrivée des différents fugitifs à la ferme. « Ils arrivèrent par petits groupes en deux nuits. Les Canadiens des commandos de Dieppe étaient passés par dix retraites, cabanes de pêcheurs, châteaux de hobereaux, hameaux de montagne, auberges routières. Les deux pilotes de la RAF, blessés, avaient été soignés pendant des semaines chez un médecin de campagne. Les Francs-tireurs belges avaient travaillé dans une coupe de bois comme bûcherons. Enfin Félix amena un Polonais taciturne à qui les Allemands, avant qu'il ne s’évadât, avaient cassé tous les doigts de la main droite. »

 

Ils sont particulièrement bien accueillis et Augustine demande à recommencer l'expérience (p 97)

 

La veille de l'embarquement, arrivée de Gerbier à la ferme qui confie une mission spéciale à Jean-François. Il doit conduire le grand patron, à part, au sous-marin.

 

VII (page 100). Attente de Jean-François sur la plage avant l'embarquement.

 

Il repère un intrus qui s'avère être l'adjudant de la douane locale mais qui travaille pour la résistance. Il est là pour protéger l'embarquement.

 

VIII (page 104). Transfert du grand patron par Jean-François.

 

Lors du transfert, Jean-François se rend compte, à sa grande surprise, que le grand patron n'est en fait que son frère Saint-Luc.

 

Chapitre 4. Ces gens là sont merveilleux (pages 106-121 )

 

P 106. Repas à Londres chez une vieille dame francophile. Un monde tout à fait hors du temps au vu des circonstances.

 

Lors d'une discussion entre Philippe Gerbier et Luc Jardie évocation d'un fait de résistance. Mathilde une mère de famille de 7 enfants entre dans la résistance en distribuant des journaux clandestins. Finalement Mathilde se fera prendre.

 

P 118. Evocation d'une vieille comtesse en France, identique à l'hôtesse qui s'est lancée elle aussi dans la résistance et qui utilise ses connaissances dans ce but.

 

Chapitre 5. Notes de Philippe Gerbier (pages 122-209)

 

Chapitre très long et très dense composé d'une multitude de petits paragraphes évoquant soit des réflexion de Philippe Gerbier, soit des événements concernant son réseau ou les membres de son réseau.

 

P 122. Évoque son retour en France par parachutage.

 

P 122. Rapporte des conversations entendues sur les difficultés de la vie quotidienne. « Conversation habituelle : nourriture, nourriture, nourriture. Marchés plus rares, réquisitions devenues intolérables, pas de chauffage. Mais aussi du nouveau : les déportations. Pas une famille disaient-ils, qui ne fut touchée ou sur le point de l'être. Ils envisageaient les moyens de soustraire leurs fils, leurs neveux, leurs cousins à ce départ. Atmosphère de bagne. Révolte d'enchaînés. Haine organique. »

 

P 123-124. Réflexions sur l'origine des indiscrétions. « Les indiscrétions n'ont pas tant la malveillance, le penchant aux bavardages ou même la bêtise pour source que l'admiration. Nos gens sont pour la plupart exaltés. Ils aiment à grandir, à sublimer les camarades et surtout les chefs. Cela les soutient, les enflamme et donne de la poésie à leur monotone petit travail de chaque jour. « Tu sais, X... a fait quelque chose de magnifique. » dit l'un renseigné, à un autre. Et celui-ci a besoin de partager son enthousiasme avec un troisième. Ainsi de suite. Et l'histoire arrive aux oreilles d' un mouchard. »

« Or parce que j'ai été à Londres, je risque de devenir un objet de culte (..) L'explication d'une attitude , en apparence aussi absurde est assez simple. Quand tout semblait perdu, l'Angleterre a été le seul foyer d'espérance et de chaleur. C'était pour des millions d'Européens dans la nuit, le feu de la foi. Et tous ceux qui ont approché et approchent encore ce feu y prennent un reflet merveilleux. Chez les musulmans, le pèlerin qui s'est rendu à La Mecque porte le titre de Hadj, et un turban vert. Je suis Hadj. J'ai droit au turban vert de l'Europe asservie (….). Là-bas c'est vivre en France qui paraît admirable. La faim, le froid, les privations, les persécutions dont nous avons pris l'habitude par force, touchent là-bas l'imagination et la sensibilité à un point extrême. Quant aux gens de la résistance, ils suscitent une émotion presque mystique. On sent déjà se former la légende. Si je disais cela ici, je ferais hausser les épaules. Jamais une femme qui rechigne des heures entières dans les queues pleure d'impuissance en voyant ses enfants s’anémier, maudit le gouvernement, et l'ennemi qui lui enlèvent son mari pour l'envoyer en Allemagne, fait des bassesses auprès du crémier et du boucher pour avoir une goutte de lait ou un gramme de viande, jamais cette femme ne croira qu'elle est un être exceptionnel. Et jamais le garçon qui, chaque semaine, transporte une vieille valise pleine de journaux clandestins, l'opérateur qui pianote nos messages de radio, la jeune fille qui tape mes rapports, le curé qui soigne nos blessés, et surtout Félix, et surtout le Bison, jamais ces gens ne croiront qu'ils sont des héros et je ne le crois pas davantage. Les opinions subjectives et les sentiments n'ont aucune valeur. La vérité est seulement dans les faits. »

