Chronique histoire des Vosges : 1940

CHRONIQUE HISTOIRE DES VOSGES : 1940

 

1940

 

18 février 1940

 

Martigny les Gerbonvaux. Le GAR 14 est remplacé par le Groupe de reconnaissance I/36 composé de 2 escadrilles de 9 Potez 63-11 et de 3 Bloch 131. (Duvaux 2005)

 

29 février 1940

 

Liffol-le-Grand. Une note du commandant en chef du Front Nord Est expose les travaux à effectuer au camp de Liffol le Grand.

  • Déboisement partiel pour accroître l’intérêt tactique (une division doit pouvoir manœuvrer).

  • Construction de plusieurs champ de tir (du canon de 47 mm au canon de 155 long, plus des tirs d’infanterie).

  • Création de nouvelles voies de communication.

  • Construction de baraquements pour le logement des troupes.

  • Installation de lignes téléphoniques. (Duvaux 2005)

 

11 mars 1940

 

Liffol-le-Grand. Arrivée du 242e Régiment de Travailleurs pour réaliser les travaux du camp de Liffol le Grand. Les 3 bataillons sont logés à Liffol-le-Grand, Haréville les Chanteurs et Clinchamp. A cause du déclenchement de l’offensive du 10 mai, les travaux ne seront jamais réalisés. Seules des études préliminaires et des repérages sur le terrain auront été effectués. 

L’organisation du camp est définie. Elle comprend 1 colonel assisté d’un capitaine, de 3 sous officiers et de 14 soldats. (Duvaux 2005)

 

14 mars 1940

 

Rebeuville. Cantonnement de la 259e compagnie d’aérostation (jusqu’au 29 avril). (Duvaux 2005)

 

20 mars 1940

 

Liffol-le-Grand. Le commandement des étapes de Neufchâteau rappelle aux agriculteurs qu’aucune culture ne peut plus être réalisée dans les limites du camp de Liffol le Grand. (Duvaux 2005)

 

22 mars 1940

 

Le peloton de GRM 80 quitte Neufchâteau pour Strasbourg. (Duvaux 2005)

 

24 avril 1940

 

Liffol-le-Grand. Pour la deuxième fois, le commandement des étapes de Neufchâteau rappelle aux agriculteurs qu’aucune culture ne peut plus être réalisée dans les limites du camp de Liffol le Grand. (Duvaux 2005)

 

10 mai 1940

 

Autigny-la-Tour. La 127e batterie de DCA obtient l’homologation de la destruction d’un Heinkel 111 qui évoluait à 4000 m d’altitude. (Duvaux 2005)

 

Chavelot. Bombardement par l’aviation allemande de la voie ferrée Epinal Nancy. Poull 1985)

 

Dogneville. Bombardement du camp d’aviation par l’aviation allemande. Peu de dégâts, pas de victimes. 

« 6e alerte : bombardement du camp d’aviation de Dogneville. 2 départs des sapeurs pompiers pour y combattre l’incendie dans 2 hangars contenant des camions. » (Journal de guerre de Mr Jouy, secrétaire général de mairie cité in Lehman 1951)

 

Epinal Etat des forts de la ceinture défensive de la ville.

Fort de Longchamp.

  • 2 pièces de 155 L sous tourelle tournante, portée de 7100 m

  • 1 pièce de 155 R sous tourelle à éclipse de 1907, portée de 7200 m

  • 2 pièces de 155 CT sous tourelle tournante, portée de 5900 m

  • 3 pièces de 75 sous casemate de Bourges, portée de 8000 m

  • 2 pièces de 75 raccourcis sous tourelle à éclipse de 1905, portée de 5000 m

  • 4 mitrailleuses

Fort de Dogneville.

  • 1 pièce de 155 R sous tourelle à éclipse de 1907, portée de 7200 m

  • 1 pièce de 75 sous casemate de Bourges, portée de 8000 m

  • 4 mitrailleuses.

Fort de Deyvillers

  • 2 pièces de 75 sous casemate de Bourges, portée de 8000 m

  • 2 pièces de 75 raccourcis sous tourelle à éclipse de 1905, portée de 5000 m

  • 4 mitrailleuses

Fort des Adelphes

  • 2 pièces de 75 sous casemate de Bourges, portée de 8000 m

  • 2 pièces de 75 raccourcis sous tourelle à éclipse de 1905, portée de 5000 m 2 mitrailleuses

Fort d’Arches

  • 2 pièces de 155 L sous tourelle tournante, portée de 7100 m

  • 8 mitrailleuses.

Fort d’Uxegney

  • 1 pièce de 155 R sous tourelle à éclipse de 1907, portée de 7200 m

  • 2 pièces de 75 sous casemate de Bourges, portée de 8000 m

  • 2 pièces de 75 raccourcis sous tourelle à éclipse de 1905, portée de 5000 m

  • 4 mitrailleuses. (Lehman 1951)

 

11 mai 1940

 

Dogneville. Vers 16 heures, nouvelle attaque aérienne allemande du camp d’aviation. 3 avions français sont détruits et il y a 4 tués et 20 blessés.

« Le camp d’aviation de Dogneville est mitraillé : un détachement de sapeurs pompiers s’y rend mais n’intervient pas. 2 avions au sol incendiés ; 1 mort et 4 blessés parmi les militaires du camp. (Poull 1985 et Lehman 1951)

 

Epinal. « 18 heures : réunion des chefs d’abris, des directeurs et directrices d’écoles. La directrice du collège exprime le désir que les signaux d’alerte ne coïncident pas avec la sortie des classes (vœu à transmettre à M Hitler). » (Journal de guerre de Mr Jouy, secrétaire général de mairie cité in Lehman 1951)

 

12 mai 1940

 

Epinal. « (Pentecôte). 14e à 20e alerte. » (Journal de guerre de Mr Jouy, secrétaire général de mairie cité in Lehman 1951)

 

13 mai 1940

 

Epinal. « Alertes n° 21 à 29. » (Journal de guerre de Mr Jouy, secrétaire général de mairie cité in Lehman 1951)

 

14 mai 1940

 

Epinal. Jusqu’au 5 juin la ville va subir 32 alertes aériennes. (Journal de guerre de Mr Jouy, secrétaire général de mairie cité in Lehman 1951)

 

Martigny les Gerbonvaux. De retour de mission, un Potez 63-11, touché par la DCA allemande, s’écrase en bordure du terrain d’aviation. Les deux membres d’équipage sont tués. (Duvaux 2005)

 

16 mai 1940

 

Neufchâteau. A 1h30 du matin, premier bombardement aérien de Neufchâteau par l’aviation allemande. Il ne cause que des dégâts matériels. (Duvaux 2005)

 

21 mai 1940

 

Neufchâteau. Arrestation dans un bar, d’un individu de Saint-Dié tenant des propos défaitistes. Il est écroué à Nancy. (Duvaux 2005)

 

24 mai 1940

 

Le 3e Bureau de la Direction des Etapes de la IVe Armée ordonne au commandant d’armes de Neufchâteau de préparer la défense de la coupure de la Meuse face à l’ouest. (Duvaux 2005)

 

25 mai 1940

 

Neufchâteau. Le centre d’accueil des réfugiés appelle la population de la ville à apporter des vêtements, du linge et de vivres pour constituer des stocks pour aider les réfugiés les plus démunis qui sont de plus en plus nombreux à passer dans la commune. (Duvaux 2005)

 

28 mai 1940

 

Pargny-sous-Mureau. Cantonnement de la 262e compagnie d’aérostation (jusqu’au 14 juin). (Duvaux 2005)

 

29 mai 1940

 

Neufchâteau. Arrivée dans la commune des 632e et 637e Compagnies de Construction de voies étroites chargées de préparer la défense de la Meuse. (Duvaux 2005)

 

2 juin 1940

 

Défense de la coupure de la Meuse. Après trois jours de travaux, les préparatifs de destruction suivants ont été réalisés.

  • Neufchâteau. Pont sur la Meuse de la route de Neufchâteau à Chaumont : 4 puits de mines terminés et non coffrés.

  • Rouceux. Pont sur la Meuse de la route de Rouceux à Frébécourt : dégarnissage des 3 poutrelles métalliques du tablier du pont terminé ; rétablissement de la chaussée terminé.

  • Frébécourt. Pont sur la Meuse : 4 puits de mines terminés et non coffrés.

  • Coussey. Pont sur la Meuse : dégarnissage des 3 poutrelles métalliques du tablier du pont en cours.

  • Domrémy. Pont sur la Meuse : fouilles permettant d’accéder aux chambres de mines terminées sur une moitié seulement de la route.

  • Maxey sur Meuse. Pont sur la Meuse : dispositif de mines dans 2 piles du pont terminé. (Duvaux 2005) 

 

3 juin 1940

 

Martigny-les-Gerbonvaux. Le Groupe de Reconnaissance I/33 remplace le Groupe de Reconnaissance I/36. Il est composé de 2 escadrilles équipées de Potez 63-11 et de Bloch 174. (Duvaux 2005)

 

5 juin 1940

 

Neufchâteau. Le sous préfet Maurice TOESCA est nommé secrétaire général de la préfecture de l’Aisne. Il est remplacé par Louis NOIRTIN, conseiller général et conseiller municipal de Neufchâteau. Celui-ci partira en exode quelques jours plus tard. (Duvaux 2005)

 

6 juin 1940

 

Epinal. « Organisation de la Compagnie de la Garde Territoriale par le capitaine GEINDRE et le lieutenant BLAUDEZ. » (Journal de guerre de Mr Jouy, secrétaire général de mairie cité in Lehman 1951)

 

7 juin 1940

 

Epinal. « En exécution des ordres du général commandant la 20e Région militaire, les détenteurs d’armes et de munitions sont avisés d’avoir à les déposer immédiatement à la mairie. » (Journal de guerre de Mr Jouy, secrétaire général de mairie cité in Lehman 1951)

 

8 juin 1940

 

Martigny-les-Gerbonvaux. Bombardement du terrain d’aviation par l’aviation allemande. (Duvaux 2005)

 

10 juin 1940

 

Epinal. « Déclaration de guerre à l’Italie. Au Champ du Pin, les cafés des ressortissants italiens CANAVERA et STORELLI sont mis à mal par des voisins. Intervention de la police et de la gendarmerie. (Journal de guerre de Mr Jouy, secrétaire général de mairie cité in Lehman 1951)

 

Martigny-les-Gerbonvaux. De retour d’une mission de reconnaissance de nuit, un avion s’écrase sur le terrain faisant 2 morts et 1 blessé. (Duvaux 2005)

 

Raids de reconnaissance de l’aviation allemande sur les lignes de chemin de fer entre Vitry-le-François, Neufchâteau et Epinal. (Duvaux 2005)

 

11 juin 1940

 

Saint-Laurent « A 6h30, six bombes tombent près du viaduc de Bertraménil. L’une d’elle tombe sur une maison voisine. Les ambulances de la ville y sont envoyées avec des brancardiers du poste I. Un peu après une équipe de déblaiement est envoyée par les pompiers. 1 femme et 4 enfants tués, 4 blessés » (Journal de guerre de Mr Jouy, secrétaire général de mairie cité in Lehman 1951)

Les victimes sont Josette SCALINI (2 ans), Colette SCALINI (3 ans), Christiane SCALINI (4 ans), Mauricette VAUBOURG (10 ans),Marie MORDASINI (18 ans). Les deux parents SCALINI sont blessés. (Lehman 1951)

 

Nouveaux raids de reconnaissance de l’aviation allemande sur les lignes de chemin de fer entre Vitry-le-François, Neufchâteau et Epinal. (Duvaux 2005)

 

12 juin 1940

 

Epinal. Bombardement aérien du Saut le Cerf. Il n’y a pas de dégâts. (Lehman 1951)

 

13 juin 1940

 

Chantraine. Un avion allemand bombarde la caserne tuant 5 militaires. (Lehman 1951)

 

Châtenois, Gironcourt, Houecourt sont mitraillés par l’aviation allemande. (Duvaux 2005)

 

Neufchâteau. Bombardements de la ville par l’aviation allemande. Il y a au moins 27 militaires et 5 civils tués. Dans la soirée de nombreux habitants de la ville décide de quitter la ville et se joignent au flot des réfugiés. 

