Opération Atalante

La force navale antipiraterie de l'UE commence ses opérations 

 

L'Union européenne (UE) a lancé lundi  8 décembre 2008 la première opération navale de son histoire, dont la mission  est de neutraliser les pirates somaliens qui multiplient les attaques de navires et élargissent de plus en plus  leur rayon d'action dans l'océan Indien (jusqu’à 800 km des côtes pour leurs dernières attaques.

Le  responsable de la diplomatie européenne (Mr PESC)  Mr   Javier Solana,  a annoncé que l'opération Atalante, d'une durée d'un an, venait d'être officiellement "activée".

Au moins huit pays - Allemagne, Belgique, Espagne, France, Grèce, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède, auxquels se joindra peut-être le Portugal - participeront à l'opération qui regroupera six navires de guerre et trois avions de patrouille, sous le commandement d'un officier britannique, le vice-amiral Phillip Jones.

"Les règles d'engagement (document confidentiel sur les conditions d'un recours aux armes ndlr)" entérinées lundi par les 27 "sont très robustes", a déclaré M. Solana.  Elles permettront de "recourir à tous les moyens y compris à la force pour protéger, dissuader et poursuivre en justice tout acte de piraterie", a-t-il précisé, se félicitant de la grande "clarté" du mandat de la force navale européenne.

Atalante ne sera cependant pas immédiatement au complet. Le navire amiral grec qui prendra le premier le commandement embarqué de la mission ne doit partir du Pirée que mercredi et arriver sur zone vers le 16.

Installé à Northwood, au nord de Londres, sur une base navale servant à la Royal Navy et à l'Otan, le QG d'"Eunavfor Atalanta" compte 80 officiers.

Une vingtaine de militaires assureront la logistique à Djibouti et un bon millier de marins navigueront au large de la Somalie et dans le golfe d'Aden.

Agissant sur mandat de l'ONU, la flottille de l'UE va escorter les navires du Programme alimentaire mondial (PAM), qui livrent une importante aide humanitaire à la Somalie, et patrouiller pour dissuader les pirates d'attaquer les navires marchands, voire faire feu sur eux s'ils passaient outre.

Les attaques se sont multipliées cette année au débouché du détroit de Bab el-Mandeb par lequel passent 12% du commerce maritime et 30% du pétrole brut mondial.

Pour Atalante, "le problème est que les pirates ne s'attaquent plus uniquement aux bateaux au large de la Somalie mais vont plus loin à l'Est et au Sud, où il n'y a pas de protection navale", relève le directeur du Centre d'observation de la piraterie du Bureau maritime international (BMI), Noel Choong.

Une trentaine de cargos ont été détournés en 2008, le double de l'an dernier.

Le premier défi pour les frégates européennes est d'assurer l'ordre sur une surface d'un million de km2. La composition de convois dans des couloirs de navigation bien délimités devrait faciliter leur mission.

Les pirates somaliens ont cependant montré que face à une concentration de bateaux de guerre, ils attaquaient des navires isolés à bonne distance du corridor protégé.

L'Association des armateurs européens (ECSA) a demandé à l'UE de protéger les bateaux les plus "vulnérables", ceux dont le pont est bas et donc facile d'abordage, ainsi que les plus lents.

Atalante devra aussi surmonter un casse-tête juridique autour de l'arraisonnement, l'arrestation et le jugement des pirates.

Au regard de leur législation nationale, quatre pays de l'UE seulement (Allemagne, Finlande, Pays-Bas et Suède) se sont dit en mesure d'arrêter et de juger des pirates.

Du coup, l'UE a engagé de discrètes négociations avec des voisins de la Somalie, Djibouti et le Kenya, pour voir s'ils accepteraient de se faire remettre et de juger des pirates pris en flagrant délit.

 



09/12/2008
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