 

P 125. A son retour en France, Gerbier découvre que la Gestapo a redoublé d'efforts contre la résistance. Il y a eu de nombreuses arrestations dont celle de Félix.

 

P 126. Gerbier loge dans un château chez un baron royaliste et vieille France mais qui place son honneur au service de la résistance. « Je préfère monsieur une France rouge à une France qui rougisse. »

 

P 127. Félix profite d'une perquisition à son domicile pour s'enfuir en sautant par la fenêtre du premier étage. Bien que blessé il échappe à ses poursuivants grâce à une patrouille de policiers français. »

 

P 129. Un curé de campagne profite de son autorité morale et de sa connaissance du milieu pour placer des réfractaires chez les paysans.

 

P 129. Les réfractaires au STO commencent à peupler les maquis. « Le nombre des réfractaires au travail en Allemagne était de quelques milliers quand je suis parti. Ils se comptent aujourd'hui par dizaines de milliers. Beaucoup sont absorbés dans les campagnes. Mais beaucoup se sont réfugiés dans les réduits naturels et tiennent le maquis. Maquis de Savoie. Maquis des Cévennes. Maquis du Massif Central. Maquis des Pyrénées. Chacun compte une armée de jeunes gens. Il faut les nourrir, les encadrer, les fournir de munitions dans la mesure du possible. C'est un nouveau et terrible problème pour la résistance. Certains groupes se sont organisés d'eux même en communautés. Ils éditent de temps en temps un journal. Ils ont leurs lois. Une sorte de petite république. D'autres font chaque jour le salut aux couleurs. Drapeau à croix de Lorraine. Le prochain courrier pour Londres comporte des photographies de ces cérémonies. Mais la plupart des garçons jeunes ouvrier, étudiants, commis, employés, ont besoin d'une direction cohérente et forte, d'argent, de liaisons. Désigné un comité de trois, chez nous, pour s'occuper d'eux : Félix, Lemasque et Jean-François. Ils ont des qualités et des défauts qui se complètent. »

 

P 130. Évasion de Mathilde du palais de justice de Paris. Elle reprend immédiatement du service dans le réseau.

 

P 131. Durcissement de la lutte contre la résistance, mais aussi de la lutte contre les occupants. « Pour les gens de la résistance, la marge de vie se rétrécit sans cesse. La Gestapo multiplie les arrestations et les tribunaux allemands les condamnations capitales. Et maintenant la police française livre automatiquement les Français qu'elle détient à toute réquisition de l'ennemi. Avant il y avait la prison, le camp de concentration, la résidence forcée ou même un simple avertissement des autorités. Aujourd'hui c'est presque toujours la mort, la mort, la mort.

Mais de notre côté on tue, on tue, on tue.

Les Français n'étaient pas préparés, pas disposés à tuer. Leur tempérament, leur climat, leur pays, l'état de civilisation où ils étaient arrivés, les éloignaient du sang. Je me rappelle combien dans les premiers temps de la résistance il nous était difficile d'envisager le meurtre à froid, l'embuscade, l'attentat médité. Et combien il était difficile de recruter des gens pour cela. Il est bien question maintenant de ces répugnance ! L'homme primitif est reparu chez les Français. Il tue pour défendre son foyer, son pain, ses amours, son honneur. Il tue chaque jour. Il tue l'Allemand, le traître, le dénonciateur. Il tue par raison et il tue par réflexe. Je ne dirai pas que le peuple français s'est durci. Il s'est aiguisé. »

 

P 132. Lors d'un contrôle de police dans une gare, une vieille comtesse s’assoit sur un aviateur anglais et le recouvre de sa longue jupe. Personne ne dit rien.

 

P 133. Jugement de Gerbier sur Mathilde. Il en fait son adjoint.