« Je retrouve mon hôpital déjà plein de blessés et de morts (un capitaine d’aviation ….). Nous nous mettons à la tache tout de suite, le docteur MAZINGARBE dans une salle, moi dans une autre… Et le bombardement reprend. Je n’entends que les sinistres sifflements des chutes ; parfois ça parait tout près ; jusqu’alors, tout entier à mon travail, je me sens profondément calme et tous autour le sont aussi. Les avions arrivent par vagues assez rapprochées. La maison tremble : une bombe finit par tomber à l’étage au dessus, sur la maternité. Mon adjoint le lieutenant MAZINGARBE pense qu’on ne peut plus opérer dans ces conditions. J’en conviens volontiers. Les blessés sont descendus dans la cave à provisions, nous avec … Bientôt la cave est pleine …. Gémissements, râles, une plaie horrible laisse échapper d’une tête le cerveau comme un gros champignon et pourtant le blessé vit encore … J’opère sur le chariot brancard roulant, affreuses blessures où on ne retrouve pas d’éclats, amputations .. Eclairage sur accumulateurs une partie de la nuit dans les pires conditions. » (Témoignage du médecin capitaine Henri Cornu cité in Duvaux 2005)

Le groupe de Reconnaissance II/36, basé au terrain d’aviation se replie sur Ambérieu-en-Bugey. (Duvaux 2005)

 

Rouceux. Bombardements de la ville par l’aviation allemande. Il y a au moins 5 militaires tués. (Duvaux 2005)

 

14 juin 1940

 

Dans la soirée, l’ordre est donné à tous les hommes soumis aux obligations militaires et aux jeunes de 18 à 20 ans de se replier sur Dijon par leurs propres moyens. (Dodin 1980)

 

Bazoilles. Bombardement de la gare par l’aviation allemande. (Duvaux 2005)

 

Certilleux. Bombardement de la gare par l’aviation allemande. (Duvaux 2005)

 

Châtenois. Bombardement de la gare par l’aviation allemande. (Duvaux 2005)

 

Epinal. Départ pour Dijon du colonel CANAVY commandant la subdivision et commandant d’armes. Il est suivi par le commandant de la place. Seul reste le commandant CHARPENTIER commandant d’étape, qui doit organiser la défense de la ville mais dont les deux tiers de son personnel sont déjà partis pour Albi. Il va diriger et organiser la défense de la ville jusqu’au 21 juin. 

L’armée reçoit l’ordre d’évacuer ses dépôts qui sont immédiatement pillés par les civils des environs.

Bombardement de la ville par l’aviation allemande. (Poull 1985)

« 64e alerte. Le signal n’a été donné que sur l’ordre du directeur de la Défense passive, au bruit du sifflement des bombes, c'est-à-dire à 17h45.

Une bombe sur l’immeuble Bœuf, à Chantraine ; plusieurs bombes sur les casernes de Chantraine. Le bâtiment de la caserne Reffye atteint en son milieu. Pas de victimes civiles. On mine les ponts de la Moselle. » (Journal de guerre de Mr Jouy, secrétaire général de mairie cité in Lehman 1951) 

 

Gironcourt. Bombardement de la gare par l’aviation allemande. (Duvaux 2005)

 

Grand. Bombardement de la gare par l’aviation allemande. (Duvaux 2005)

 

Martigny-les-Gerbonvaux. Bombardement du terrain d’aviation. (Duvaux 2005)

 

Midrevaux. A l’entrée du tunnel, un train de réfugiés est mitraillé par l’aviation allemande. Il y a 21 morts. 

« Vers 13h15, le convoi stoppe subitement, il se trouve à 2 km d’un tunnel, dans le bois de Midrevaux. Des avions ennemis bombardent et mitraillent la rame qui nous précède et qui emporte vers l’intérieur les évacués de la région. Quelques bombes tombent à proximité de notre rame sans causer de dégâts, un Indochinois est très légèrement blessé. Il n’en n’est pas de même de la rame d’évacués où une bombe tombe entre deux wagons, coupe le rail sur une longueur de 1m50 environ et cause une quinzaine de morts et un grand nombre de blessés. Les victimes sont secourues par les médecins et infirmiers du convoi, aidés par les hommes de la Boulangerie Organique de Campagne. Le motocycliste est envoyé à la gare la plus proche pour y demander le secours que nécessite l’état des voies. Avec les moyens du bord (outillage en fer des ouvriers de la Boulangerie Organique de Campagne), les soldats de la formation commencent à réparer la voie. Pendant tout le temps des travaux qui durent environ jusqu’à 17 heures, les avions mitraillent, les hommes doivent se garantir. Les deux rames reprennent leur route vers 17 heures à très petite allure. Elles arrivent le lendemain matin vers 3 heures à 4 km de Neufchâteau. » (Rapport du capitaine d’administration René Rouyer, gestionnaire de la Boulangerie Organique de Campagne cité in Duvaux 2005)

 

Mirecourt. Bombardement de la gare par l’aviation allemande. (Duvaux 2005)

 

Neufchâteau. Bombardements de la ville par l’aviation allemande. Il y a au moins 3 militaires tués. Un appareil de reconnaissance allemand est endommagé par la DCA au dessus de la ville. 

« Pour éviter les encombrements nous partons sur Colombey-les-Belles, puis Neufchâteau que nous traversons vers 4 heures de l’après midi. Quel spectacle ! car la ville venait de subir un bombardement par avion effroyable, toutes les devantures des magasins sont par terre sur les trottoirs ; aussi nous ne nous sommes pas amusés, et avons traversé la ville au plus vite. Nous avons dû plusieurs fois nous coucher dans les fossés de la route pour éviter les bombardements et les rafales de mitrailleuses. De là nous décidons d’aller coucher à Contrexéville, mais toujours dans la crainte des bombardements de la ville nous partons sur un plus petit pays. » (Témoignage de Madeleine Hallauer cité in Duvaux 2005)

« A 300 m avant Neufchâteau, des civils couchés dans le fossé droit de la route font comprendre, par signes, que des avions survolent la route. On arrête le convoi en prenant soin de camoufler les véhicules sous des arbres, car les mitrailleuses tirent. Il y a une trentaine de bombardiers ennemis, qui pendant 20 minutes laissent tomber environ 150 bombes sur les voies ferrées, les ponts et les routes situées à l’ouest de la ville. Chez nous par une chance extraordinaire, ni blessés, ni dégâts. Nouveau départ : dans la ville qui disparaît sous la fumée, nos voitures longent des dépôts militaires en partie détruits par le bombardement : bâtiments éventrés, baraques en flammes, chevaux morts … et arrivent au pont du chemin de fer à l’entrée duquel le (camion n°) 3 s’arrête : la galerie s’est accrochée à des fils électriques rompus. BORGNON passe par une fenêtre du car, monte sur le toit et dégage les fils. » (JMO de la compagnie d’électro-mécaniciens n°390/2 cité in Duvaux 2005)

« Entre Neufchâteau et Liffol, où la nationale 65 longe la voie ferrée, le convoi est soumis à des bombardements violents et répétés, ainsi qu’à des tirs de mitrailleuses, avec balles explosives, pendant une demie heure. La voie ferrée est coupée en de nombreux points, plusieurs trains, sous pression sont arrêtés ; un grand nombre d’entonnoirs sont creusés entre la voie ferrée et la route. Une torpille vient de tomber dans le fossé gauche de la route, au pied d’un arbre. Par bonheur, aucun accident grave n’est à déplorer à la compagnie ; seuls TAVERNE et MENARDAIS ont de légères écorchures causées par des éclats de bombes, et DECAUDIN se trouve mal. Une torpille tombe à deux mètres de BILHERE-CHEVALLIER, sans éclater. Un pneu du camion n° 6 est crevé par un éclat. On repart et, au passage, on constate l’étendue des dégâts causés aux voitures intercalées dans notre convoi : plusieurs tués de nombreux blessés, des voitures et des maisons en flamme.

Le 2e convoi repart et prend la nationale 65 qui longe la voie ferrée. Le bombardement a fait des dégâts considérables : rails tordus et sectionnés en plusieurs points, entonnoirs dans le ballast et le talus. Un car en flammes barre la moitié de la route. Les voitures passent rapidement en s’espaçant le plus possible et tombent sur un énorme embouteillage causé par plusieurs convois qui ont été pris sous le bombardement. L’un notamment transporte un bataillon du 57e RI (Il s’agit en fait du 57e Bataillon de Mitrailleurs Motorisés) de Bordeaux (3 cars incendiés, plusieurs morts). L’embouteillage est tel que les véhicules se trouvent sur 3 de front. La voiture n° 7 se trouve arrêtée très près du car qui flambe de plus belle, et on craint que le feu s’y communique car la chaleur dégagée est intense. On fait serrer quelques véhicules, la 7 peut avancer de quelques mètres et se trouve hors de danger. FRADELLE et BEDAT partent en avant pour connaître la cause de cet embouteillage. Deux cars du 57e RI, en flammes, obstruent totalement la route ; des caisses de cartouches éventrées sont éparpillées un peu partout sur la route. Des étuis vides de cartouches Lebel jonchent la route. Il n’y a rien à faire que d’attendre car la file des voitures est tellement allongée derrière nous qu’il est impossible de faire demi tour. L’instant est critique : les bombardiers rodent dans les environs. Le brasier diminue, on écarte tant bien que mal les débris des deux cars et, une à une, les voitures démarrent. » (JMO de la compagnie d’électro-mécaniciens n°390/2 cité in Duvaux 2005)

« Gare de Neufchâteau, 14 juin 1940, en fin d’après midi, le train sanitaire 362 est bondé de militaires blessés. Il y avait à ce moment là sur les quais de la gare de nombreux civils affolés par les bombardements successifs, qui ne cherchaient qu’à partir. Malgré la surveillance du service d’ordre complètement débordé et celle que le médecin chef du train exerçait personnellement quelques civils réussirent à monter dans le train sanitaire. Je me souviens en effet avoir remarqué dans les couloirs des wagons, au départ du train qui s’arrêta environ une quinzaine de minutes en gare de Neufchâteau. Ces civils, ni malades, ni blessés qui continuèrent à monter dans les gares suivantes malgré mon interdiction formelle (mes infirmiers firent preuve de mollesse et n’osaient les refouler) furent une lourde surcharge et contribuèrent à paralyser le service déjà très difficile dans le train. » (Rapport du médecin lieutenant André Winiezki, médecin chef du train sanitaire 362, cité par Duvaux 2005)

« A l’hôpital de Neufchâteau, il y a une dame de Nancy avec 2 enfants blessés par bombe d’avion sur la route de Nancy. Sa fille est restée sur place avec 4 morts et la voiture immobilisée. La mère supplie qu’on la conduise pour chercher sa fille. Personne ne s’y décide. Je la mets dans une voiture avec mon conducteur et nous remontons dans la nuit noire au milieu du chaos invraisemblable de convois jusqu’au niveau du village de Saint-Elophe où nous trouvons la malheureuse femme assise sur une valise et les 4 morts. On la charge avec sa mère et ses bagages sur un camion et nous attendons le jour à Saint-Elophe. » (JMO Hôpital évacuation primaire n°11 cité in Duvaux 2005) 

Le colonel JACQUOTTE commandant la place de Neufchâteau reçoit, de la XXe Région militaire, à 10 heures un ordre de repli en direction de Dijon « par les moyens du bord ». L’évacuation commence vers 14h30. Le commandement de la place est transmis au colonel GUGUEN commandant le camp de Liffol-le-Grand. Dans l’après midi, il reçoit lui-même un ordre d’évacuation sur Bourmont. Il transmet alors le commandement de la place au lieutenant colonel HENARD commandant le 208e RPP. (Duvaux 2005)

 

Noncourt. Bombardements de la ville par l’aviation allemande. Il y a au moins 5 militaires et 3 civils de tués. (Duvaux 2005)

 

Rouceux. Bombardements de la ville par l’aviation allemande. Au moins 1 civil est tué. (Duvaux 2005)

 

Ruppes. « Nous dépassions Barisey-la-Côte et Ruppes, à marche très prudente, tous les signaux étant détériorés et la voie risquant d’être coupée par les bombardements successifs. Deux kilomètres environ après le passage à niveau de Ruppes, une escadrille d’avions ennemis volant à très basse altitude, nous attaqua. De 18h30 à 19h20, notre convoi resta sous les bombes et le feu des mitrailleuses. L’alerte passée, nous relevions trois morts (….) et nous comptions 4 blessés. Les morts sont déposés dans un wagon et le médecin auxiliaire LE ROUX apporte immédiatement ses soins à ces blessés (…) Les dégâts matériels étaient importants, un wagon avait été entièrement détruit, les autres portaient des traces d’éclats et le wagon cuisine notamment était littéralement criblé. En raison de la violence du bombardement subi, il est providentiel que nous n’ayons pas subi de pertes plus importantes en personnel et de dégâts matériels plus considérables. Plusieurs gradés et sapeurs ayant cherché abri pendant l’alerte dans les bois bordant les voies et d’autres trains nous suivant, je chargeai le médecin LE ROUX, le caporal CONNAC et dix sapeurs de fouiller les bois cependant que nous avancions vers Neufchâteau. Malgré les violentes secousses causées au train par les explosions des bombes, aucun attelage n’a été rompu. (JMO 542e Cie des sapeurs de chemin de fer, cité in Duvaux 2005)

 

Soulosse-sous-Saint-Elophe. Bombardement du village. Duvaux 2005)

 

Thaon-les-Vosges. Bombardement de la ville par l’aviation allemande. (Duvaux 2005)

 

15 juin 1940

 

Epinal. Des avions allemands survolent la ville et mitraillent les trains en gare. Un deuxième raid aérien largue des bombes qui font 1 mort et 3 blessés. 