 

P 133. Deux jours après son départ du château, le baron est arrêté et fusillé (P 126)

 

P 134. « La France est une prison. On y sent la menace, la misère, l'angoisse, le malheur comme une voûte pesante et qui s'affaisse chaque jour davantage sur les têtes. La France est une prison mais l'illégalité est une évasion extraordinaire. Les papiers ? On les fabrique. Les tickets d'alimentation ? On les vole dans les mairies. Voitures, essence ? On les prend aux Allemands. Gêneurs ? On les supprime. Les lois, les règles n'existent plus. L'illégal est une ombre qui glisse à travers leur réseau. Plus rien n'est difficile, puisque l'on a commencé par le plus difficile: négliger ce qui est l'essentiel : l'instinct de conservation. »

 

P 135. Scènes de voyage.

  • Un homme arrêté par la police allemande tue le policier avec un pistolet et reprend tranquillement son voyage.

  • Une jeune fille transporte un colis de journaux clandestins qui s'éventre. Elle a le temps de disparaître. Les voyageurs récupèrent les journaux.

 

P 135. Un groupe de résistants de Marseille retire les plaques d'égouts la nuit, provoquant de graves chutes d'Allemands ou de collaborateurs.

 

P 135. La police française utilise des physionomistes dans les gares pour essayer de repérer des résistants.

 

P 136. Pour ses filatures, la Gestapo emploie des hommes d'âge mur et décorés. Ils suscitent moins la méfiance.

 

P 137. Retour de Mathilde d'une tournée d'inspection. Nécessité d'organiser la résistance pour éviter les doublons. « Une des choses les plus importantes qu'elle ait faites a été de se mettre en rapport avec les chefs locaux des autres groupements, pour éviter les chevauchements et les interférences dans les opérations. Il arrive que deux ou trois organisations différentes aient en même temps le même objectif : sabotage, déraillement, attentat ou exécution. Si l'on travaille sans contact, les effectifs sont multipliés par deux ou trois inutilement et les risques aussi. Et cela fait une ou deux équipes qui pourraient être employées ailleurs. Il faut éviter également qu'une opération mineure attire les forces de police dans un endroit où se prépare une opération plus vaste. Évidemment, l'échange des plans augmente les chances de fuites et d'indiscrétions. C'est l'éternel problème de la vie secrète. On ne peut pas recruter, on ne peut pas agir sans faire confiance et la confiance, c'est l'imprudence. Le seul remède : cloisonner pour limiter les dégâts. Les communistes sont les grands maîtres du cloisonnement, comme en tout dans la cité souterraine. »

 

P 138. Gerbier est hébergé chez un juge d'instruction. Il n'est pas résistant mais sympathisant et fait le maximum, dans le cadre de ses fonctions, pour ménager les résistants.

 

P 139. Jean-François qui va à Paris pour amener des tracts, en profite pour prendre un jambon pour son frère. Contrôlé par un garde-mobile celui-ci lui déclare « Vous ne devriez pas mélanger le marché noir avec le travail contre les Boches, ce n'est pas propre. »

 

P 140. Le régime de Vichy est totalement infiltré par la résistance, certains services allemands aussi.

 

P 140. Le Bison fournit 4 uniformes allemands à Mathilde.

 

P 141. Arrivée d'Angleterre de L un responsable de la résistance. Il s'endort dans le train. Réveillé en sursaut, il bouscule quelqu'un et s'excuse en anglais. C'était un officier allemand. Heureusement sans conséquences.

L raconte son départ pour l'Angleterre avec sa famille.

 

P 142. Opération de Mathilde pour délivrer un chef de groupe capturé par les Allemands. C'est à cela que servent les 4 uniformes procurés par le Bison.

 

P 143. Description d'un maquis. « Des centaines et des centaines de jeunes gens retournent à l'état sauvage. Ils ne peuvent se laver. Ils ne peuvent pas se raser. Leurs cheveux longs flottent sur des joues brûlées par le soleil et par la pluie. Ils couchent dans des trous, dans des grottes, dans la boue. La nourriture est un problème quotidien et terrible. Les paysans font ce qu'ils peuvent, mais cela ne peut durer indéfiniment. Les vêtements s'en vont en lambeaux. Les souliers se déchirent aux pierres. J'ai vu des garçons chaussés de morceaux de vieux pneus ou même de morceaux d’écorces attachés attachés aux pieds avec des ficelles. J'en ai vu d'autres qui ont pour tout vêtement un vieux sac à pomme de terre fendu en deux et noué autour des reins comme un pagne. On commence à ne plus reconnaître chez ces garçons leur origine ? Sont-ils cultivateurs, ouvriers, employés, étudiants ? Ils portent tous la même maigreur, la même misère, la même dureté et la même colère sur leur visage. »

 

P 144. Vichy envoie une compagnie de gardes mobiles pour traquer les maquisards. Félix qui dirige le camp prend contact avec le capitaine de l'unité qui lui assure qu'il n'a rien à craindre.

 

P 145. Grâce à un enfant de 12 ans qui travaille dans un hôtel, Mathilde est capable de situer l'endroit où sont torturés les résistants (la chambre 87)

 

P 147. Démantèlement d'une partie de l'imprimerie clandestine à la suite d'un accident bête. Les plombs étaient cachés dans une boite aux lettres dont le fond cède sous le poids. Un locataire de l'immeuble appelle la police qui arrête le propriétaire de la boite aux lettres.

 

P 148. « A présent avec la torture allemande, la règle est formelle. Dès qu'un camarade qui sait quelque chose est arrêté, il faut considérer à priori que tout ce qu'il sait la Gestapo le sait aussi. »

 

P 148. Le capitaine de gardes mobiles qui « surveillait » le maquis de Félix l'informe que deux officiers SS sont arrivés pour surveiller les opérations de ratissage.

 

P 148. Un patron de maison close qui travaille avec les Allemands et gagne beaucoup d'argent, remet une grosse somme à la résistance.

 

P 149. Félix monte une embuscade, avec l'aide de deux habitants de la région, ce qui permet de liquider les deux officiers SS qui menaçaient le maquis.

 

P 151-152. « Je crois que chez les gens de la résistance, il se produit une évolution en sens inverse selon les tempéraments. Ceux qui étaient doux, tendres, pacifiques se durcissent. Ceux qui étaient durs comme je l'étais, comme je le suis encore, deviennent de plus en plus perméables aux sentiments. L'explication ? Peut-être les gens qui voyaient la vie sous des couleurs riantes se défendent par une sorte de bouclier intérieur au contact des réalités souvent affreuses que découvre la résistance. Et peut-être les gens qui avaient comme moi une vue assez pessimiste de l'homme, s'aperçoivent dans la résistance que l'homme vaut bien mieux que ce qu'ils pensaient de lui. »

 

P 152. Discussion entre Gerbier et Louis H chef d'un groupement qui demande son aide pour délivrer trois de ses membres arrêtés par la police et qui vont être livrés à la Gestapo. Puis ils évoquent des souvenirs.

 

P 153. « Louis H calcule que sur les quatre cents membres qui au début formaient leur groupe, il en reste cinq qui sont encore en vie ou en liberté. »

 

P 153-155. Réflexion de Gerbier sur l’utilité de ce qu'ils font par rapport aux terribles pertes de la résistance. Finalement il estime que ces actions qui peuvent paraître inutiles sont un acte d'espoir pour la suite. « Un acte de vie. »

 

P 156. Une jeune femme communiste arrêtée, torturée et évadée porte désormais du poison sur elle.

 

P 156. Un propriétaire de vignoble confie à Gerbier que dans la débâcle de 1940 il a recueilli et caché un vieux chars Renault.

 

P 156. Jean-François qui se rend souvent à la ville la plus proche pour le ravitaillement du maquis se fait arrêter par la police. Il réussit à s'évader dans le commissariat, se rend chez un coiffeur qui lui change la physionomie et lui donne un imperméable pour cacher ses vêtements déchirés.

 

P 160. L'évasion des 3 membres du réseau de Louis H se déroule sans encombre.

 

P 161. Gerbier raconte les conditions de détention particulièrement difficiles des 3 évadés.

 

P 162. « Il y avait dans le même camp une section pour communistes. Ils étaient comme toujours traités d'une manière particulièrement effroyable. On ne sait comment quelques uns d'entre eux réussirent à s'enfuir. Trois jours plus tard, ils revenaient se constituer prisonniers. Ils s'étaient évadés sans l’autorisation du parti. Le parti les renvoyait au camp. »

 

P 162. Passage sur la discipline au sein du parti communiste.

 

P 163. Dans le métro, un officier des services secrets français en mission à Paris, glisse une croix de Lorraine dans la main d’un ouvrier de chez Renault qui se réjouit ouvertement du bombardement de son usine par les Américains.

 

P 165. « Beaucoup parmi les gens de la résistance, passent la plupart de leur temps dans les trains. On ne peut rien confier au téléphone, au télégraphe, aux lettres. Tout courrier doit-être porté. Toute confidence, tout contact exigent un déplacement. Et il y a les distributions d'armes, de journaux, de postes émetteurs, de matériels de sabotage. Ce qui explique la nécessité d'une armée d'agents de liaison qui tournent à travers la France comme des chevaux de manège. Ce qui explique aussi les coups terribles qui les atteignent. L'ennemi sait aussi bien que nous l'obligation où nous sommes de voyager sans cesse. Je n'ai jamais fait un trajet de quelque longueur sans rencontrer deux, trois, quatre camarades de mon organisation ou d'une autre. »

 

P 166. Gerbier s'aperçoit qu'il est filé dans la rue.