Départ du dernier train de réfugiés. (Lehman 1951)

« La ville se trouve privée de gaz et d’électricité. Les départs sont nombreux tant par la route que par les rares trains.

Les boulangeries, privées d’électricité, n’ont pas de pain.

A l’Hôtel de ville, vente de pain de la Manutention et de pain de guerre. 

A 16h15, 67e alerte non annoncée, les sirènes ne fonctionnant plus. 5 à 6 bombes sont lancées semble t’il, sur un convoi qui passait quai de Dogneville.

Un blessé grave, une blessée sérieusement et plusieurs blessures légères par une bombe tombée place Clemenceau. Dégâts à l’auto pompe, porteuse d’échelles et à une ambulance. 

Une bombe sur les établissements Kahn, imprimerie.

Une bombe sur le hangar de l’ancienne fonderie Joly près de la gare. » (Journal de guerre de Mr Jouy, secrétaire général de mairie cité in Lehman 1951)

 

Chavelot. Bombardement de la gare de triage. (Lehman 1951)

 

Girancourt. 9 avions allemands bombardent la voie ferrée Nancy-Epinal. Un train de munitions est touché et explose bloquant jusqu’au lendemain de nombreux trains militaires provenant du Nord. (Lehman 1951)

 

Neufchâteau. Bombardements de la ville par l’aviation allemande. 

« Le samedi 15 juin, après avoir cantonné à Greux, ordre m’est donné à 4 heures du matin, par le chef de bataillon de continuer avec les 17 chars me restant mon repli sur Epinal. Prenant la tête de mon convoi (…) je le mets en marche ; quelques instants après (500 m environ), nous sommes arrêtés par le flux des colonnes de réfugiés et autres se trouvant devant nous. (…) Non loin de l’entrée de Neufchâteau, un commandant de garde mobile me prenant pour un officier du service routier, après m’avoir un peu admonesté, me félicite. A Neufchâteau où j’arrive vers 9h, je m’établis au carrefour des routes Neufchâteau – Chaumont – Langres – Epinal (là où la veille des avions allemands ont lancé des bombes et où est édifié, si ma mémoire est exacte : Hôtel Terminus ou Univers (en fait Hôtel Moderne) et où se trouvent un officier, qui comme moi n’est pas du service routier et un gendarme. Nous empêchons les voitures de s’ y arrêter, les aiguillons suivant l’indication demandée, chargeons dans les véhicules passant vides les réfugiés amenés là et déchargés par centaines et embouteillant le carrefour. La plupart venaient par camions réquisitionnés des départements du Rhin qui devaient les amener à Neufchâteau et « pas plus loin ».

Vers 12h, la circulation est rétablie normalement et le flot commence à s’écouler. Je reste seul à continuer le service d’ordre.

Vers 13h, une escadrille ennemie vient survoler la ville, présage d’un bombardement prochain.

A 14h45, MARCHETTI passe à la tête de ma colonne. Je lui donne l’ordre de continuer sa route et de s’arrêter avec son convoi de façon à bien le regrouper à 1000 – 1500 mètres sous couvert. Un quart d’heure ne s’est pas écoulé après son passage que 9 avions allemands apparaissent au dessus de la ville, font un large cercle et lâchent de grosses bombes, six tombent entre carrefour, gare et pont de chemin de fer passant au dessus de la route Vaucouleurs – Neufchâteau et l’une d’elle devant un porte char y mettant le feu ainsi qu’au char, les trois dernières à 150 mètres du carrefour. Aidé par un civil inconnu, je mets à l’abri deux femmes blessées aux jambes et au corps à mes côtés, fais partir les voitures qui s’étaient garées et cours près du brasier causé par l’incendie de mon porte char. J’y suis rejoint par le lieutenant HIANCE de la compagnie de transport. Impossible d’en approcher, le vent rabattant les flammes et les munitions commençant à exploser. La route est obstruée et près de moi deux autos sont renversées, quatre morts gisent sur la chaussée. J’aperçois de l’autre côté du brasier un chasseur (…) qui malgré le danger relève des blessés et les sauve probablement de la mort. Non loin du camion en flammes, plusieurs objets indéfinissables brûlent.

Je reviens au carrefour au moment ou 6 nouveaux avions apparaissent et lancent leurs bombes. Je n’ai que le temps de me coucher pour recevoir une deuxième fois tuiles et gravats. J’aperçois quelques minutes après le commandant de la garde mobile rencontré le matin et voyant d’un abri sortir un médecin militaire, je le fais conduire par HIANCE près des femmes blessées pour les soigner, après lui en avoir donné l’ordre formel. Les avions nous mitraillent. Ma préoccupation est de trouver bien vite un chemin pour détourner la colonne et la remettre, le plus rapidement possible, en route.(…) 

Avant de quitter Neufchâteau, les Allemands nous gratifient d’un troisième bombardement et je rejoins vers 18h30 la tête de ma compagnie. » (Rapport du capitaine René Le Corre commandant la 3e Cie du 29e BCC cité in Duvaux 2005) 

 

Neufchâteau. A 14h avenue Gambetta en face de la société d’alimentation « la Jeanne d’Arc », la circulation est totalement bloquée à la suite des encombrements. L’aviation allemande repère cet embouteillage et lâche des bombes qui provoquent l’explosion des citernes d’essence de la « Jeanne d’Arc ». L’incendie se propage dans toute la rue et va durer trois jours. Il y au moins 20 morts, mais on estime que de nombreuses victimes ne seront jamais retrouvées. 

« Je pus atteindre Neufchâteau le samedi 15 juin à six heures du matin. Me plaçant, avec deux sous-officiers, à l’entrée de la ville, je récupérai au passage les éléments du train auto. A onze heures, j’avais regroupé la totalité des véhicules. Immédiatement je fis faire le plein d’essence par réquisition effectuée par mes soins au grand garage « Jeanne d’Arc », les parcs militaires ayant été évacués (… vers midi) l’embouteillage était encore si grand qu’un départ immédiat eût été impossible et par trop dangereux en raison des bombardements aériens particulièrement violents. De nombreuses formations de toutes armes dans un désordre sans nom se repliaient sur l’arrière en direction de Dijon. Un capitaine de pionniers 415e, si mes souvenirs sont exacts, entendant les ordres que je venais de donner me fit part des renseignements que venait de lui transmettre son chef de corps, renseignements d’après lesquels il devait se replier et gagner Dijon s’il en était temps encore, la situation s’étant subitement aggravée : Chaumont, Langres, Besançon, Gray étaient parait il occupées. Vers 13 heures, pendant que je surveillais le camouflage des véhicules, un violent bombardement fut déclenché ; c’est à ce moment que, grièvement atteint, je perdis immédiatement connaissance. Ce n’est que vers 15 heures qu’entendant mes appels, deux de mes sous officiers, l’adjudant chef ALFONSI et le sergent PORTE, vinrent sous un bombardement toujours aussi violent me porter secours et me transporter dans un abri voisin. Je manquerais à mon devoir si je ne signalais pas la remarquable conduite de ces deux sous officiers ainsi que celle de l’adjudant BERINI qui, après m’avoir secouru, transporté dans un abri, me sauvant ainsi d’une mort certaine, portèrent, au péril de leur vie, également secours à de nombreux militaires du régiment et d’autres armes. » (Compte rendu du lieutenant Pierre Girard, officier chargé des détails au 23e RIC, cité par Duvaux 2005)

Le bilan des victimes pour Neufchâteau et Rouceux est d’au moins 41 militaires et 18 civils tués. En trois jours on estime que la ville a reçu de 400 à 500 bombes de 50 kg.

Sous la pression des bombardements le lieutenant colonel HENARD se replie à Noncourt qu’il quitte dans la nuit.

Le personnel de l’hôpital civil commence à se replier sur Gray puis Besançon. (Duvaux 2005)

 

Rouceux. Bombardements de la ville par l’aviation allemande. (Duvaux 2005)

 

La XXe Région militaire donne ordre à tous les affectés spéciaux de rejoindre leurs corps et ordonne à tous les hommes de 18 à 20 ans de se replier sur Dijon. (Duvaux 2005)

 

Les 1ere et 6e DIC du Corps d’Armée Colonial (CAC) reçoivent l’ordre de se replier vers Bourmont et Lamarche.

 

La 3e DINA et la 36e DI doivent se replier vers Mauvages, Neufchâteau et Darney. (Duvaux 2005)

 

16 juin 1940

 

Darney. Mitraillage des bois par l’aviation allemande. (Duvaux 2005)

 

Epinal. Bombardement de la ville par l’aviation allemande. (Poull 1985)

« La municipalité réquisitionne l’usine électrique, afin de permettre le fonctionnement des pétrins électriques et des appareils TSF.

Tout le personnel de la DP est à son poste. Le ravitaillement de la population est assuré en grande partie à l’Hôtel de ville par la municipalité, sous la direction de Mr Vautrin, au moyen des denrées provenant de l’intendance de Raon l’Etape. » (Journal de guerre de Mr Jouy, secrétaire général de mairie cité in Lehman 1951)

 

Golbey. Les médecins de l’hôpital quittent leur hôpital. Seuls restent le dentiste MEY et le chirurgien LAFLOTTE qui poursuivront leurs interventions jusqu’à la fin des combats. (Lehman 1951)

 

Trampot. Le 1er Bataillon du 294e RI secondé par le 53e Bataillon de Mitrailleurs Motorisés et par des éléments du 3e Spahis s’installe dans les bois autour de Trampot et d’Aillianville. Ils dressent des barricades sur les routes et repoussent une attaque allemande. (Duvaux 2005)

 

Le lieutenant colonel LUCIANI de l’armée de l’air, commandant le secteur se replie après avoir fait procéder aux destructions des installations aériennes à Neufchâteau, ChâtenoisMartigny-les-Gerbonvaux, Poussay, Mirecourt, Semoutiers, Damblain, Auzainvilliers, La Vacheresse. (Duvaux 2005)

 

17 juin 1940

 

Epinal. « Le ravitaillement continue à s’effectuer à l’Hôtel de ville. Les combats commencent aux environs d’Epinal en direction deBains-les-Bains. (Journal de guerre de Mr Jouy, secrétaire général de mairie cité in Lehman 1951)

 

Sercoeur. Arrivée du 1er bataillon du 223e RI qui a pour mission de tenir les points de passage de la Moselle à Golbey et Dognevilleen liaison avec le GRDI 51 stationné à Girmont. A 18 heures le bataillon occupe les positions suivantes :

  • 1ere compagnie et PC à Dogneville.