 

P 166. Le Bison a un accident de moto. Hospitalisé dans le coma avec fêlure du crane et mâchoire cassée, il réussit tout de même à s'évader lorsqu'il reprend connaissance.

 

P 167. Gerbier est maintenant suivi par deux personnes. Il est caché par une femme qui a peur. Il doit partir pour une mission. Le jour même de son départ, intervention de la police qui ne trouve rien.

 

P 168. Gerbier qui s'est rendu chez un fermier pour compléter des plans se fait arrêter par un soldat allemand qui l'amène au poste de garde. Interrogé par un officier il se déclare courtier en assurance pour la compagnie Zurich. L'officier et Gerbier connaissant tous les deux la ville, ils échangent des souvenirs. Gerbier repart sans avoir été fouillé.

 

P 169. Deux jours plus tard, il livre les plans à Paris mais tombe dans une souricière. Heureusement il a changé d'identité ce qui lui permet d'être libéré. Il réussit à semer un homme qui le suit.

 

P 171. Après ses aventures parisiennes Gerbier se cache à la campagne chez un abatteur clandestin qui fait du marché noir à un prix raisonnable.

 

P 172. Après l'abatteur clandestin, Gerbier est hébergé dans un vieux et charmant manoir habité par deux vieilles filles pour qui le temps s'est arrêté en 1914.

 

P 173. liste des journaux clandestins que Gerbier connaît.

 

P 174. Gerbier évoque un journal particulier « la voix des stalags » destiné à combattre la propagande pétainiste dans les camps de prisonniers.

 

P 176. Nouveau changement d'identité, de planque, d'allure pour Gerbier. Les contrôles sont de plus en plus rigoureux. « La carte d'identité la plus régulière ne suffit plus maintenant à la police (….) A cause des déportations et des réfractaires on exige une carte de travail, un certificat de recensement et un certificat de domicile. »

 

P 176-177. Gerbier qui a rendez vous dans une planque avec Jean-François, Lemasque et Félix manque de tomber dans une souricière. Il est averti au dernier moment par une femme qui frappe plus fort sur son tapis en le voyant arriver. Les trois autres sont arrêtés par la police, à cause d'une imprudence d'un agent de liaison qui avait conservé l'adresse sur lui. Lors de l'interrogatoire qui se déroule sur place, Jean-François réussit à récupérer les rapports qu'il devait transmettre et à s'enfuir.

 

P 178. Félix réussit lui aussi à s'échapper mais est repris en se rendant à une adresse de secours connue de la police.

 

P 179. Félix qui a été transféré à Vichy part pour un interrogatoire dont il ne revient pas. Lemasque qui a vu son cadavre mutilé par la torture a tellement peur de subir le même sort qu'il trouve les ressources nécessaires pour s'évader malgré ses fers aux pieds et ses menottes aux poignets. Il erre une partie de la nuit dans la ville avant de trouver un refuge au dernier moment.

 

P 181. Gerbier, bien que ce ne soit pas son rôle, assure une mission de réception de parachutage, car il n'y a plus d'effectifs suffisants, à cause des arrestations, pour assurer la mission. La première nuit est un échec à cause du brouillard. L'avion tourne au dessus-d'eux mais ne voit pas les signaux du sol.

 

P 182-185. Pour passer le temps en attendant la seconde nuit, Gerbier fait raconter des aventures qu'ont connu les résistants qui sont avec lui.

 

P 185. La deuxième nuit, l'avion se pose pour déposer ses passagers. Mais le sol détrempé par la pluie empêche l’appareil de repartir. Gerbier et le pilote vont au village voisin quérir de l'aide. Tous les hommes du village viennent donner un coup de main et l’avion repart.

 

P 186. Lemasque qui a repris son activité est de nouveau repris par la police française.

 

P 187. Mathilde se fait passer pour la fiancée enceinte de Lemasque afin de l'approcher et de préparer son évasion.