  • 2e compagnie à Jeuxey.

  • 3e compagnie au Saut le Cerf (Epinal) (Lehman 1951)

 

Padoux. Installation du PC de la 70e DI. (Lehman 1951)

 

Hymont. Bombardement de la gare par l’aviation allemande. (Lehman 1951)

 

Mattaincourt. Bombardement de la gare par l’aviation allemande. (Lehman 1951)

 

Dans la matinée les Français repoussent une forte attaque d’infanterie allemande en provenance de Trampot et Bréchainville. Ils défendent avec acharnement le secteur compris entre Trampot et Aillianville.

Dans la journée, le 53e Bataillon de Mitrailleurs Motorisés se replie vers Bazoilles-sur-Meuse et capture un éclaireur motocycliste allemand qui s’était aventuré jusqu’à Liffol-le-Grand. (Duvaux 2005)

 

A 12h30, appel du maréchal PETAIN sur les ondes engageant les troupes à cesser le combat et annonçant qu’il a demandé l’armistice. (Duvaux 2005)

 

La 1ere DIC s’installe face à l’ouest entre Bourmont et Bazoilles sur Meuse.

 

La 3e DINA s’installe entre Remoncourt et Morelmaison.

 

La 36e DI défend le secteur compris entre Châtenois, Vouxey et Coussey (14e RI à Coussey, Soulosse et Fruze, 18e RI à Vouxey, Balleville et Rémoville, le 57e RI à Châtenois, le 224e RA à Dommartin les Vallois,)

 

Le 3e Bataillon du 139e RIF protège Neufchâteau

 

Dans l’après midi ces unités reçoivent un ordre de repli vers le sud est en direction de Bains-les-Bains et de Plombières. Dans la soirée un contre ordre ramène ces unités épuisées sur leurs positions initiales. 

 

Maxey sur Meuse. Un civil habillé de velours brun et originaire de Paris selon la rumeur publique est fusillé par des soldats français sur la route entre Maxey-sur-Meuse et le hameau de Moncel. Il avait refusé de suivre dans son repli l’unité qui le gardait prisonnier alors que la proximité des troupes allemandes pouvait laisser espérer une libération proche. Sur réquisition française, les habitants d’Happoncourt devront lever le corps et l’inhumer dans la fosse commune du cimetière de Gouécourt. (Duvaux 2005)

 

En face le 17e CA Allemand a fixé des objectifs à ses unités.

  • La 10e DI doit progresser vers Gondrecourt, Lunéville, Daimville, Avranville, Sionne, Pargny, sud de Neufchâteau, Rebeuville, Aulnois.

  • La 26e DI doit progresser vers Gondrecourt, Greux, Nord de Neufchâteau, Rouvres la Chétive, Houecourt. 

  • La 17e DI de police SS doit fermer la marche et nettoyer le terrain (Duvaux 2005)

 

18 juin 1940

 

Epinal. Ordre est donné de détruire les dépôts d’essence à Bois l’Abbé et à Golbey, puis de faire sauter le pont Clemenceau et le pont du Gaz.

Le 46e GRDI qui tient la Moselle de Langley à Portieux, reçoit l’ordre de tenir la Moselle face à l’Ouest entre Epinal et Archettes. Mais voyant que la ville est sans défenses, il décide de la défendre et d’empêcher le passage de la Moselle. Durant la nuit, il s’installe sur la rive droite.

Vers 16h30 arrivée en gare d’Epinal du 164e RIF. Le 168e RIF qui suit est dirigé sur Remiremont. Mais ils sont dépourvus de matériels sauf les armements individuels. 

Dans la soirée le 164e RIF avec seulement 2 bataillons prend position pour tenir les routes aboutissant à Chantraine et Darnieulles.

Vers 19h30 début du bombardement de Chantraine par les Allemands

Vers 20 heures arrivée des premiers allemands qui sont accrochés par des GRD dans le haut de Chantraine. Le 164e RIF qui n’a pas encore pris ses positions est surpris par cette arrivée et se replie durant la nuit vers Dogneville puis Thaon où il arrive vers 4 heures du matin le 19 juin.

Bombardements aériens par l’aviation allemande. (Lehman 1951)

« A 19 heures le génie procède à la destruction des ponts sur la Moselle. Le pont de la République, le pont Clemenceau, le pont de la Loge Blanche et la passerelle du Cours sont détruits ; les deux premiers en totalité. Le pont de la bibliothèque n’est détruit que sur la moitié aval de sa longueur. Le pont de pierre reste intact. » (Journal de guerre de Mr Jouy, secrétaire général de mairie cité in Lehman 1951)

 

Fort de Deyvillers. La garnison qui compte 15 hommes est renforcée par des éléments militaires désorganisés et en fuite, la plupart désarmés. La garnison passe ainsi à 140 hommes. (Lehman 1951)

 

Jeuxey. A 17 heures, arrivée de la 2e compagnie du 223e RI avec pour mission de défendre le village. Elle est renforcée par :

  • 1 section de chars Renault FT 17 en provenance de Moyemont

  • 1 section de mitrailleuses.

  • 1 canon de 25 mm. (Lehman 1951)

 

La 1ere DIC réoccupe ses positions sur la Meuse face à l’ouest entre Bourmont et Bazoilles sur Meuse.

La 3e DINA face au sud entre Vittel et Suriauville.

La 36e DI sur la Meuse face à l’ouest entre Bazoilles sur Meuse et Coussey. (Duvaux 2005)

 

Domrémy. Vers 5 heures du matin début des combats à Domrémy dans le bois Chenu au dessus de la basilique. Dans la matinée les Français font sauter le pont détruisant des véhicules allemands qui approchaient. 

Les Allemands franchissent la Meuse en aval et encerclent les Français qui doivent se rendre. Les combats ont fait 13 morts et 18 blessés du côté français et 7 morts du côté allemand.

A 15 heures, les sapeurs allemands lancent un pont de 16 tonnes. La voie vers Coussey est ouverte. (Duvaux 2005)

 

Coussey. Au niveau de la commune, les Allemands lancent vers 11 heures une intense préparation d’artillerie qui provoque la mort de plusieurs soldats et civils. Un peu après 15 heures, arrivée d’une colonne blindée allemande qui débouche de Domrémy. Elle cherche à s’infiltrer vers Gouecourt pour prendre Coussey à revers. Simultanément les Allemands attaquent Frébécourt qui est pris vers 16 heures. A Coussey les combats durent jusqu’au soir (le village est officiellement pris à 19h 15). Les combats dans le secteur ont fait une vingtaine de morts du côté français et 5 du côté allemand. 

Après la prise de Coussey, les Allemands du 77e RI se dirigent vers Neufchâteau. A la faveur de la nuit, les éléments du 14e RI se replient sur Autigny-la-Tour. (Duvaux 2005)

 

Neufchâteau. Le III/18e RI subit un violent bombardement. En fin d’après midi les artificiers font sauter la deuxième arche du pont routier des 5 ponts qui enjambe la Meuse. Mais la charge ne détruit qu’une partie de l’ouvrage. 

Parallèlement les sapeurs de la 654e Cie d’exploitation de sapeurs des chemins de fer font sauter les ponts routiers de Sauvigny,Brixey, Maxey-sur-Meuse.

Après des combats, Neufchâteau est pris par les Allemands à 23h30. Les Allemands capturent 18 officiers et 799 soldats, 5 mitrailleuses, 3 canons antichars et 1 pièce d’artillerie. (Duvaux 2005)

 

Rollainville. Arrestation d’un homme suspecté d’être un espion allemand.

« Le III/24e Régiment d’Artillerie divisionnaire était en position dès le début de la matinée à la côte 310 Sud de Rollainville. Mission : interdire le passage de la Meuse à Neufchâteau (…) dans la matinée vers 10 heures, au cours d’une reconnaissance, le sous-lieutenant MAYSSONNIER de l’artillerie, vit atterrir sur la côte 380 un avion allemand (sur la carte au 200.000e à peu près à hauteur du C de NEUFCHATEAU). Un homme en descendit et se sauva dans un bois peu épais. Sur compte rendu du CE LAUROA transmis par moi au général de la division d’infanterie, un détachement du 18e RI cerna le bois. On prît l’homme habillé en artilleur d’avant guerre, pantalon à bande rouge, képi de sous officier. Il s’obstine à nier avoir été déposé par l’avion. Il fut livré à la gendarmerie. » (Rapport sur l’artillerie dans la bataille de France du 14 mai au 21 juin 1940 cité in Duvaux 2005)

 

Bazoilles sur Meuse. Le 53e Bataillon de Mitrailleurs Motorisés est attaqué vers 16 heures. Il réussit à détruire 3 automitrailleuses allemandes à l’aide d’un canon de 47 mm. (Duvaux 2005)

 

19 juin 1940

 

St Laurent – Dounoux (Hameau des 4 vents). Un détachement du 55e Bataillon Motorisé de Mitrailleuses a établi un barrage à l’intersection des routes de Dounoux et d’Uriménil en direction d’Epinal.

Vers 4 heures du matin, une voiture allemande munie d’une croix rouge se présente. Lors des négociations qui s’engagent, un allemand tente de désarmer un sous-officier qui tient un revolver à la main. Lors de la lutte qui s’engage, le sous-officier français est blessé. Un soldat allemand est tué, un autre blessé. Les blessés et le mort sont conduits au café des 4 vents.

Vers 8 heures du matin, 6 voitures ambulance allemandes se présentent à nouveau devant le barrage. Les Allemands tentent de démonter le barrage. Un combat s’engage, les voitures font demi tour et les soldats allemands se réfugient au café des 4 vents.

Un groupe de 9 soldats français dirigé par le lieutenant De BIONAC prend d’assaut le café et capture 32 soldats allemands armés de revolver. Deux Allemands morts sont trouvés à l’intérieur du café.

A ce moment là, interviennent des automitrailleuses qui renversent la situation. Les Français doivent se rendre.

Les 10 soldats français sont ensuite fusillés par les Allemands. Deux seulement réussissent à s’échapper (l’un en faisant le mort, l’autre en prenant la fuit sous les tirs et en se réfugiant dans les bois). 

(Un autre témoignage indique que le combat a commencé par un tir d’artillerie puis que les Allemands ont été repérés dans le café sans qu’ils soient identifiés comme infirmiers. Ils étaient armés. La suite du témoignage rejoint le précédent). (Lehman 1951)

 

Dounoux. Des tirs d’artillerie détruisent le clocher de l’église.

Dans l’après midi, une ambulance française conduite par des Allemands est attaquée et le chauffeur tué. Les bois sont cernés par les Allemands qui capturent 3 soldats français du 55e BMM. Ils sont immédiatement exécutés d’une balle dans la tête. (Lehman 1951)

 

Saint-Laurent. Devant la carrière au lieu dit « le char d’argent », installation d’un barrage par le 55e BMM (au coude de la Moselle, devant le viaduc du chemin de fer de Saint-Laurent). Les Allemands arrivent des 4 vents vers 10h. Un violent combat s’engage durant lequel un civil Mr STEINACKER et au moins 5 Allemands sont tués. Un officier le capitaine ROBERT et 3 soldats sont tués. (Lehman 1951)

 

Epinal. Vers 4 heures du matin arrivée de chars allemands vers la rue de Nancy, sûrement en provenance de Nancy. Le pont Clemenceau est détruit et le pont de la Bibliothèque endommagé.

Vers 6 heures du matin, un char allemand se glisse vers le grand pont encore intact. Il est pris à partie par un canon embusqué dans l’entrée du lycée. Le combat qui s’engage met le feu aux immeubles du quai Bayé, aux maisons de la caisse d’Epargne, de l’imprimerie Homeyer et du Crédit Lyonnais. Finalement le char est détruit et ses occupants tués (le réservoir d’essence percé s’enflamme et provoque l’explosion des munitions)

A 7 heures, des membres du 46e GRDI font sauter la passerelle du Cours devant l’avancée allemande.