 

P 188. Gerbier assiste, depuis la fenêtre de sa cachette, à une scène burlesque. Un officier allemand vient boire de l'alcool dans un bistrot. Quand il est ivre, il change de vêtements avec le patron du bar et celui-ci va se rouler dans le fumier en uniforme allemand. « L'enfant riait sans bruit et d'abord j'ai fait comme lui. Mais ensuite je me suis demandé si au fond le commandant ne haïssait pas son uniforme et si, libéré par l’alcool, il ne le faisait pas couvrir d'ordure par procuration. »

 

P 189. Mathilde qui a tout préparé pour l'évasion de Lemasque durant son transfert vers une autre prison, se voit opposer un refus de Lemasque car celui-ci soutien un camarade très affaibli par la torture et qu'il ne veut visiblement pas abandonner.

 

P 189. La femme de Félix qui a appris après sa mort qu'il travaillait pour la résistance, veut à son tour rejoindre l'organisation. Elle sera agent de liaison.

 

P 190. Réflexion de Gerbier sur le sort des enfants de résistants arrêtés. « Cette question des enfants est pesante. Ils sont des centaines et sans doute des milliers à n'avoir plus ni père ni mère. Fusillés, emprisonnés, déportés, je connais des cas où les enfants ont accompagné jusqu'aux portes des prisons leurs parents et ont été chassés du seuil par les gardes. Je connais d'autres cas où les enfants sont restés seuls, perdus dans l'appartement d'où les parents avaient été emmenés. Et d'autres cas où la première pensée de ces enfants a été de roder autour de leur maison vide pour prévenir les amis de la souricière. »

 

P 190. Lemasque est emmené dans la fameuse chambre 87 (page 145) de l'hôtel repéré par Mathilde. Après un premier interrogatoire il préfère avaler une pilule de cyanure.

 

P 191. Tournée d'inspection de Mathilde et de Jean-François des postes émetteurs dont beaucoup ont été neutralisés par les Allemands. « Au début de la résistance, on « pianotait » pour Londres sans trop grands risques. Les Allemands n'étaient pas nombreux pour surveiller les émissions clandestines et n'avaient que peu d'outillage. Mais à ce moment, nous manquions de postes d'opérateurs expérimentés, de liaisons suivies avec l'Angleterre. Le travail se faisait d'une façon assez désordonnée et primitive. Aujourd'hui nous sommes infiniment mieux équipés et formés. Seulement comme dans toutes les guerres, l'ennemi est venu très vite à la parade. Il a un personnel technique de premier ordre et ses voitures de détection, tantôt camionnettes de livraison ou de postes ou de croix-rouge, patrouillent, rôdent, fourmillent, espionnent à travers tout le pays (…) Il ne faut pas beaucoup plus d'une demi-heure à une voiture après qu'elle a capté les premières ondes pour se trouver devant l'endroit exact ou opère le poste. Et une demi-heure c'est très court pour prendre les contacts avec Londres et pour passer les messages. Alors on lutte. Pendant que l'opérateur travaille, un camarade guette à la fenêtre, un autre camarade se tient dans la rue. Dès qu'il aperçoit la bête qui flaire et tâte, il fait un signe convenu à l'homme de la fenêtre. Celui ci prévient l'opérateur. C'est un jeu de vitesse et de chance. »

 

P 193. Gerbier reçoit un rapport sur « une famille de Français moyen » dont tous les membres font partie de la résistance de près ou de loin.

 

P 194. « Quand un homme de la résistance est pris sur un simple soupçon, il a tout de même quelque chance de ne pas mourir, mais si cet homme est juif, il est certain d'expier de la façon la plus atroce. Malgré cela il y a beaucoup de Juifs dans nos organisations. »

 

P 194. Mathilde et Jean-François qui transmettent des messages depuis la ferme d'Augustine échappent de peu à une descente de la Gestapo.

 

P 195. Madeleine la fille d'Augustine âgée de 17 ans s'enrôle comme agent de liaison dans l'organisation.

 

P 195. « Quand on demande aux gens qui, sans être d'une organisation, nous aident à cacher des armes, recueillir des camarades, quand on leur demande ce qui pourrait leur faire plaisir, ils répondent souvent. « Faire dire une phrase pour nous à la BBC. » Cela leur paraît une récompense merveilleuse. »

 

P 196. Arrestation de Madeleine et de la femme de Félix sur dénonciation d'un milicien.

 

P 196. Un agent de renseignements se heurte à une patrouille de 4 soldats allemands qu'il abat. Par réflexe et peur d'être capturé il se suicide après.

 

P 197. « La crainte de ne pas soutenir les tourments de la question et de livrer les noms et les lieux de rassemblement est chez beaucoup une obsession presque maladive. Nos gens redoutent moins les souffrances et les supplices que leur propre potentiel de faiblesse. Personne ne sait ce qu'il est capable d'endurer. Et l'on tremble à la pensée d'avoir à vivre – même peu de temps – avec le sentiment d'avoir envoyé des camarades à la mort, ruiné un réseau, détruit un travail auquel on s'était attaché plus qu'à la vie. »

 

P 197. Mathilde et le Bison exécutent le milicien responsable de l'arrestation de la femme de Félix et de Madeleine.