Vers 13 heures, nouvelle reconnaissance allemande vers le pont de pierre qui est encore intact. Deux motos et un side-car sont détruits, 4 Allemands sont tués. Finalement le pont de pierre, qui s’il n’a pas sauté est miné, est pris grâce à l’action du lieutenant DANZER qui réussit à enlever les mines sous le feu. Mais il est blessé au cours de l’action et décède le lendemain. 

La préfecture et ses jardins qui ont été aménagés en centre de résistance sont pris après de vifs combats. Un seul des défenseurs capturés n’est pas blessé. 

Une salve de 4 obus allemands tombe devant l’abri de la rue Lomont causant 6 morts (dont 4 pompiers) et 11 blessés tous civils. Par la suite une ambulance qui cherche à évacuer les blessés est incendiée devant le mur du jardin de la préfecture. Les blessés meurent dans l’incendie.

Après leur franchissement de la Moselle et la prise de la ville, les Allemands avancent en direction du Saut le Cerf et commencent par s’emparer des cimetières.

Vers 16h une colonne de chars allemands qui monte la côte du cimetière est prise à partie par une pièce de 75 en batterie sur la route qui relie Deyvillers à la tranchée de Docelles.

Les Allemands tirent sur une colonne de camions porte-chars circulant sur la route de Jeuxey. (Lehman 1951)

Bombardement de la ville par l’aviation allemande. (Poull 1985)

Les combats ont coûté :

  • 23 spinaliens tués.

  • 24 spinaliens blessés

  • 22 étrangers à la ville tués

  • 96 étrangers à la ville blessés

  • 186 maisons entièrement détruites

  • 123 maisons partiellement détruites

  • 1790 personnes sans abris. (Lehman 1951)

« Peu après minuit se présente à l’Hôtel de ville un capitaine qui déclare venir commander la défense de la ville, avec 2 compagnies du 46e GRDI.

Le maire lui fait observer que le Gouvernement a décidé de déclarer ville ouverte toutes les villes de plus de 20.000 habitants. Le capitaine répond « J’ai reçu l’ordre de défendre Epinal, je le défendrai ».

Le préfet aussitôt alerté se met en rapport avec le général commandant la Région mais ne peut obtenir l’annulation de cet ordre.

Un canon de 75 est mis en batterie place Guilgot. Des canons anti-tanks sont placés à l’entrée du Petit lycée en face du pont de pierre, et dans le jardin de la Préfecture, en face du pont de la Bibliothèque. Des mitrailleuses sont placées dans l’immeuble Homeyer, quai Jules Ferry (en face du grand pont).

Un grand nombre d’habitants ont passé la nuit dans les abris. De grand matin, ceux-ci sont ci sont envahis. Le poste de commandement lui-même est plus que plein.

Vers 10h30, un obus tombe devant le PC. Trois sapeurs pompiers sont tués. Deux autres sont mortellement blessés, ainsi que M VAUTRIN conseiller municipal. Plusieurs pompiers et civils sont blessés moins gravement. 

Aucune relation de ce qui se passe en ville ne parvient au PC qui reste en liaison avec la Préfecture.

A 14h30, le maire, le directeur de la DP et son adjoint se rendent sur la place des Vosges, où ils prennent contact avec un officier allemand.

Une Kommandantur s’installe le soir même dans la salle des mariages de l’Hôtel de ville. 

La petite ville est en flammes, ainsi que le pâté de maisons entre la rue du 170e RI et la rue de la Comédie, le grand lycée, la rue Malpertuis, l’avenue de Provence, l’extrémité de la rue Thiers et différents autres immeubles.

Tels sont les résultats (partiels) de la stupide « défense d’Epinal » » (Journal de guerre de Mr Jouy, secrétaire général de mairie cité in Lehman 1951)

 

Jeuxey. Vers 10h bombardement du village par l’artillerie allemande. Le sergent PROKOF est tué.

Entre 12h et 16h, nouveaux bombardements. Une section française va occuper le carrefour de l’auberge des 4 vents au dessus du village

A 16h30 arrivée des premiers éléments allemands qui débouchent de la lisière nord des bois d’Epinal et prennent contact avec le point d’appui des 4 vents. 

Le canon de 25 mm met hors service un mortier allemand avant d’être détruit à son tour.

Totalement encerclé le point d’appui réussit à se replier sur le village en pleine nuit ramenant le corps du soldat CUVELIER tué durant les combats. (Lehman 1951)

 

Dogneville. Bombardement du village par l’aviation allemande, puis à partir de 15 heures, bombardement par l’artillerie allemande. (Lehman 1951)

 

Fort de Dogneville. Vers 9h, tirs contre des blindés allemands sur la route des Forges à l’ouest de Golbey. 

De 21h30 à 22 heures tirs de barrage sur les sorties est d’Epinal. (Lehman 1951)

 

Fort des Adelphes. A 9 heures sur ordre du fort de Longchamp, tir aux environs du pont canal de Golbey et sur les magasins de la Jeanne d’Arc. Les tirs se poursuivent l’après midi.

Vers 18 heures le fort est bombardé durant une heure.

Vers 20 heures arrivée d’une poignée d’allemands qui jettent des grenades semant la panique parmi les défenseurs. Le lieutenant qui commande la garnison accepte de se rendre.

Après la reddition les Allemands tirent avec les canons du fort sur des objectifs indéterminés. (Lehman 1951)

 

Fort de Deyvillers. Une soixantaine d’hommes inutiles pour la défense du fort sont renvoyés. Ceux qui restent possèdent des armes et des munitions en suffisance mais manquent de vivres. (Lehman 1951)

 

Fort d’Uxegney. La garnison détruit les pièces du fort et se rend aux Allemands vers 19 heures. (Lehman 1951)

 

164e RIF. Dans la matinée, une partie du régiment est à Girmont, encombré de multiples éléments disparates d’unités en déroute.

Dans l’après midi, il se dirige vers ChâtelNomexy par Pallegney et Zincourt.

Les déplacements se font sous la menace de l’aviation allemande qui bombarde et mitraille les rassemblements de troupes.

En arrivant, il trouve Châtel en défense, tenu par le GRDI 26, le 109e BCP et décide de rester sur place pour participer à la défense. (Lehman 1951)

 

Aulnois-sous-Beaufremont. La 1ere DIC en retraite vers Châtenois est surprise dans le village par la 26e DI allemande. Toute résistance au milieu des civils étant impossible, elle se rend aux Allemands qui capturent ainsi 18 officiers et 1000 hommes. (Duvaux 2005)

 

Bazoilles-sur-Meuse. Vers 3h30, le 53e Bataillon de Mitrailleurs Motorisés évacue le village et se replie vers Châtenois et Saint-Paul. (Duvaux 2005)

 

Liffol le Grand. La 17e Division de police SS s’installe dans la commune. (Duvaux 2005)

 

Martigny-les-Gerbonvaux. Le village est tenu par des éléments du 8e Régiment de Chasseurs à Cheval. Ils sont attaqués vers 9 heures puis se replient vers TranquevilleAttigneville et Sion-Vaudémont. (Duvaux 2005)

 

Neufchâteau. A 5h30 les Allemands mettent en place un commandement militaire de place qui commence à faire déblayer les dégâts et enterrer les morts. 

D’autre part, création d’une Ortskommandatur (locale) qui s’installe au 23 rue Victor Martin. 

Les autorités allemandes imposent le passage à l’heure de Berlin et le respect d’un couvre feu de 22 heures à 5 heures (lumières obscurcies, circulation interdite). Les restaurants doivent fermer à 21h30. Elles désignent Charles ROY, directeur des magasins réunis et membre du Conseil Municipal comme responsable civil de la ville. Il doit répondre sur sa personne de toute exaction commise à l’encontre des troupes d’occupation. Sa première tâche est d’assurer le ravitaillement des 120 civils qui n’ont pas fui.

Jusqu’au 30 juin, les Allemands tournent plusieurs séquences filmées à l’intention des actualités cinématographiques.

La caserne Rebeval est transformée en camp de prisonniers qui rapidement va accueillir environ 7000 prisonniers français. 

Rapport du médecin lieutenant Roger Jacques VERGEZ du 12e RTS « J’ai été interné à la caserne des gardes républicains le 19 juin au soir. Rien n’avait été prévu pour les 7000 prisonniers qui devaient être rassemblés dans ce camp ; assez rapidement les Allemands l’organisèrent :

Du 19 au 22 juin, une partie des officiers et des hommes est couchée dans des locaux de la caserne, le reste couche dehors, sous des toiles de tentes individuelles. L’état de la plupart des prisonniers était lamentable. Les hommes harassés, sales, hirsutes et démoralisés, n’avaient pas le goût de s’installer sur une couche confortable.

Dès le début, un tel afflux de prisonniers n’était pas prévu, la question nourriture et boisson est très difficilement résolue. Le 20 juin chaque homme touche ¼ d’eau, 2 cuillerées à soupe de riz et environ 20 grammes de lard. Ceci pendant 3 jours. Dès le début, une salle de visite est organisée par un médecin de réserve, le lieutenant SUTY, du dépôt de Toul, et par moi. Les malades affluent, 150 le premier jour. Le médecin allemand nous donne toute latitude et nous pouvons organiser une grande infirmerie.

Le 23 juin, le camp est organisé ; les hommes sont répartis dans les locaux à raison de 60 à 100 et dans des conditions d’hygiène assez acceptables. Les officiers au nombre de 127 sont logés dans les habitations des gardes républicains (3 par chambre).

A. Cadres et surveillance

Le camp est commandé par un commandant assisté d’un personnel peu nombreux. Seul le service médical est au complet. Officiers et troupes sont pour la plupart bavarois, fermes, assez distants, pas trop sévères pour la discipline (le salut pour les officiers à grade égal n’est pas exigé).

Le camp est gardé par des sentinelles extérieures et des mitrailleuses intérieures et extérieures sont disposées aux points principaux.

La discipline assez sévère au début s’est relâchée vers le 8 juillet à l’arrivée d’un bataillon d’Autrichiens dont les divers éléments constituèrent la garde du camp. Une grande liberté intérieure est donnée à tous les officiers. Le premier appel n’a lieu que le 2 août à la suite de nombreuses évasions.

En conclusion, surveillance exercée par des Bavarois et des Autrichiens, très large, discipline peu sévère lorsqu’elle est comparée à celle exercée dans des camps voisins (Ravenel et Mirecourt par exemple) 

B. Les prisonniers.

Au bout de 8 jours, ils sont au nombre de 7.000 environ et se répartissent en 4 catégories :

1°/ Les hommes blancs sous officiers et hommes de troupe active et réserve sont répartis en îlots, chaque îlot sous la responsabilité d’un officier. Parmi ceux-ci se trouvent les spahis, les Marocains, les tirailleurs algériens.

2/ Les Sénégalais sont groupés à part totalement séparés du reste des prisonniers et ont avec eux leurs sous officiers sénégalais. Ils sont répartis en 4 îlots, chaque îlot est placé sous l’autorité d’un officier européen responsable de la discipline.

3°/ Les officiers groupés à part dans les logements des gardes. Ceux-ci ont une paix complète. Pas d’appel, discipline très large, les Autrichiens sont très respectueux à leur égard. Vers le 10 juillet, un tour de sortie à l’extérieur du camp est organisé en vue du ravitaillement. Deux officiers sortent une heure par jour accompagnés d’une sentinelle, baïonnette au canon.

4°/ Des prisonniers civils. Tous les hommes de 17 à 45 ans. Au nombre de 700, ceux-ci furent relâchés à peu près totalement dans les 40 jours qui suivirent leur capture.

Il n’y a pas de travail organisé à l’intérieur du camp. De nombreuses corvées extérieures existent et travaillent parfois jusqu’à 15 km, surtout manutention et déblaiement.

Dans les premiers jours de juillet, diverses listes sont établies et l’on classe sur des listes particulières : « Alsaciens-Lorrains, Polonais, Bretons, noirs et autres étrangers » (tel est le libellé exact de l’ordre allemand)

Enfin le camp est divisé pour le reste des hommes en active et réserve.

Le 23 juillet 1940 : départ des Sénégalais pour Chaumont, ceux-ci sont encadrés par des sous-officiers et des officiers de réserve.

Le 28 juillet 1940 : départ des Européens sur différents camps par paquets de 800 environ (même encadrement)

Le 2 août 1940 : Les officiers des camps de Mirecourt et de Poussay sont centralisés à Neufchâteau.

Le 13 août 1940 : tous les officiers et le reste du camp de Neufchâteau, environ 300 hommes au total sont transportés en camion au camp de Rambervillers.

C. Alimentation des prisonniers.

Très défectueuse pendant les 8 premiers jours, subit ensuite une très forte amélioration :

Du 19 juin au 28 juillet : une boule de pain noir de 700 gr environ pour 8 jours (ce pain est souvent moisi et très défectueux). Gaspillage assez important ;

Deux repas seulement, rien le matin :

A 12h30 environ ¼ de riz, blé ou flacon avoine, lard cuit et margarine, pas de viande.

A 18h30 même mesure

A partir du 28 juillet : grosse amélioration.

A 6 heures un quart ersatz de café.

Une boule de pain noir pour 6 et par jour, pain amélioré. Deux repas mais chaque repas comporte deux plats, dont deux à trois fois par semaine de la viande.

Une seule remarque, la quantité est tout à fait insuffisante et tous les prisonniers sans exception ont très faim.

Les corvées extérieures sont très favorisées, car elles reçoivent de nombreux cadeaux de la population civile et même des Allemands. Les hommes se battent presque pour aller en corvée.

Le régime alimentaire des officiers est exactement le même que celui des hommes. Quelque peu amélioré à partir du 10 juillet par un petit ravitaillement extérieur.

L’alimentation et la distribution sont surveillées par les officiers français qui formulent les réclamations auprès du commandant du camp allemand. Celui-ci les accepte facilement et fait tout ce qui est en son pouvoir (ce pouvoir est très limité) pour améliorer la condition des prisonniers. Je l’ai déjà dit, et il est nécessaire d’insister, le camp est commandé par des Autrichiens en grande majorité.

Les troupes noires ont un régime alimentaire meilleur et semblent favorisées par rapport aux Européens. Leur repas est toujours augmenté soit de confiture, ou fromage ou pruneaux.

D. traitement des prisonniers.

Traitement très acceptable. Les officiers allemands sont froids mais polis, sous-officiers et soldats sont peu sévères et, il faut le reconnaître, une très grande liberté règne dans le camp.

Pas d’appel du 19 juin au 2 août (jour d’arrivée des officiers de Mirecourt).

A partir de ce jour, appel à 7h30 et à 18 heures. Ce qui rend la vie triste et difficile, c’est l’absence de nouvelles jusqu’au 1er août. A partir de ce moment là, le camp est autorisé à envoyer un adjudant en ville faisant fonction de vaguemestre.

En conclusion le camp de Neufchâteau, dirigé par des Autrichiens, est agréable si on le compare à ceux des environs.

E. Etat sanitaire.

Service médical français nécessitant 4 médecins et pharmaciens, alors qu’il y a au camp environ 22 médecins et 6 pharmaciens. Pour ma part, je n’assure aucune fonction médicale. Les postes procurant de nombreux avantages sont occupés par des médecins de réserve plus anciens.

L’état sanitaire est favorable. Quelques décès. Cependant une très forte épidémie de diarrhée dysentériforme et une petite épidémie de grippe pendant le mois d’août. Tous sans exception, officiers et sous officiers et hommes de troupe en furent plus ou moins atteints.

Au début, toute évacuation pour les Sénégalais est refusée : quelques jours après, l’évacuation assez facile pour les Européens est étendue aux noirs et se fait sur Vittel et sur Bourbonne-les-Bains.

Le ravitaillement en médicaments est assez bien assuré par les stocks français en réserve. Le savon est fourni par les Allemands en très petite quantité.

Le service des douches, installé par une S(ection) H(ygiène) L(avage) D(ésinfection), fonctionne très régulièrement matin et soir, l’eau est apportée par un camion citerne allemand.

L’ensemble du service médical est sous la direction d’un médecin, d’un sous lieutenant allemand (Bavarois) très courtois vis-à-vis de ses confrères français, mais n’ayant aucune autorité vis-à-vis du commandement allemand.

A part les médecins traitants de l’infirmerie, tous les autres sanitaires sans exception sont considérés comme officiers combattants

F. Moral des prisonniers.

Très bas au début, s’améliore assez rapidement. Il subit de grandes fluctuations dues à toutes les fausses nouvelles qui circulent dans le camp. Fausses nouvelles qui viennent de l’extérieur par l’intermédiaire des corvées ou bien directement des Allemands qui, au fond ne sont pas mieux renseignés que les prisonniers. 

Il semble que les Allemands aient l’ordre de développer chez les prisonniers la haine de l’Angleterre. Tous les efforts sont vains, l’espoir qui domine est de voir l’Angleterre et l’Allemagne s’affaiblir.

G. Moral des soldats allemands.

Ils espèrent la défaite de l’Angleterre et sont certains que la guerre se terminera avant l’hiver. Il leur tarde de revenir chez eux, certains n’ont pu voir leur famille depuis 8 mois et n’ont pas de nouvelles depuis 2 mois. De nombreux soldats allemands ont des complaisances à l’égard des prisonniers, leur procurant vivres, bière et portant même du courrier à l’extérieur du camp (ce qui était formellement interdit) ». (Duvaux 2005)

 

Ruppes. Le 1er Régiment de Hussards et le 1er escadron du 22e GRCA défendent le village puis se replient au matin vers Martigny-les-GerbonvauxTranqueville et la colline de Sion-Vaudémont. (Duvaux 2005)

 

Rambervillers. Un appareil de reconnaissance allemand est abattu au dessus de la ville. (Duvaux 2005)

 

20 juin 1940

 

Dogneville. Poursuite du bombardement du village par les Allemands. (Lehman 1951)

 

Dignonville. Une batterie de 4 pièces de 75 du 68e RAD de passage, vers 1 heure du matin, effectue un tir sur Epinal. Elle avait reçu l’ordre de vider ses caissons avant de se replier. (Lehman 1951)

 

Jeuxey. Au lever du jour, une patrouille allemande en provenance des 4 vents est repoussée à la lisière du village.

Une autre tentative venant de Dogneville est repoussée.

Une troisième tentative venant du côté Est est elle aussi repoussée. Au total les Allemands ont perdu 2 morts et 1 blessé.

Reprise des bombardements du village. L’abbé MAIRE curé de la paroisse est blessé chez lui par un éclat d’obus au mollet. Il succombera quelques jours plus tard des suites de cette blessure emporté par le tétanos. Sa bonne est elle aussi blessée. 

A 7 heures, assaut allemand qui s’étend de la route d’Epinal aux 4 vents. L’attaque arrive à 500 m du village dans un boqueteau mais ne peut en déboucher. L’ennemi subit des pertes et doit se replier vers 10 heures.

Le sergent SABATIER déjà blessé la veille est tué par une balle de mitrailleuse.

Des soldats réussissent à atteindre le fort de Longchamp et obtiennent un ravitaillement en munitions. Ils mettent aussi au point une entente par signaux pour un soutien d’artillerie (mais les fusées d’appel ne monteront pas assez haut).

A 15 heures reprise du barrage d’artillerie allemand avec des bombes incendiaires. Le PC et le dépôt de munitions sont incendiés.

Après ce barrage, de nouvelles tentatives d’infiltration allemandes sont repoussées.

Les bombardements plus ou moins intermittents durent jusqu’à 19 heures. (Lehman 1951)

 

Fort des Adelphes. Vers 11 heures, les Allemands qui contrôlent le fort tirent une vingtaine de coups de canon sur des objectifs ignorés. (Lehman 1951)

 

Fort de Deyvillers. Vers 14 heures, l’arrivée de 4 soldats allemands provoque la reddition du fort. (Lehman 1951)

 

Fort de Dogneville. Dans la matinée, tirs sur les pentes nord ouest de la Justice, sur le côté des 4 vents, au nord et au sud de la route Epinal - Longchamp. (Lehman 1951)

 

Fort de Longchamp. Dans la matinée tir du fort sur les pentes de la Justice à Epinal où les Allemands rassemblent des engins blindés. Lors d’un tir de contre batterie, un obus allemand tue un soldat et en blesse grièvement un autre. (Lehman 1951)

 

Une colonne allemande venant d’Alsace franchit le col de Luschpach sans rencontrer de résistance. Elle se dirige vers Gérardmer par Le Valtin et le Grand Valtin. (Dodin 1980)

 

21 juin 1940

 

Dogneville. Entre 6 heures et 9h30 attaques allemandes par la route de Girmont et aux lisières sud du village. Elles sont toutes repoussées.

Un motocycliste envoyé rendre compte à Padoux est capturé à Sercoeur mais il réussit à s’enfuir.

A 11 heures de nouvelles attaques allemandes se produisent en provenance du nord ouest et du sud ouest. Le curé est tué par un éclat d’obus.

A 12h45, de nouvelles attaques provenant de plusieurs directions permettent la prise du village par les Allemands. Les combats cessent totalement vers 14h15. (Lehman 1951)

 

Jeuxey. Au lever du soleil, les Allemands utilisent des fumigènes pour camoufler leurs préparatifs (installation de mitrailleuses et de mortiers)

7h, début d’un violent tir de barrage sur le village. Les Allemands ont profité de la nuit pour progresser légèrement et les bombardements proviennent du nord et du sud.

9h30, un mortier signalé en lisière du bois de La Voivre (Nord) est attaqué par un char Renault qui l’écrase tuant le chef de pièce et capturant 2 servants.

Vers 10h15 venant de la route de Rambervillers, apparition d’une trentaine de véhicules blindés et de 5 ou 6 pièces antichars.

Vers 12h nouveau bombardement.

Vers 12h30 attaque générale allemande.

A 13h les Allemands entrent dans le village et les défenseurs doivent se rendre. Ils ont eu 4 morts au total (Sergent-chef SABATIER,Sergent PROKOP, Caporal CUVELIER, soldat TROUILLET). (Lehman 1951)

 

Fort des Adelphes. Vers 17 heures, 4 obus d’origine ignorée s’abattent sur le fort et tuent une vingtaine d’Allemands ainsi que 2 chevaux. (Lehman 1951)

 

Fort de Dogneville. De 12h15 à 14h30, le fort tir à vue pour repousser une attaque allemande sur le fort.

A 15h30, exécution d’un tir de harcèlement vers Sercoeur.

Vers 16 heures, reddition du fort.

Au total le fort a tiré 341 obus de 155 R (65% de sa dotation), 28 obus de 75 et environ 1300 cartouches. En contrepartie il a reçu plus de 2000 obus. (Lehman 1951)

 

Fort de Longchamp. Dans l’après midi, tirs à l’est de Jeuxey (scierie du Saint-Oger, chemin du fort de Deyvillers, corne ouest du bois des sots), à proximité du fort de Dogneville, sur la route de Jeuxey à Longchamp.

Vers 16h30, une sortie pour essayer de ramener des chevaux et les abriter dans le fort se solde par la mort de l’adjudant MILLET tué par balle. (Lehman 1951)

 

Sercoeur. Occupation du village par les Allemands dans la matinée. (Lehman 1951)

 

NeufchâteauPaul LAROQUE 35 ans, décède de ses blessures alors qu’il tente de s’évader du camp de prisonniers. (Duvaux 2005)

 

22 juin 1940

 

Fort de Longchamp. Après des négociations avec les Allemands dans la nuit, les défenseurs du fort cessent le combat et se rendent à 11 heures.

Après la reddition, les Allemands tentent de mettre sur le compte du fort les destructions subies par Epinal. Pourtant il n’a tiré que 325 coups de 155 et 400 coups de 75. (Lehman 1951)

 

Saint-Dié. Occupation de la ville par les Allemands. Poull 1985)

 

Liézey. Capture du général BOURRET commandant de la Ve Armée. (Lehman 1951)

 

Biffontaine. Capture du général CONDE commandant de la IIIe Armée. (Lehman 1951)

 

25 juin 1940

 

Donon. Reddition du 43e CA sous le commandement du général LESCANNE qui a combattu jusqu’à épuisement de ses moyens. (Dodin 1980)

 

26 juin 1940

 

Noncourt. Un bûcheron qui abritait deux soldats sénégalais, Compaoré DASSABLAGA et Dji MARIKO, dans une maisonnette du bois Henrys les livre aux Allemands. Refusant de se rendre, ils sont exécutés. 