 

P 197. La photographie de Gerbier est diffusée à tous les commissariats de France. Il se cache chez un policier appelé Leroux. Celui-ci a rejoint la résistance après mission contre des résistants en compagnie de la Gestapo. Une jeune femme arrêtée lui a fait prendre conscience de ses actes. « Le policier (….) voulut ouvrir le sac que tenait une jeune femme. Elle le lui a jeté au visage en criant « Boche, sale Boche » (….) « Je ne suis pas un Boche » a dit le policier malgré lui. « Alors c'est pire » a dit la jeune femme. « J'ai senti que je me cassais de l'intérieur » m'a raconté Leroux. »

 

P 199. Leroux s'il peut pardonner aux policiers qui exécutent les ordres sans réfléchir aux conséquences, sans faire preuve d'esprit critique, ne peut par contre pardonner aux policiers qui font leur travail avec zèle se transformant en tortionnaires parfois plus zélés que les Allemands.

 

P 200. Evoque l'attentat contre le commissaire de Beuvry (Pas de Calais) le 24 mars 1943.

 

P 201. Leroux souffre de ne pouvoir aider plus la résistance, mais Gerbier estime qu'il est plus utile à son poste.

 

P 202. La femme de Félix et Madeleine ont été conduites à la chambre 87 pour subir la torture. Elles ne parlent pas.

 

P 203. Mathilde se reproche d'avoir entraîné Madeleine dans la résistance et tente de la délivrer sans succès. Elle agit avec le Bison, Jean-François et 3 hommes des groupes de combat. Une fusillade s'ensuit avec les Allemands. Deux résistants sont tués. Le Bison blessé est capturé.

 

P 203. Un des amis de Gerbier est parti pour Londres. Son fils de 11 ans est arrêté. Il est interrogé toute une nuit pour savoir où est son père.

 

P 204. Poèmes écrits par un jeune résistant de 19 ans.

Premier poème.

« Adieu C..., mon vieux copain

A dix sept ans en pleine ivresse,

Et sans pitié pour ta jeunesse,

Ils t'ont tué, ces assassins.

 

Sans avoir peur de la camarde,

Tu es tombé avec vaillance

Et le cri de « vive la France »

Fut ton dernier, mon camarade.

 

Ton beau sourire s'est éteint

Et nous qui sommes en prison

Pour te venger nous sortirons

Adieu, mon vieux copain

 

Deuxième poème.

Nous sommes tous des communistes

Et pour l'avoir crié bien haut

Nous sommes sur la sombre liste.

De ceux qu'on met au poteau

 

Oh ! Vous qui êtes en liberté,

Oh ! Vous nos frères de combat,

Nous sommes toujours à vos côtés,

Pas un de nous ne faiblira.

 

Pour nous l'heure du trépas s'avance,

la mort déjà nous tend les bras.

Mais nous aurons notre vengeance,

Cette tâche vous appartiendra.

 

P 206. Evoque un attentat contre un train de soldats allemands.

 

P 207. Mathilde et Jean-François font évader Le Bison qui a conduit lui même les Allemands dans un piège.

 

P 207. Gerbier se rend à une réunion importante de chefs de réseaux organisée par Saint-Luc. Il se fait passer pour le prisonnier de Leroux.

 

P 209. « Rentré chez Leroux. Je fais prévenir les nouveaux qui veulent entrer dans l'organisation qu'ils ne doivent pas compter sur plus de 3 mois de liberté, c'est-à-dire de vie. Cela n'empêchera rien sans doute, mais c'est plus honnête. »

 

Chapitre 6. Une veillée de l'âge hitlérien (page 210-222)

 

Gerbier est dans une cellule en compagnie de 6 autres personnes. Ils attendent leur exécution.

 

P 212. Le premier détenu, un jeune Breton raconte les maltraitances dans les prisons civiles allemandes.

 

P 215-216. Le deuxième détenu, un vieux paysan raconte comment il assassinait les Allemands qui venaient acheter de l'alcool chez lui.

 

P 217. Le troisième détenu, un jeune alsacien est venu en France pour éviter son incorporation dans l'armée allemande. Il a écrit dans des journaux clandestins.

 

P 218. Le quatrième détenu n'a pas résisté directement mais il hébergeait des fugitifs dans son château.