« Un acte de trahison devant les tribunaux militaires : fin juin 1940, G.. D… 63 ans, bûcheron à Dainville, avait hébergé dans sa maisonnette située dans le bois des Rapailles (Noncourt, Vosges) deux soldats français noirs. Au bout de 3 à 4 jours, à la vue des affiches apposées par l’occupant, D… avertit la kommandantur. Les deux noirs avaient disparu à l’arrivée des 15 Allemands et des battues en forêt restèrent vaines. Les nazis partis, ils rentrèrent chez le bûcheron. La nuit venue, D… prit soin de partir au moyen d’une échelle pour ne pas alerter ses hôtes et alla de nouveau chercher les Allemands. Six soldats et un sous officier se précipitèrent dans la maison, mais les deux indigènes, qui étaient juste armés d’un coupe-coupe refusèrent de se rendre. L’un fut tué d’un coup de revolver et l’autre d’un coup de baïonnette. » (Article paru dans L’Abeille de Neufchâteau le 20 avril 1946). (Duvaux 2005)

 

Fin Juin 1940

 

Département. Le préfet des Vosges Paul Dupuy dresse le bilan des combats. 

  • Victimes civiles : 234 tués et 358 blessés.

  • Maisons totalement détruites : 624

  • Maisons inhabitables : 500

  • Habitants sinistrés : 3149

 

Vittel. Les moyens médicaux dispersés dans 9 hôtels de la commune sont regroupés dans l’hôtel Continental. Jusqu’en octobre 1940, 149 blessés (essentiellement des soldats français de métropole et des Territoires d’Afrique du Nord) vont décéder. (Bloch 2007)

 

Juillet 1940

 

Esley. La commune est occupée par une brigade d’artillerie allemande hippomobile. (Fah 1984)

 

Neufchâteau. Le commandant STREULER prend le commandement de la Kommandantur de Neufchâteau. (Duvaux 2005)

 

Neufchâteau. Le premier adjoint Henri SCHOUWEY devient maire jusqu’au retour du maire Henri DIDIER. (Duvaux 2005)

 

1er juillet 1940

 

Occupation. Institution par les Allemands d’une zone interdite qui comprend le département des Vosges.

Il est très difficile aux réfugiés de revenir dans cette zone. (Dodin 1980. Poull 1985 place cet évèmement le 25 juin)

 

2 juillet 1940

 

Epinal. Installation de la Feldkommandantur 550. Elle est chargée de la surveillance du département, du développement de l’économie en vue du ravitaillement des troupes qui y sont stationnées et de drainer le plus possible de denrées vers le Reich. (Dodin 1980)

 

 

16 juillet 1940

 

Extrait du journal d’Ernst JUNGER.

« Neuville les Vaucouleurs »

La marche de la division est retardée d’un jour par un embouteillage de routes près de Nancy. Après être retourné à Pancey, je fus à Neuville pour le déjeuner.

L’après midi, je profitai de la proximité de Domrémy pour m’y rendre. Le village est entouré de tombes fraîches, parmi lesquelles se trouve celle d’un sous-lieutenant Jacob REIMERS, qui est tombé là le 26 juin (en fait le 18 juin), sur la route de Greux, âgé de 23 ans.

Je vis la maison avec la chambre très simple, et la pièce où est née la Pucelle. Tout me sembla fort bien et simplement conservé sans aucun de ces ornements inutiles que je trouvai ensuite dans la petite église. Je lus ici sur un tableau cette belle formule : vitam pro fide dedit. Il me semble que l’on ne peut vraiment s’exprimer qu’en latin avec cette brièveté expressive. J’entrai dans une petite auberge pour boire un café, mais l’hôtelière me reçut aussitôt par l’habituel :

« Ah ! mon pauvre monsieur, tout est pillé ! »

Nous poursuivîmes ensuite notre route jusqu’à Neufchâteau. La vieille ville aux rues étroites avait reçu des bombes. On voyait aussi sur les maisons ces lignes tracées par des balles qui marquent le passage des chars. La vie dans les rues semblait paralysée comme si des nerfs avaient été coupés, elle ne s’était pas encore rétablie. Après de telles catastrophes on voit d’abord reprendre le travail dans les champs, ensuite c’est le tour des activités secondaires : le commerce, les métiers. Mais avant tout, l’homme se remet à jouer ; j’ai observé cela chez les enfants. Un officier qui a pris part à l’entrée à Paris, m’a raconté que le premier homme qu’il aperçut dans les rues mortes était un vieux pêcheur assis paisiblement au bord de la Seine.

Nous visitâmes encore le château féodal de Bourlémont au milieu de son admirable parc, des étendues duquel s’élevaient des groupes d’arbres branchus jusqu’à la base, pareils à des récifs ou à des îles dans une mer verte. De la terrasse, je vis le pays, avec ses collines et ses forêts sombres ; il me parut fermé sur lui-même et d’une mystérieuse fraîcheur, comme une suprême réserve de virginité imprenable. » (Duvaux 2005)

 

18 juillet 1940

 

Préfet. Dans un rapport au gouvernement, le préfet des Vosges signale qu’il a révoqué le 15 juin, un chef de bureau, deux rédacteurs et trois auxiliaires qui n’étaient pas à leur poste alors que la ville commençait à être bombardée. (Dodin 1980)

 

23 juillet 1940

 

Occupation. L’Allemagne décide unilatéralement d’établir à l’intérieur de la zone occupée une « ligne d’arrêt des réfugiés » qui délimite une zone réservée où les personnes qui ont fui l’avance allemande ne peuvent pénétrer. Cette zone est soumise à des contraintes plus fortes que la zone occupée. Neufchâteau est inclus dans cette zone. (Duvaux 2005)

 

Août 1940

 

Esley. La commune est occupée par une compagnie d’infanterie bavaroise. 

Des sabotages des lignes téléphoniques allemandes dans la région, provoquent l’arrestation par les Allemands d’Albert FAH et de deux de ses camarades qui sont victimes d’un simulacre d’exécution. Ils sont gardés 3 jours avant d’être libérés (Fäh 1983)

 

Vittel. Le commandement allemand prend le contrôle de l’hôpital de l’hôtel Continental qui devient « hôpital fermé pour prisonniers de guerre, Frontstalag 142. (Bloch J.C 2007)

 

2 août 1940

 

Dogneville. Les Allemands détruisent le clocher de l’église endommagé par les combats de juin et qui représentait un danger pour la population. (Lehman 1951)

 

9 août 1940

 

Neufchâteau. Dans la nuit, 3 officiers français réussissent à s’évader du camp de prisonniers. 

« Date de l’évasion : nuit du 8 au 9 août 1940.

Circonstances ayant accompagné l’évasion : le 7 août vers 15 heures un nouveau détachement d’officiers d’active en provenance deRambervillers, rejoint le camp de Neufchâteau. Les officiers composant le détachement nous apprennent que très probablement, les cadres rassemblés à Neufchâteau vont être dirigés sur un camp définitif en Allemagne. Cette nouvelle nous est confirmée dans la soirée par un sous-officier interprète. Ceci suffit à décider deux camarades, le capitaine De la ROCHE, du 57e GRDI et le capitaine LASSALLE du 12e RTS à tenter avec moi de s’enfuir par tous les moyens. Evasion fixée au lendemain soir 8 août. 

Le 8 août après l’appel de 20h30, nous nous glissons dans le grenier du bâtiment voisin en trompant la surveillance de la sentinelle qui garde les issues de la cour à la promenade. Ce bâtiment est occupé, au rez-de-chaussée, par la compagnie bavaroise qui nous garde. A 23h30, plus aucun bruit, les Allemands dorment au dessous de nous. L’escalier qui conduit à l’intérieur du bâtiment est descendu sans encombre. Un couloir traversé, une porte ouverte et nous nous trouvons dans une cour non gardée. 

Nous progressons à travers le camp vers le mur d’enceinte qui le limite. Un incident en cours de route : un soldat allemand sortant d’un bâtiment éclairé – la Kommandantur – se dirige vers nous. A l’abri derrière un camion, nous attendons son arrivée. Le soldat s’arrête devant le camion et, soit par peur, soit par indécision, regagne rapidement son bâtiment, sans donner l’alarme. 

Nous nous précipitons alors vers le mur d’enceinte et le franchissons à un endroit repéré pendant le jour. Le capitaine LASSALLEtombe lourdement et se foule la cheville. Nous le traînons à l’extérieur du camp en rampant pendant 500 mètres environ pour échapper à la surveillance des servants de mitrailleuses qui gardent les issues de la clôture. Aucun coup de feu n’est essuyé. La première partie de l’évasion est réussie. 

Itinéraire suivi : vers 1 heure du matin, le 9 août nous quittons les dernières maisons de Neufchâteau et nous dirigeons vers l’ouest. Le premier pont franchi sur la Meuse est gardé. Une sentinelle nous demande le mot. Sans répondre, nous nous rabattons rapidement vers le Sud-Est et au petit jour atteignons les lisières du village de Bazoilles – 5km au sud de Neufchâteau.

Journée du 9 août : étape Bazoilles – Pompierre – Sartes, 14 km de Neufchâteau. Nous progressons à travers bois. Nous transportons le capitaine LASSALLE hors d’état de marcher. A la nuit, arrivée aux lisières de Sartes. Renseignements pris auprès de moissonneurs : village non occupé. Nous sommes hébergés par la famille GRANDEMANGE, braves gens qui nous donnent des effets civils – bleus usagés d’ouvriers agricoles – et qui s’engagent à garder le capitaine LASSALLE jusqu’à sa complète guérison (il sera soigné pendant 3 jours à Sartes avant de regagner la zone non occupée à la fin du mois d’août à bicyclette). Rassurés sur le sort de notre camarade, le capitaine De la ROCHE et moi partons dès le lendemain en direction générale de Dôle, ville aux environs de laquelle nous avons l’intention de franchir la frontière. Jusqu’à la ligne de démarcation, le trajet sera effectué à pied, à travers champs ou sur les chemins non fréquentés et uniquement le jour.

10 août. Etape Sartes, Sommerécourt, Chaumont la Ville, Rozières, Rocourt, Tollaincourt, Lamarche.

11 août. Etape Isches, Fouchécourt, Les Thons.

12 août. Blondefontaine, Barges, Norroy les Jussey(….)

Franchissement de la ligne de démarcation le 17 août à Ecleux. »

(Rapport du lieutenant Jean LAGRANGE, commandant la 3e Cie du I/12e RTS) (Duvaux 2005)

 

10 août 1940

 

Prisonniers de guerre. Une circulaire permet aux policiers et gendarmes français de demander à être placés en congés de captivité.

Le maréchal des logis Georges BIET fait immédiatement sa demande. (Duvaux 2005)

 

Darney. Le sabotage d’un câble de l’armée allemande dans la région constitue le premier acte de résistance dans les Vosges. (Poull 1985)

 

12 août 1940

 

Neufchâteau. Rappel du sous-préfet provisoire de Neufchâteau Louis NOIRTIN aux maires de l’arrondissement. 

« L’autorité allemande rappelle qu’il est absolument interdit à la population de détenir des armes à feu.

Les armes doivent être remises sans délai dans les mairies : armes de guerre, armes de chasse graissées et munies d’une étiquette portant le nom du propriétaire, pistolets, revolvers.

Si malgré cet ultime avertissement, des armes étaient encore trouvées en possession de la population civile, les sanctions les plus sévères seraient prises par l’Autorité allemande. » (Duvaux 2005)

 

Le maréchal des logis Georges BIET est placé à la tête de la brigade de gendarmerie de Neufchâteau. Très rapidement il prend contact avec quelques habitants de Neufchâteau désireux de faire « quelque chose contre l’occupant ». Il décide d’organiser la résistance et commence par apporter une aide aux prisonniers évadés et à placer en lieu sur les armes abandonnées durant les combats. (Duvaux 2005)

 

13 août 1940

 

Neufchâteau. Fermeture du camp de prisonniers de la caserne Rebeval. (Duvaux 2005)

 

15 août 1940

 

Anould. Arrestation et internement de Marcel MATHIEU (sort ignoré). (Mémorial déportation)

 

Septembre 1940

 

Neufchâteau. L’Ortskommandatur est élevée au rang de Kreiskommandatur. Elle est dirigée par le capitaine von BLOTTNITZ.