 

P 219. Le cinquième détenu, un rabbin israélite qui avait été incorporé de force dans une commission chargée de détecter les israélites non déclarés. Mais il refuse de jouer le jeu.

 

P 220. Le sixième détenu est un communiste prisonnier évadé. Il n'a pas été identifié et sera fusillé sous un faux nom.

 

P 221. Gerbier explique aux autres détenus la méthode d'exécution. On fait courir les condamnés puis on leur tire dessus à la mitrailleuse. Ils servent de cibles vivantes. Ils décident tous de ne pas courir.

 

Chapitre 7. Le champ de tir (page 223- 231)

 

Les condamnés qui sont conduits au champ de tir entament la Marseillaise puis le chant du Départ durant leur déplacement. Gerbier pour sa part se refuse à chanter car il veut rester dans ses pensées.

 

Une fois arrivé au champ de tir, un officier SS leur explique que s'ils atteignent la butte de tir, ils seront exécutés un peu plus tard.

 

Finalement 4 des 7 condamnés s'élancent. Les 3 autres dont Gerbier refusent de courir. L'officier SS leur tire une balle qui les frôle et finalement ils s'élancent comme les autres.

 

Pendant qu'ils courent tous, des grenades fumigènes explosent cachant les condamnés aux yeux de mitrailleurs qui tirent au hasard. Cela permet à Gerbier d'atteindre la butte et le mur qui se trouve derrière d'où pend une corde. Il peut ainsi escalader le mur et s'évader. Une fois dehors, il est accueilli par Mathilde, Jean-François et le Bison.

 

Chapitre 8. La fille de Mathilde (page 232-253).

 

A la suite de son évasion, Gerbier, dont la photo est diffusé dans toute la France, se cache dans un petit pavillon abandonné. Pour ne pas attirer l'attention, il vit dans des conditions très précaires. Il reste là plus de 3 mois.

 

Un soir, il reçoit la visite de Luc Jardie (Saint-Luc) qui vient pour parler du cas de Mathilde qui a été arrêtée par les Allemands. Ceux-ci ont découvert que son point faible était ses enfants.

 

P 241. « « - Nous avons reçu un SOS de Mathilde » dit Gerbier d'une voix plus lasse.

« - Les Allemands lui donnaient à choisir : ou bien elle livrait tous les gens importants qu'elle connaissait chez nous, ou bien sa fille était envoyée en Pologne dans un bordel pour soldats revenus du front russe (….) »

« - Mathilde peut s'évader (...) »

«  - Je ne sais rien sauf qu'elle ne peut pas s'évader, et que pas davantage elle ne peut se tuer. La Gestapo est tranquille. La fille répond de tout. » »

 

P 242. « - Comment, mais comment faites vous pour ne pas trembler de haine contre ces salauds ? »

« - Non Gerbier, vraiment non. » dit Luc Jardie. « Réfléchissez un tout petit peu. Ce n'est pas un nouvel épisode, même affreux, dans un ordre connu qui va influencer le sentiment général qu'on peut avoir des hommes. Ce n'est pas le plus ou le moins qui peut changer une conception métaphysique. Tout ce que nous avons entrepris a été fait pour rester des hommes de pensée libre. La haine est une entrave pour penser librement. Je n'accepte pas la haine (…) La vérité est que j'aime les hommes, tout simplement. Et si je me suis mêlé de toutes nos histoires c'est seulement contre la part inhumaine qui existe chez certains d'entre eux. »

 

P 246. le courrier apporté par Jean-François et le Bison apprend à Gerbier que Mathilde a été libérée depuis 2 jours et que déjà 3 membres du réseau ont été arrêtés. Gerbier n'a plus le choix et il prend la décision de faire exécuter Mathilde.

 

Le Bison se révolte contre cette décision qu'il ne peut accepter.

 

P 250. L'intervention de Luc Jardie fait comprendre au Bison que cette exécution est nécessaire et qu'elle est même souhaitée par Mathilde pour sauver à la fois sa fille et le réseau. « Supposez que vous êtes à la place de Mathilde, que vous êtes OBLIGE de livrer vos amis, et que vous n'avez pas le droit au suicide.

Je voudrais qu'on me descende, c'est juste. » dit lentement le Bison.

 

Luc Jardie donne les ordres et décide de faire partie de l'expédition pour voir une dernière fois Mathilde.

 

P 252. « Quand Mathilde vit la voiture des tueurs s'approcher d'elle, Jardie ne put rien distinguer sur son visage. Le Bison tira comme à l’ordinaire, sans défaut. Et Jean-François sut dépister la poursuite. »

 

Fin

 

Londres septembre 1943



17/02/2017
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