L’ancien maire Henri DIDIER est démobilisé. Il reprend ses fonctions de maire. (Duvaux 2005)

 

NeufchâteauLouis MOUROT un jeune étudiant de Nancy qui a créé un réseau de résistance au mois de juillet « Défense de la Patrie » entre en contact avec Georges BIET qui se rallie au mouvement. (Duvaux 2005)

 

3 septembre 1940

 

Epinal. Exécution par l’armée allemande de Louis LALLIER, ouvrier à Bourbonne-les-Bains condamné pour port d’arme prohibé et avoir tiré sur une sentinelle allemande. (Duvaux 2005)

 

4 septembre 1940

 

Neufchâteau. Arrêté du maire sur ordre des autorités allemandes.

« A partir d’aujourd’hui, les gendarmes et les agents sur ordre de la kommandantur, feront toutes les nuits après 10 heures, des patrouilles en ville et dresseront des procès verbaux s’ils constatent des lumières non camouflées. (Duvaux 2005)

 

9 septembre 1940

 

Neufchâteau. Les autorités allemandes rendent à la municipalité le collège de filles et l’école communale de filles qu’elles occupaient. (Duvaux 2005)

 

23 au 25 septembre 1940

 

Résistance. 17 tracts différents sont diffusés par le PCF à Saint-Léonard, Saint-Dié, Anould, Fraize, Mandray. (Dodin 1980)

 

27 septembre 1940

 

Occupation. Ordonnance allemande qui ordonne aux autorités françaises de procéder au recensement des Juifs avant le 20 octobre. Elle ordonne aussi l’apposition de la mention Juif sur leur carte d’identité et le marquage des commerces juifs. Elle entre en vigueur dans les Vosges vers le 15 octobre. (Bloch J.C 2007)

 

29 septembre 1940

 

Industrie. Un rapport de l’inspection départementale du travail et de la main d’œuvre signale au préfet des Vosges qu’à Neufchâteauet Liffol-le-Grand dans le secteur des ateliers de transformation du bois, de fabrication de meubles et sièges, seules 5 entreprises sur 20 ont repris leurs activités. (Duvaux 2005)

 

4 octobre 1940

 

Occupation. Le quotidien l’Express de l’Est publie l’ordonnance allemande du 27 septembre. (Bloch J.C 2007)

 

15 octobre 1940

 

Neufchâteau. Le commandant SCHAUMANN prend le commandement de la Kommandantur de Neufchâteau qui déménage au 39-41 rue Jules Ferry. (Duvaux 2005)

 

16 octobre 1940

 

Occupation. Le commandant de la Feldkommandantur des Vosges, le docteur MEIXNER, constatant le peu de résultats du recensement des Juifs adresse une lettre de rappel au préfet des Vosges, fixant un nouveau délai au 31 octobre. Il précise aussi les modalités du marquage des commerces juifs.

« La désignation des affaires juives, qui doit, en prendre ligne, englober tous les magasins de vente et hôtels, restaurants, cafés, se fait par la pose d’affiches à l’intérieur de chaque devanture, si celles-ci n’existent pas, à d’autres endroits bien visibles. » (Bloch J.C 2007)

 

17 octobre 1940

 

Occupation. Le préfet des Vosges diffuse un communiqué de presse reprenant les termes de l’ordonnance allemande du 27 septembre. Il indique aussi qu’ « un avis qui sera publié incessamment invitera les Juifs à retourner au service compétent leur carte d’identité pour inscription d’une mention spéciale. » (Bloch J.C 2007)

 

18 octobre 1940

 

Occupation. Ordonnance allemande imposant la déclaration des entreprises juives. (Bloch J.C 2007)

 

31 octobre 1940

 

Neufchâteau. La municipalité transmet au gouvernement de Vichy la liste de 39 Juifs résidant dans la ville (d’origine ou réfugiés). (Duvaux 2005)

 

2 novembre 1940

 

Occupation. Le préfet des Vosges qui a reçu ordre du gouvernement de Vichy de procéder au recensement des entreprises juives demande conseil au docteur Meixner chef de la Feldkommandantur qui lui demande de surseoir à l’application de ces mesures. (Bloch J.C 2007)

 

3 novembre 1940

 

Senones. Dans la nuit des membres du PCF diffusent un tract intitulé « la lutte des travailleurs pour la France. »  (Dodin 1980)

 

5 et 6 novembre 1940

 

Dans la vallée de Senones diffusion d’un tract communiste reprenant l’appel de M Thorez et de J Duclos du 10 juillet.

« Il faut remettre la France au travail, il faut reconstruire pour le bien de la collectivité et non pour fournir l’occasion de nouveaux profits aux maîtres et protégés de ces messieurs du gouvernement de Vichy. » (Dodin 1980)

 

7 novembre 1940

 

Occupation. Le préfet des Vosges adresse au commandant MEIXNER la situation définitive du recensement des Juifs dans le département :

  • Arrondissement d’Epinal : 809 Juifs

  • Arrondissement de Saint Diè : 515 Juifs

  • Arrondissement de Neufchâteau : 133 Juifs

  • Total : 1457 personnes dont 1378 Français, 39 Polonais, 13 Allemands, 6 Luxembourgeois, 6 Ukrainiens, 5 Autrichiens, 3 Suisses, 2 Hongrois, 1 Italien, 1 Tchèque, 3 Apatrides. (Bloch J-C 2007)

 

8 novembre 1940

 

Occupation. La Feldkommandantur d’Epinal annonce qu’elle interdit sous peine de graves sanctions, toute manifestation patriotique concernant le 11 novembre. (Duvaux 2005)

 

9 novembre 1940

 

Occupation. La Feldkommandantur d’Epinal fait savoir par voie de presse que l’Allemagne propose du travail à des conditions avantageuses. (Duvaux 2005)

 

Neufchâteau. L’hebdomadaire « L’abeille des Vosges » publie l’avis suivant. 

« Le maire invite les Israélites domiciliés à Neufchâteau à se présenter d’urgence à la sous-préfecture, munis de leurs cartes d’identité pour apposition de la mention réglementaire (décret du maire du 4 novembre 1940). (Duvaux 2005)

 

12 novembre 1940

 

Occupation. Instruction du commandement militaire allemand d’inciter les entrepreneurs juifs à vendre à des non juifs, faute de quoi il sera procédé à une vente forcée ou à une liquidation. (Bloch J-C 2007)

 

Dogneville. Un pan de mur du clocher qui avait résisté aux destructions du mois d’août est abattu par une tempête. Il s’écrase sur la toiture de la nef qui s’effondre jusqu’au chœur. (Lehman 1951)

 

14 novembre 1940

 

Antisémitisme. Le préfet des Vosges donne ses instructions aux sous préfets et commissaires spéciaux, suivant les ordres de Léon NOEL, ambassadeur de France dans les territoires occupés. 

« Vous constituerez trois listes spéciales :

a) entreprises particulièrement importantes au point de vue économique telles que banques, compagnies d’assurances, grands magasins, entreprises de ventes au détail à succursales multiples ou toute autre entreprise dont le chiffre d’affaires dépasse 50 millions.

b) entreprises qui vous paraîtront soumises à une influence juive particulièrement forte.

c) liste récapitulant les déclarations mentionnant les transferts effectués depuis le 23 mai 1940 au profit d’acquéreurs non juifs en précisant les cas où ceux-ci seraient étrangers ou pourraient paraître des prête noms …

… Une entreprise cesse d’être considérée comme juive dès lors que par le retrait de ses dirigeants responsables, elle est effectivement soustraite à l’influence juive, notamment les entreprises à la tête desquelles l’administration militaire allemande place de nouveaux gérants n’ont pas à opposer l’affiche prescrite…

Dans les autres cas, vous devrez vérifier que le retrait des dirigeants, propriétaires ou fermiers juifs a été effectivement réalisé avant la suppression de l’affiche. » (Bloch J.C 2007)

 

15 novembre 1940

 

Antisémitisme. Rapport mensuel du préfet des Vosges aux autorités de Vichy.

« Les mesures contre les Juifs sont diversement appréciées. Il existe en effet dans le département des Vosges une colonie juive ancienne entièrement assimilée et faisant du bien. Deux conseillers généraux étaient juifs ainsi que le maire d’Epinal (Léon SCHWAB), le président du tribunal de commerce de Saint Dié, le président de la commission départementale du travail.

Les milieux catholiques critiquent nettement ces mesures et craignent pour eux-mêmes dans l’avenir. » (Bloch J-C 2007)

 

24 novembre 1940

 

Saint-Dié. Des affiches allemandes ayant été lacérées et des panneaux endommagés, la Kommandantur impose aux habitants de la ville une garde jour et nuit durant 14 jours devant les dommages causés. (Dodin 1980)

 

26 novembre 1940

 

Occupation. Le docteur MEIXNER se plaint au préfet du manque d’empressement des juifs à faire recenser leurs biens. (Bloch J-C 2007)

 

29 novembre 1940

 

Antisémitisme. Le préfet des Vosges fait paraître un rappel dans l’Express de l’Est.

« COMMUNIQUE DE LA PREFECTURE, AVIS AUX ISRAELITES : le préfet des Vosges a porté par voie de presse et d’affiches à la connaissance des intéressés, le texte de l’ordonnance du Chef de l’Administration militaire en France du 18 octobre 1940 prescrivant le recensement des entreprises juives…. Le préfet a remarqué que jusqu’à maintenant, eu égard aux déclarations de personnes qui avaient été rapidement souscrites, les déclarations d’entreprises sont en nombre infime. Il rappelle donc fermement aux responsables des entreprises juives les obligations qui leur incombent, aussi bien aux termes de l’ordonnance allemande qu’aux termes des instructions du gouvernement français qui, lui aussi a prescrit le même recensement. Des sanctions graves pourront être appliquées à tous ceux qui se rendraient coupables de non déclaration, de fausses déclarations ou de déclarations incomplètes.

Le préfet demande aux intéressés de vouloir bien satisfaire aux prescriptions qui leur sont imposées avant le 10 décembre 1940 au plus tard. » (Bloch J-C 2007)

 

12 décembre 1940

 

Antisémitisme. Les préfets reçoivent instruction de nommer des « commissaires gérants » (administrateurs provisoires) pour gérer les biens des juifs. (Bloch J-C 2007)

 

24 décembre 1940

 

Antisémitisme. Désignation des « commissaires gérants » par le préfet. Il y en aura au total 78 dont 16 géreront 50% de la valeur des biens spoliés. (Bloch J-C 2007)

  • Epinal : 22

  • Remiremont : 10

  • Saint-Dié : 8

  • Gérardmer : 5

  • Rambervillers : 4

  • Le Thillot : 4

  • Bruyères : 3

  • Neufchâteau : 2

  • Raon l’Etape : 2

  • Charmes : 1

  • Martigny-les-Bains : 1

  • Rehaupal : 1

  • Sainte Marguerite : 1

  • Vittel : 1

  • Fraize : 1

  • Plombières : 1

  • Lamarche : 1

  • Darney : 1

  • Paris : 1 

  • Non identifiés : 8

 

31 décembre 1940

 

Antisémitisme. Rapport mensuel du préfet des Vosges aux autorités de Vichy.

« Les récentes mesures prises contre les Juifs sont mal vues. » (Bloch J-C 2007)

 

Décembre 1940

 

NeufchâteauGeorges BIET transmet au comité directeur de « Défense de la Patrie » installé à Nancy, une liste d’une quarantaine de noms de néocastriens fermement décidés à lutter dans la clandestinité. Ils mettent en place, en particulier, une filière d’évasion. (Duvaux 2005)

 

 

Date de création : 27 avril 2021



27/04/2021
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